La trilogie Scream

Bon ben voilà, c’est confirmé, je suis faible. Sous la terrible pression exercée par les annonces autour de la sortie de Scream 4, je me suis refait les 3 premiers. Ben je dois dire que je prends toujours un bon plaisir à les revoir (plaisir qui va décroissant du 1 au 3). Et franchement j’attends beaucoup de ce 4eme opus. Revenons un peu rapidement sur cette trilogie qui a marqué l’historique du slasher. Ben ouais, le genre avait eu ses très grands moments (avec les très connus Halloween et Vendredi 13 en particulier), puis une baisse de régime qui était en passe de le faire mourir. Quand Wes Craven, un très grand nom du cinéma d’horreur (en particulier avec ses Griffes de la Nuit auxquelles je dois quelques cauchemars), a débarqué en 1996 avec Scream, ça a été la révolution. Et la saga a depuis évolué et marqué son époque, se concluant en 1999 avec un film qui reste bien en-dessous de ce que les précédents avaient amené. Elle a eu en particulier comme mérite de démonter les mythes et les clichés pour mieux réveiller le slasher et redonner au genre ses lettres de noblesse au travers de scènes particulièrement réussies et de très grands moments. Le tout en attirant à nouveau le public dans les salles et en ouvrant donc la porte à une nouvelle volée de films d’horreur qui se sont fort bien comportés au box-office. Merci à Wes Craven donc.

Commençons donc par Scream, premier du nom, qui surgit donc sur les écrans en 1996. Dans ce film, un tueur masqué s’en prend aux ados de Woodsboro, en particulier à Sydney Prescott, dont la mère a été sauvagement violée et assassinée un an auparavant. Le témoignage de Sydney ayant permis de faire incarcérer un suspect, tout le monde s’avère très surpris quand il s’avère que c’est le tueur actuel qui s’est occupé de la mère. Sur le coup, on a aussi le sheriff adjoint, pas toujours super futé mais très gentil, Dewey, grand frère de la meilleure amie de Sydney. Et aussi Gayle Weathers, journaliste aux dents longues qui a construit sa renommée sur un livre au sujet de la mort de maman Prescott. On ajoute une bande d’ados voulant faire la fête et le terreau est prêt pour un bon slasher des familles. Sauf que voilà, ce n’est pas n’importe qui aux commandes et le script vaut son pesant de cacahuètes. Scream reprend les codes du slasher et nous les explique même noir sur blanc ; le personnage de Randy, cinéphile geek dévoreur de films d’horreurs décortique pour nous les ficelles du genre et les expose autant à ses petits camarades qu’au spectateur. De là, le film prend une autre dimension pour nous prouver que, même une fois que l’on connaît les codes et que l’on est blasé du truc, et bien la peur peut quand même surgir. Et j’ai beau connaître pas mal le film pour l’avoir vu plusieurs fois, il fonctionne toujours. La mécanique aux petits oignons prend super bien et la mayonnaise monte. La tension est là, palpable, et le final à la fois gore et survolté, totalement halluciné, fait voler en éclats les théories sur les films violents rendant les jeunes violents. Le twist final apporte sa touche de pur bonheur, et l’on se voit bien emmené tout au long du film de fausse piste en fausse piste. On notera encore les quelques délires et gimmicks du réalisateur, avec un superbe cameo de Fonzie, une Drew Barrymorequi fait vendre le film mais ne s’y trouve pas si longtemps que cela, ou un bon gros Freddy Krueger-like. Le film a certes vieilli, et on se marre maintenant en imaginant les techniques modernes d’investigation qui auraient permis de résoudre tout cela en deux coups de cuillère à pot ; mais c’est une autre époque, quinze ans quand même. Et en quinze ans, on peut devenir star. Neve Campbell, Courtney Cox, David Arquette, les héros du film vont avoir des carrières soutenues. Citons encore Rose McGowan, Skeet Ulrich ou Matthew Lillard. Bref, un succès énorme, et mérité pour cette grande réussite.

Avec un tel succès, impossible d’échapper à un deuxième opus, et le scénariste l’avait dans ses bagages. Ca tombe bien. Wes Craven retourne derrière la camera, le trio gagnant repasse devant, et c’est reparti pour un Scream 2 en 1997 déjà. Les choses se passent pendant la sortie du film Stab, basé sur les événements de Woodsboro qui avaient défrayé la chronique. Un tueur reprend le masque de Ghostface et se lance à nouveau aux trousses de Sydney et ses amis. Les survivants du premier film se retrouvent pour se serrer les coudes face à cette nouvelle menace, toujours aussi dangereuse et gore. Ici l’accent est mis sur une très belle mise en abîme entre les événements réels du 1er, et ce qui en est raconté dans le film, avec ce qui en découle. Est-ce que les films violents rendent violents? Cette problématique revient, et là encore Wes Craven défend son beefsteack en montrant que ce n’est pas les films qui sont la cause de ces horreurs. Une fin moins trash avec un twist trop tordu, moins de fausses pistes, moins de scènes flippantes (mais de beaux morceaux quand même comme ce passage dans la salle de sono), Scream 2 s’avère un peu en-dessous du premier. Il reste cependant une bonne réussite, nettement au-dessus de la moyenne des slashers-teenage movies que l’on trouve à la pelle, et forme un tout convaincant avec le premier. Franchement sympa.

Scream 3. Pour ce que j’en sais, le scénariste original a été dépossédés de son job par des producteurs qui ne sentaient que le pognon à plein nez et se sont lancés dans un troisième opus décevant. En 1999 donc sort Scream 3 qui projette le même trio de héros au sein de la production de Stab 3, séquelle du film du précédent opus (quelle idée de déplacer tout ça à Hollywood). Anouveau, Sydney Prescott est la cible d’un tueur qui reprend le déguisement de Ghostface. A se demander si elle a aussi peu de bol que John McClane (si, le monsieur qui attire les terroristes mieux que la merde n’attire les mouches). Franchement, tout le monde lui en veut à cette pauvre fille qui s’est terrée dans une baraque perdue loin de tout et qui devient un peu parano à tendance cloîtrée (on peut la comprendre après ce qu’elle a vécu). Bref, à part quelques jolies répliques ironiques sur les filles sexy et les divers rôles clichés des slashers, ce film ne joue pas comme les premiers avec les codes. On tombe malheureusement sur ce que le premier opus dénonçait, à savoir les slashers classiques, triviaux, sans grande originalité, tournant avec les mêmes ficelles parfois un peu grosses. On tente les fausses pistes, le twist final, une fin apocalyptique, mais c’est un peu l’échec. Et pourtant, vu le décor et les possibilités, cette fin aurait pu juste être grandiose. On s’amusera avec la séquence dans le décor reproduisant Woodsboro. On pleurera (mais pas de tristesse) devant le jeu facile sur la mère décédée de Sydney. Mais rien de vraiment transcendant dans ce 3eme film de la franchise…

Et Scream 4 pour dans pas longtemps donc. Evidemment, on peut en attendre beaucoup. Retrouvera-t-on le plaisir du premier ou du deuxième opus? Ou bien la quasi-systématique loi des séries va-t-elle faire plonger la franchise encore plus bas? Bien que le trio de base soit au rendez-vous, il semblerait que Sydney ne soit cette fois pas la première cible. Et puis le scénario est au goût du jour, avec utilisation des nouvelles technologies et jeu là-dessus. Reste à espérer que cela soit vraiment exploité, et correctement, pas juste en gadget. On y trouve aussi une brochette de nouvelles victimes, parce que le trio de base n’a plus l’âge pour faire du teenage movie (y’a même Hayden Panettierre). Et puis on revient à Woodsboro…

La bande-annonce peut faire saliver. Mais on sait à quoi s’en tenir avec les bandes-annonces… So wait and see… and hope.

2 réflexions sur « La trilogie Scream »

  1. bonjour,

    je prépare un sujet pour la sortie de Scream 4, et je suis à la recherche d’amateurs de la trilogie qui accepterait d’être interviewé pour me dire ce qu’ils trouvent de bien dans les 3 premiers opus.

    Seriez-vous intéressé ?

    mon mail : nicolas.lemarignier@francetv.fr

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