Dogma

dogma2Dans la ligne de « il est temps d’avoir vu certains classiques », Dogma est l’un des films les plus drôles que j’aie eu l’occasion de voir. Complètement décalé, irrévérencieux, politiquement incorrect, il aligne les personnages incroyables et les situations absurdes avec un scénario qui tient la route et qui contient un nombre de gags assez kilométrique. Ici on découvre deux anges déchus, coincés sur Terre parmi les Humains depuis un bon bout de temps. Ils vont tenter, en profitant de certains aspects de la religion chrétienne, de retrouver leur pureté pour retourner au Paradis. ceci risque de causer pas mal de soucis et un groupe de sauveurs va être expédié, bien malgré eux, pour tenter d’empêcher les deux anges d’accomplir leur acte. On a une espèce de road-movie, course-poursuite, avec quête mystique décalée, qui prend au corps les fondements de la religion (essentiellement chrétienne mais les autres ne sont pas épargnées non plus) et mixe le tout de manière assez irrévérencieuse ; mais le film n’est pas pour autant une attaque ou une critique contre la religion, et d’ailleurs on sent que les auteurs ont suffisamment de connaissances dans ce domaine pour que le film reste solide. Dans ce périple, on va donc rencontrer la Voix de Dieu, le Treizième Apôtre, un descendant de Jésus, des ados démoniaques, un démon fécal, et Dieu lui-même (sous plusieurs formes). Franchement, rien que là ça en jette. Et depuis le texte sur l’écran en ouverture, jusqu’à sa fin qui part complètement en sucette, le film aligne les pointes d’humour et les piques acerbes.

Avec ce film de 1999, on est dans les premières armes de pas mal de monde devenu entretemps assez connus. Kevin Smith, le réalisateur, n’en est pas à son coup d’essai puisqu’on lui doit déjà Clerks. Mais c’est surtout devant la caméra que l’on a droit à un défilé d’acteurs au taquet… Matt Damon et Ben Affleck sont les deux anges déchus et ils forment un duo absolument génial ; cette année-là, leurs carrières débutent vraiment fort avec des films comme Il Faut sauver le soldat Ryan ou Armageddon, et ils se permettent un délire de ce genre en parallèle. A leurs côtés, on trouve le grand Alan Rickman qui en impose par sa prestance incroyable tout en provoquant les plus grands éclats de rire du film (lui fait figure de grand acteur bien installé au sein de cette distribution). Du côté féminin on retiendra surtout Salma Hayek et Linda Fiorentino, ainsi qu’un passage certes court mais particulièrement marquant d’Alanis Morissette. N’oublions pas non plus Chris Rock, Jason Lee, ou Jason Mewes, Un casting d’enfer.

Alors oui le film n’a pas un budget faramineux, les effets spéciaux sont parfois limite cheap, et pourtant le réalisateur réussit un vrai tour de force puisque sur une base comique il fait transparaître des questions fondamentales de mythologie et de religion. Par de nombreuses lignes de dialogue subtiles, il glisse de vraies réflexions au milieu d’un film hilarant, que certains ont même perçu comme blasphématoire (ce qui lui a même valu des menaces de mort, au-delà des manifestations devant des cinémas). Dogma se lit à différents niveaux et c’est cela qui fait sa force. On s’amuse à prendre certaines choses au pied de la lettre (les anges n’ont pas de sexe par exemple) et en faire des éléments de gag. Les références sont nombreuses, et le film sera d’autant plus apprécié que l’on connaît un peu les religions et mythologies. En cela, avec la culture qu’il transporte, Dogma est aussi un vrai film de geek qui s’éclate (le réalisateur se retrouve d’ailleurs dans le très bon documentaire Suck My Geek).
En conclusion, Dogma est un excellent film. J’ai adoré…

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