What happened to Monday? (Seven Sisters)

En 2043, la Terre surpeuplée ne peut plus subvenir aux besoins de ses habitants. Energie, nourriture, tout part en sucette. Il est donc décidé de n’accorder qu’un enfant à chaque couple. Un seul et unique enfant. Chacun porte aussi un bracelet permettant de l’identifier, en particulier aux différents checkpoints entre les quartiers de cette société où les classes sont très marquées ; une jolie dystopie quoi. Quand sa fille meurt en donnant naissance à des septuplées, Terrence Settman décide de garder cachées ses sept petites-filles. Il leur donne à chacune le nom d’un jour de la semaine, les éduque, développe les qualités de chacune, les pousse à se diversifier, à se développer. Mais au moment de quitter la maison, il n’y a pas le choix, elles doivent toutes adopter une identité unique, celle de Karen Settman. Maquillage et perruques, mais aussi une discipline de fer et des échanges très détaillés sur le contenu des journées, permettent aux sœurs d’assumer chacun à leur tour l’identité unique de celle qu’elles incarnent au grand jour. Tout va bien jusqu’à ce lundi où Monday ne rentre pas à la maison. Les filles vont se lancer dans une enquête pour retrouver leur sœur disparue, qui les amènera bien entendu au sein d’un truc bien plus complexe que prévu.

Le réalisateur de ce film est Tommy Wirkola, qui était déjà derrière les biens barrés Dead Snow (tiens, je vous en ai pas parlé, pourtant des nazis zombies dans la neige, c’est bien fun!) et Hansel et Gretel Chasseurs de sorcières. Le type qui a l’habitude de créer des trucs pas standardisés pour un sou. Alors certes il se calme un peu ici, mais on relèvera qu’il a le courage de porter un film malgré tout ambitieux, avec un casting de qualité, qui n’est ni une adaptation de roman ni un portage de série, ni une suite/préquelle/spin-off d’un film existant ; et de nos jours, c’est de plus en plus rare. Si la réalisation est plus sage que les précédentes créations du monsieur, on appréciera donc l’effort.

Devant la caméra, ce n’est pas une mais bien sept Noomi Rapace (la Lisbeth Salander de Millenium,  mais aussi Sherlock Holmes 2, Bright ou Prometheus)  que l’on découvre. Elle tient les sept rôles, y compris en même temps dans certains plans assez bluffants ; alors certes les looks sont très travaillés pour différencier les différentes sœurs, versant presque dans le cliché par moments (ben oui la seule qui a des lunettes, c’est la geekette), mais l’actrice travaille le jeu d’actrice, le ton, les expressions, les mouvements, pour rendre les différentes personnalités de manière assez convaincante. Un petit clin d’œil aussi à la jeune Clara Read qui incarne les filles mais dans leur jeunesse lors de flashbacks, jolie prestation. Nous avons aussi Glenn Close (Les Gardiens de la Galaxie, Mars Attacks, Les liaisons dangereuses, Les 101 dalmatiens,…) en dirigeante froide, le genre de rôle où elle est malheureusement presque cantonnée mais qui lui réussit très bien. Le grand-père c’est Willem Dafoe (Les Spider-Man de Raimi, John Wick, eXistenZ, Platoon,…), pour une fois pas mis à contribution dans un rôle de méchant au vu de sa gueule bien marquante. Et puis signalons encore Christian Rubeck en bras-droit quasi-immortel tellement il en prend plein la gueule, Pål Sverre Valheim Hagen (merci pour le nom à rallonge) en tombeur insupportable qui se la pète, ou Marwan Kenzari, tombant sous le charme de Karen Settman. Une jolie brochette qui réussit à s’en sortir très bien, en particulier bien entendu cette prestation multiple assez bluffante de Noomi Rapace.

On a un film aux jolies images, un futur où la technologie est assez crédible (sauf pour les écrans d’ordinateur transparents, ça doit être le truc le plus insupportable au monde pour bosser), un design assez sympathique, que cela soit dans les vues de la ville, dans les armes (avec bien entendu le blocage par empreinte digitale, ce qui amène un petit bricolage malin mais qui ne doit être ni confortable ni pratique), etc. bref, un film qui sait poser son ambiance. Alors certes comme souvent la dystopie présentée est un peu trop énorme, trop manichéenne, trop contrastée. Mais du coup le décor est assez vite planté, et on comprend rapidement les enjeux de ce monde (l’intro expédie ça en quelques minutes). Il y a aussi de jolies scènes d’action bien foutues, où le réalisateur ne cherche pas à cacher la violence (on n’en attendait pas moins du gars de Dead Snow quoi) puisque le sang gicle plus d’une fois. L’intrigue est pas mal posée, mais en fait on sent franchement bien venir le truc. J’avais compris depuis un moment ce qui était réellement arrivé à Monday, même si je n’en avais pas saisi les motivations (ça c’est un peu la surprise du truc). Et même si on se doute que le bureau des méchants cache un grand secret pas joli-joli, je l’avais pas vu venir à ce point-là. Alors oui il y a bien une ou deux surprises ; mais de là à avoir vendu le film comme proposant une fin complètement bouleversifiante et novatrice, il y a un pas que je saurais franchir. Ne vous attendez pas au scénario le plus fin et complexe du monde.

On a là un bon film de SF avec sa bonne dose d’action, qui pose des questions intéressantes sur l’avenir de l’Humanité (mais sans vraiment y répondre, on n’est pas dans le truc trop intellectuel non plus). Avec sa mise en scène agréable et rythmée et ses acteurs qui tiennent la distance, le résultat est bon. On n’est pas dans le grand film révolutionnaire et ça ne restera probablement pas dans les annales, mais on est loin de la daube aussi.

Juste en 2 mots pour finir, je tiens à applaudir les traducteurs de titre (encore une fois) qui mettent en français « Seven sisters »… oui, le titre en français est en fait en anglais. Cette mode devient vraiment pénible, non seulement parce que c’est du foutage de gueule de parler de traduction et que l’on fait un gros fuck aux anglophobes, mais qu’en plus cela rend d’autant plus compliquée la recherche d’infos sur un film.

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