Sang Froid – Cold Pursuit

Liam Neeson, on l’a connu sauvant sa fille, sauvant son fils, vengeur, survivant, mentor de Batman, d’Obi-Wan Kenobi, militaire ou ex-militaire, sauveur de juifs, vigilante masqué, chevalier. Mais oui il a marqué par ses rôles de bourru forcé à devenir brutal, surtout ces dernières années. Là il remet le couvert pour venger son fils. Alors oui ça change pas grand chose à ce qu’il a pris l’habitude de faire, mais il le fait plutôt bien, et ce film est franchement sympa.

Ce Cold Pursuit est le remake hollywoodien du film norvégien « Refroidis », du même réalisateur, daté de 2014. Il nous place dans le nord américain, où la météo nécessite d’imposants chasse-neige pour déblayer les routes. Le conducteur de l’un de ces véhicules voit sa vie bouleversée quand on retrouve son fils mort d’une overdose ; un fils si calme qui ne se droguait pas. Le père va remonter la trace des responsables, choppant les gars un par un au fur et à mesure qu’il progresse dans l’échelle de l’organisation concernées, et les éliminant de manière assez brutale. Le tout ne va pas aller sans déclencher l’attention d’autres gangs mais aussi de la police pour un final bien violent. Le film baigne constamment dans un mélange de polar sordide et d’humour noir.

Le réalisateur Hans Petter Moland maîtrise bien son sujet, sachant cadrer et filmer des décors impressionnants et des personnages hauts en couleur, de vraies gueules, même si parfois un peu clichés. Il nous pose aussi quelques scènes d’action brutales et très graphiques avec du sang et des dents pétées. Le tout est plutôt bien réussi. Il marque aussi chaque mort de manière très symbolique. Et puis il réussit à glisser là-dedans un humour noir, cynique, qui colle à l’atmosphère glacée de ces contrées enneigées. J’aime beaucoup cet aspect, qui fait sortir le film des sentiers battus et qui lui donne un vrai petit plus non négligeable.

Devant la caméra donc, l’inébranlable Liam Neeson toujours aussi monolithique et habitué à ces personnages qui se ressemblent ; on notera que cette fois il n’est pas un gars super-entraîné, mais juste un père poussé par l’énergie du désespoir. A ses côtés, j’ai apprécié les rôles parfois clichés mais marquants de plusieurs acteurs qui s’en sortent bien. Tom Bateman (Le Crime de l’Orient-Express,…) est très bien en chef de la bande de méchants bien barré. Tom Jackson en chef indien entre modernité et tradition. Laura Dern (Sailor et Lula, Jurassic Park, Les Derniers Jedi,…) en épouse délaissée. Le duo de flic avec le vieux blasé John Doman (The Wire, Person of Interest, Gotham,…) et la jeunette qui en veut Emmy Rossum (Mystic River,…). Et puis ces prestations aussi de Domenick Lomardozzi (The Wire,…), Julia Jones, Michael Eklund, William Forsythe, ou encore Arnold Pinnock.

Devant la montagne de films d’action aux scénarios qui se ressemblent, celui-ci n’a pas à rougir. Il est bon mais ne sera jamais une référence. Ce qui le distingue est son utilisation de l’humour noir, franchement bien. Il ne prend pas de gants et se révèle dur et violent, mais allégé par ces moments drôles. Un film fort sympathique.

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