Tattoo Blues

Bon, OK , je ne suis pas très objectif puisque l’auteur est un « pote sur le web » navigant dans le microcosme rôliste. Mais au-delà de cet aspect, et sans mentir (il ne m’a pas payé pour), j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à la lecture de ses bouquins. Et le résumé de celui-ci donnait déjà envie. Los Angeles, 1978, un vétéran du Vietnam se réveille après une soirée arrosée avec un nouveau tatouage qu’il ne se souvient pas avoir réclamé ; il n’a que le vague souvenir d’une jolie asiatique lui encrant la peau. Un vieux restaurateur cambodgien lui traduit le texte : « Aidez-moi ». Avec en plus l’aide de deux potes vétérans, notre gars va chercher à comprendre ce qu’il en est, tombant dans une sale histoire mêlant un producteur de soap opera amnésique, des tueurs à gages, des histoires mafieuses, et plein d’éléments très sympas.

On est ici dans le polar, avec un vétéran qui s’improvise détective privé. Son enquête l’amène à découvrir de sales choses, mais aussi à quelques scènes d’action bien posées. On va aussi rencontrer des personnages agréables, vivants, et e tout va s’emballer en vue d’un final épique. Le bouquin est prenant, on le lit vite. L’écriture de Julien est toujours aussi agréable, accessible sans être basique, servant une intrigue bien ficelée. On est vraiment dans un scénario noir assez typique, et je verrais super bien le truc en film ; il y a plusieurs descriptions où on voit tout de suite le mouvement de caméra, les plans, etc. C’est très visuel, très cinématique, très référencé en cinéma de genre (tellement qu’il y a même une référence obscure à Star Wars avec un preneur de son en short rose). J’ai beaucoup aimé le travail sur les personnages, aucun d’entre eux n’étant lisse ; ils ont tous leurs particularités, même s’ils sont basés sur des archétypes (ce qui fait qu’il est plus simple de s’y identifier).

Au niveau éditorial, je relève une couverture qui claque sa race et qui pose vraiment bien l’ambiance. Je regrette quand même juste le nombre un peu trop important de coquilles, ça m’a piqué quelque peu les yeux par moments (espérons que le tir sera corrigé s’il y a un retirage).

Encore un bouquin de cet auteur que j’ai dévoré à pleines dents et rapidement. Il s’essaye à des styles différents, mais on sent toujours des éléments de lui-même qui transparaissent à chaque fois ; ici je crois pouvoir dire sans trop me tromper que sa connaissance du problème cambodgien et son attachement à la traite des personnes ne sont pas sans lien avec son métier de travailleur social. On sent aussi son goût pour les films de genre, pour la musique (rock surtout). Bref, un bouquin qui avait tout pour me plaire et qui a réussi son coup. Je conseille chaudement.

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