What We Do in the Shadows

Daté de 2014, ce film a fait un peu parler de lui, mais sa réputation a été boostée depuis que son co-scénariste et co-réalisateur a été mis sur le devant de la scène avec Thor Ragnarok. A noter encore que ce long-métrage est basé sur un court des mêmes comparses et va donner lieu à une série à venir. Je dirais encore que j’ai regardé la VO, très bonne, mais que la VF (titrée « Vampires en toute intimité » ) semble pas mal du tout avec des acteurs pas piqués des hannetons derrière les micros.

Donc What We Do in the Shadows se présente comme un documentaire qui suit les péripéties de 4 vampires vivant en colloc en Nouvelle-Zélande. Le tout est traité sur le ton très standard des documentaires actuels, avec en particuliers les événements filmés, mais aussi les commentaires face caméra des protagonistes qui expliquent un peu tout cela. On a même droit à une reconstitution mal foutue d’un événement important qui s’est déroulé hors champ. Sur ces bases du télé-reportage de grande écoute, très grand public, on a donc des vampires (mais aussi des loups-garous, zombies et autres sorcières) qui tentent de vivre leur vie au mieux. Et le mélange des genres est assez détonnant avec un humour complètement décalé et bien barré.

Alors bon ce film a les défauts de ses avantages. On a derrière ce long-métrage une équipe jeune débordant d’idées, peu connue et avec peu de moyens, mais super créatifs, parfaitement au courant des différents styles cinématographiques. Du coup il y a un manque de moyens évident. D’où le style documentaire qui permet de tourner sans grands moyens et sans grande équipe. Mais on a dès lors des effets spéciaux qui piquent parfois les yeux ; et pourtant les petits gars se sont donnés à fond et ont réussi quelque chose d’assez terrible avec le peu de sous à disposition. Les poncifs des films de monstres et de vampires sont repris à la sauce documentaire, mettant les vampires en personnages principaux, tout étant montré de leur point de vue, et les transformant ainsi en héros, sans oublier les multiples et kilométriques références aux autres films du genre, qu’il s’agisse de Nosferatu, du Dracula de Coppola, de Blade, d’Entretien avec un vampire, de Buffy, ou de Twilight pour les plus évidents. On a aussi un humour bien décalé, reposant sur des personnages hauts en couleurs ; chacun des 4 collocs, mais aussi les autres que l’on va rencontrer, sont un archétype de vampire que l’on tord au prisme du film. Le délire st poussé jusqu’au bout avec les zombies se plaignant de leurs attitutes bras levés en avant ou lors des rencontres avec les loups-garous (« We’re werewolves, not swearwolves »). Bon, alors c’est un humour un peu particulier qui ne fera pas mouche auprès de otut le monde.

On sent aussi le film tiré d’un court-métrage car tirant un peu en longueur par moments. Il y a des volontés de rajouts, on essaye de trouver des fils conducteurs pour avoir une sorte d’intrigue de fond pendant les 85 minutes du film mais ce n’est pas évident. Le truc fait un peu décousu et rapiécé.

Clairement on est devant un premier long-métrage qui ouvre de belles perspectives ; même DIsney ne s’y est pas trompé en prenant Taika Waititi pour rebooster la licence Thor avec succès. Mais il a aussi plus d’un défaut de jeunesse, et je fais confiance à ces petits gars pour aller plus loin. Et puis bon ils font de très bonnes performances devant la caméra, que ce soit Waititi lui-même, mais aussi Jemaine Clement (son collègue sécnariste et réalisateur sur ce film), Jonathan Brugh, Cori Gonzales-Macuer, Stuart Rutherford, Jackie van Beek, ou encore Ben Fransham.

Une très bonne comédie vampirique donc, dans un style particulier. Je me suis bien marré, j’avoue. Une série est prévue pour dans pas longtemps, sous la direction de Waititi justement.

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