Le Signal

Si Maxime Chattam est un auteur qui a pas mal écrit dans la littérature de genre francophone, je ne m’étais jamais vraiment penché sur ses œuvres. Pourquoi? Je ne sais pas trop. Mais là ce bouquin m’est beaucoup passé devant les yeux, en particulier à cause de la carte qui figure dedans et à l’illustration de couverture, travaux du copain Olivier Sanfilippo. Bref, j’ai craqué et j’ai plongé dans l’univers de ce Signal…

Une petite famille tranquille quitte New-York pour venir s’installer dans une ville de Nouvelle-Angleterre, sur la côte, loin du stress. Au fur et à mesure qu’ils s’installent et qu’ils rencontrent les gens du coin, on découvre leur vie, leur passé. mais des événements terribles se préparent ; d’abord cachés puis de plus en plus forts et présents. La petite famille va être prise au sein d’une énorme menace pesant sur la région, et pourquoi pas sur le monde finalement. Tension et horreur vont aller crescendo dans cette quête de réponse qui se terminera en tentative de survie.

Bon alors là je dis juste bravo. Le bouquin est réellement haletant, prenant. Dès le début on est plongé dans l’horreur qui menace la petite ville avec quelques scènes disséminées très fortes. En parallèle on suit l’installation de la petite famille, on la découvre, on la rencontre, et on la suit pour aller à la découverte de la ville et de ses habitants. Une mise en jambe parfaite pour nous planter le décor de manière très réussie, pour nous faire nous attacher aux protagonistes, pour comprendre les ressorts et les relations, les motivations, tout y est. Par la suite, le mystère s’épaissit, l’ombre se densifie et s’étend, nos protagonistes y deviennent intimement liés tandis que les scènes d’horreur sont plus nombreuses et plus forts. Le tout avec un rythme qui s’accélère. Et soudainement c’est le dernier acte, apocalyptique, sanglant, mortel, ultra-tendu.

Si le roman nous happe aussi facilement, c’est que l’on est en terrain connu. Les scènes d’horreur, dès le début, peuvent nous ramener à de nombreux films ; et les descriptions y sont tellement bien travaillées que l’on visualise parfaitement les choses. En fait, je verrais vraiment bien une adaptation sur grand ou petit écran du livre. Et puis il y aces personnages, si proches de tout un chacun, faciles à cerner, avec leur fêlures et leurs passés respectifs. Et puis les lieux. Au final, on est très proche de Stephen King avec ses petites villes de Nouvelle-Angleterre qui vont bien et où tout part en sucette ; et franchement on est au niveau de bien des romans de King aussi, en termes d’ambiance. Des références à Lovecraft aussi au-travers de noms et de lieux. Le tout pour un roman qui s’inscrit parfaitement dans son époque, avec ses références geeks de maintenant. Le texte est bien écrit (on regrettera quelques coquilles qu’un éditeur de cet acabit n’aurait peut-être pas dû laisser passer), et il sait distiller son ambiance. La tension est très très bien rendue. Et franchement les descriptions les plus gores sont vraiment maîtrisées.

Alors oui, si le roman repose sur certains éléments ultra-classiques (la ville typique, la famille, le neveu et son deuil, le gentil toutou, le bad boy du coin, la marina, l’école, …), ce même côté « clichés » permet de plonger dedans et de s’immerger à fond. Le livre fait appel à un imaginaire commun acquis dont sont dotés la plupart des lecteurs. Dès lors on peut se concentrer sur l’histoire même, son développement, son rythme, sa montée en puissance. Le livre devient un véritable appel à tourner les pages pour voir ce qui se passe ensuite. D’autant que certaines fins de chapitres sont des cliffhangers solides. J’ai passé de très bons moments avec cette lecture et je recommande. mais attention, ce n’est pas un livre pour les âmes sensibles, certaines descriptions très crues sont vraiment pour les estomacs bien accrochés.

Semi-spoiler pour la suite… Je regrette juste que le titre oriente déjà le lecteur, j’aurais préféré découvrir les choses davantage au même rythme que les protagonistes et ne pas me douter de l’origine de ces problèmes grâce au titre. Mais bon je trouve intéressant de mêler ainsi croyances anciennes et technologies moderne pour créer ces horreurs. Je regrette aussi que la révélation du qui/comment/pourquoi soit expédiée en deux coups de cuillère à pot et que ce soit bâché ainsi ; je m’attendais à plus de retournements de situations sur ce sujet. Mais avec le final épique qui vient juste après, il y avait déjà assez de problèmes à gérer. Et puis bon je dois dire que ce petit côté « c’était pas une bonne idée de trop s’attacher aux personnages » est le bienvenu. On comprend au bout d’un moment que n’importe qui peut y laisser sa peau et qu’il vaut mieux rejeter nos certitudes à ce sujet. Oui il y aura beaucoup de cadavres, y compris parmi les personnages importants. Cela rend le tout d’autant plus prenant.

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