Archives de catégorie : Bouquins

Dracula

Je vais peut-être choquer les ados d’aujourd’hui, mais il fut un temps où les vampires ne se transformaient pas en boule à facettes au soleil. Où les vampires souffraient de leur statut de maudits. Où leur pouvoir de séduction s’accompagnait de sensualité malsaine. Où ils ne passaient pas leur temps à refaire des années de lycée pour rire. Où ils vivaient dans de sombres manoirs plutôt que de lumineuses baraques super design. Où ils n’avaient pas vraiment la motiv pour s’amuser à jouer au baseball sous l’orage. Moi c’est comme ça que j’ai attaqué le mythe du vampire. Et désolé pour les inconditionnels de Twilight, mais j’aime bien plus ma version, même si elle fait un peu cliché (normal, c’est l’originale). Ou plutôt celle de Bram Stoker en l’occurrence, dont la relecture de l’œuvre phare m’a permis de me nettoyer la perception des scories twlightesques. Que du bonheur en fait, alors je voulais juste rappeler aux gens l’existence de ce bouquin de très bonne qualité (même si l’édition actuelle faisant référence à une comédie musicale à la mode dénature la couverture).

Le Dracula original revient donc sur ce comte maudit, ayant vendu son âme suite à des souffrances terribles, condamné à survivre tel un parasite aux dépends des autres, usant d’artifices sans jamais être lui-même. Le livre est prenant, poignant, dur et cruel. Et avec une histoire extrêmement bien raconté. On se laisse embarquer dedans et emmener au fil des révélations, pour s’enfoncer dans la noirceur. Il y a des scènes vraiment géniales, décrites de main de maître, et qui font immédiatement naître dans l’esprit du lecteur des images. Ce texte est vraiment très visuel, très évocateur. Certes, on reste marqué par le film de Coppola qui y est assez fidèle, mais le pouvoir évocatif de ce récit existe sans le cinéma. Sa force est incroyable. Le suspens court tout du long et il est difficile de lâcher le livre.

Ah, que ça fait du bien de retrouver un vrai vampire, un vrai mythe de noirceur, d’une sensualité malsaine et dure, d’une violence crue. A lire ou à relire.

Watchmen

Quand je vous avais parlé du film Watchmen, j’avais avoué n’avoir jamais lu le comics d’origine. Ce manque de culture est aujourd’hui réparé. Et je me dis que j’aurais du le faire il y a longtemps ; mais pas trop longtemps quand même car, pour être apprécié, cet ouvrage nécessite un peu de recul et de culture. On n’est pas ici dans le comics de super-héros classique. Watchmen nous présente un univers où des gens ordinaires décident de se masquer pour faire régner l’ordre et la justice. Pas de super-pouvoirs, juste une volonté d’agir pour « le bien », ou leur perception de ce concept. Un premier groupe s’était réuni. Puis est apparu le Dr Manhattan, un scientifique touché par les effets imprévisibles d’une expérience et qui va développer de terrifiants pouvoirs faisant de lui un être quasi divin. Il va permettre aux Etats-Unis de gagner la guerre du Viet-Nam. Nixon sera ré-élu et nous sommes en 1985. Une deuxième bande de héros masqués à agi aussi mais a raccroché avec l’âge ; et aussi une loi interdisant les héros masqués. Un seul est encore réellement en activité, un type un peu fou appelé Rorschach. Il va enquêter lorsque l’un de héros en question, le Comédien, est retrouvé mort, assassiné. Et c’est là le début de ce bouquin. Il s’agit là de ce que l’on appelle couramment un roman graphique (graphic novel), donc pas un truc court comme l’essentiel des comics, mais plutôt un long pavé, un roman avec une part visuelle et graphique puisque le tout prend la forme d’une BD (à part quelques pages de texte brut entre les chapitres et qui donnent du poids à l’univers et aux personnages).  L’intrigue va nous plonger dans la vie sordide des super-héros qui ne sont pas les beaux chevaliers blancs que l’on pourrait imaginer. On est de plus à l’aube d’une guerre nucléaire et quelqu’un semble s’acharner à faire disparaître les héros qui pourraient s’interposer. Continuer la lecture

Les auteurs de jdr à l’assaut des librairies

La sortie toute récente de Wastburg (de Cédric Ferrand) me fait vraiment plaisir. J’ai l’impression qu’il y a tout un mouvement d’auteurs de jdr passant à la littérature et qui réussissent à se faire éditer. Bien sûr, le lien jdr-littérature a toujours été présent, mais c’était souvent le loisir ludique qui s’inspirait des romans. Ces derniers temps on en a vu plusieurs qui ont débarqué. Je ne pense pas avoir une liste exhaustive à vous mettre, mais je vois plusieurs exemples. A commencer par Jean-Philippe Jaworsi avec Janua Vera et Gagner la guerre. Ben ouais jean-Philippe a écrit des jeux de rôles avant de voir paraître ces ouvrages. Et plus récemment on a eu le Eternity, Incorporated de Raphael Granier de Cassagnac. Wastburg donc dont je parle au début du billet. Ca commence à en faire plusieurs en peu de temps. Plus d’autres qui se retrouvent avec des nouvelles dans des anthologies en attendant de trouver un éditeur pour un roman (comme Eric Nieudan). Moi je trouve ce mouvement fort sympathique en tout cas. Parce que finalement les auteurs de jdr (et même les simples joueurs) ont une bonne habitude de pondre des histoires et de créer des univers, de rendre le tout prenant et attachant. Alors je n’ai pas encore eu le temps de me procurer les bouquins de Cédric ou Raphaël, mais ça ne saurait tarder. Ne serait-ce que par copinage, mais aussi et surtout parce qu’ils ont l’air quand même vachement bien.