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Scott Pilgrim VS the World

Et voilà un film bien délirant qui me faisait de l’œil, que j’ai enfin eu le temps de visionner. Que les choses soient bien claires : je n’ai jamais touché aux comics, donc pas de comparaison possible. je ne vais donner mon avis que sur le film en lui-même. Scott Pilgrim VS the World raconte donc les aventures de Scott Pilgrim, un gars tranquille d’une vingtaine d’années, habitant Toronto, un glandeur un peu geek qui joue de la basse dans un groupe de rock pas connu. Il va rencontrer Ramona Flowers dont il va tomber follement amoureux (laissant au passage tomber sa nouvelle petite amie dont les 17 ans faisaient de toute manière bien trop jaser autour de lui). Mais pour sortir avec Ramona, il va devoir combattre et vaincre ses sept ex-petits amis maléfiques. Et c’est là que le délire commence. Chacun de ces gars a des pouvoirs spéciaux, et on va se retrouver au sein de bastons dignes de jeux vidéos. Un scénario pas très épais donc pour un film qui tape dans la geekitude. Et c’est plus les aspects visuels et sonores du film qui vont marquer.

Dès le début, le film marque son empreinte du monde des comics avec des incrustations d’onomatopées à l’écran ; oui, ça rappelle furieusement la série Batman de la grande époque, mais en moins low-cost, avec les technologies actuelles. Franchement, c’est sympa, ça donne tout de suite une ambiance, un style. On se sent dès le départ dans un univers décalé où tout peut arriver. Le début de l’histoire en lui-même est parfaitement standard dans un monde réel avec des gens sans rien de particulier. Scott joue dans un groupe de rock dans un garage, un bon rock, il a des tshirts des Smashing Pumpkins, c’est le bonheur. L’aspect délirant va par contre prendre l’ascenseur avec l’arrivée du premier ex maléfique de Ramona. Et ce sera parti pour des sauts dans tous les sens, des coups hallucinants, des déferlements d’énergie, des duels dignes de Dragonball ou Street Fighter, et des séquences complètement barrées. Le réalisateur s’est bien lâché sur le coup.

Et pourtant… le film est bien, amusant. mais il manque d’un je ne sais quoi pour le rendre vraiment bon. Les acteurs sont bons mais sans qu’il y ait vraiment une interprétation qui claque. Les combats sont rigolos, mais manquent des fois d’ambition et de carrément tout faire péter ; par contre on appréciera les différents adversaires, et les styles de duels, comme celui en musique. La fin semble plutôt plate et morne après tout ce déluge de délires. Je ne sais pas si c’est dû aux comics ou pas, mais voilà, il y a un grain de folie qui n’a pas assez poussé. C’est comme si le réalisateur qui s’est bien lâche n’avait pas pu aller au bout de ses ambitions. C’est dommage car le film aurait carrément pu casser la baraque, il y a un super potentiel. Dans le genre bien délirant, il y manque l’humour que l’on a dans un Last Action Hero par exemple. Sans se prendre au sérieux, ce Scott Pilgrim n’arrive pas à passer complètement la barrière du délire.

Par contre, il y a la musique… Et là, c’est la classe! On a du rock, du vrai, du bon son garage, un groupe comme on peut en rencontrer qui joue dans un petit local à deux balles avec le matos qu’ils ont. Et toute la bande-son tient super bien la route. On y croit à fond.

Sur la piste du Marsupilami

Et voilà, avec mon fils qui l’a adoré au ciné, on a acquis Sur la piste du Marsupilami (j’aime beaucoup le nom de l’édition « jaune et jolie »). Et du coup je l’ai regardé. Ben bof quoi. C’est un peu du « Chabat et ses potes en roue libre qui délirent » avec tous les points positifs et négatifs que cela peut amener. L’histoire est celle d’un journaliste star dont la carrière est remise en question et ne tient qu’à un reportage génial qu’il doit faire en Palombie en allant rencontrer la tribu des Payas. Sur place, son guide sera un petit escroc local au grand cœur. En plus des Payas, ce voyage va permettre de rencontrer (dans le désordre et sans volonté d’exhaustivité) un animal jaune et poilu à la longue queue, un dictateur fan de Céline, un méchant vieux botaniste et sa gentille assistante, une bande de gamins des rues, des soldats et leur sergent fou furieux,… Une brochette de personnages délirants interprétés par tout un groupe de potes qui s’éclatent sur un scénario ultra léger. Le résultat comporte quelques scènes sympathiques, quelques trouvailles agréables mais reste décevant. Alors oui après un truc comme Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, je suis peut-être devenu exigeant. Mais là je ne suis pas convaincu. Ou alors je suis blasé de cet humour. Certes Chabat s’auto-cite avec talent (la conduite sans les mains de la Cité de la peur ou le lama Ganja après l’âne Cannabis), mais justement on cherche plus les références au passé que les nouvelles créations. Continuer la lecture

À l’intérieur

De temps en temps, comme ça, on tente une expérience incroyable du genre « regarder un film de genre français ». Et je dois avouer que c’est souvent assez surprenant. Définitivement il y a un truc particulier qui met les français à part. Y compris quand ils cherchent à faire dans le méchant, le violent. Ma dernière expérience avec Frontière(s) n’avait pas été complètement convaincante. A l’intérieur avait fait parler de lui, j’en ai lu des critiques joliment positives (en particulier suite à la sortie du Livide des deux mêmes réalisateurs), alors j’ai tenté le coup. C’est un film basé sur les standards du home invasion, avec une femme seule chez elle et terrorisée par une personne qui l’y prend en otage, avec violence et sang à la clé. Rien de très transcendant jusque là. Mais nos réalisateurs y ont mis leur grain de sel pour nous apporter des éléments propres. Déjà pour commencer, l’héroïne n’est pas juste une ado bimbo écervelée à gros boobs comme c’est trop souvent le cas. On a ici une trentenaire bien enceinte ; en fait tellement enceinte qu’elle doit aller à la maternité le lendemain de cette terrible nuit. Et puis elle est blessée au visage, avec cicatrice à la clé, suite à un accident de voiture dans lequel elle a perdu son mari (ça c’est le tout début du film) ; même qu’elle ne passe pas son temps en décolleté ou sous-vêtements. Ensuite la maison qui s’avère plus normale, plus raisonnable, plus standard et classique, bref plus de chez nous que les immenses trucs à l’américaine.  Et puis c’est pas un gros méchant pervers et sadique, mais ici l’adversaire est une femme, extrêmement menaçante et tout aussi perverse et sadique que les bourrins habituels. Continuer la lecture