Bon ben moi je ne suis pas économiste, je ne suis pas financier, ce n’est vraiment pas mon domaine de prédilection. Et pourtant, plus le temps passe, plus je me dis que je devrais m’y mettre un peu. Parce que quand je vois l’impact sur notre vie de tous les jours, l’importance que cette discipline a pris, et bien cela devient nécessaire pour comprendre notre monde. Parce que finalement, aujourd’hui, seule la finance semble décider. Et pour moi il y a là un truc qui cloche. La finance, pour ce que j’en ai compris, c’est le purement immatériel, c’est jongler avec du virtuel, c’est une pure course au profit pour le seul profit (et quand je dis profit, c’est bien un profit purement monétaire, pas question de biens matériels tangibles, encore moins de profit social ou de bien-être). Alors oui je ne comprends pas. Comment a-t-on pu laisser aller notre monde à se retrouver guidé dans cette direction? C’est complètement irrationnel. Ne sommes-nous pas des êtres humains? L’humain ne devrait-il donc pas être au centre de nos préoccupations?
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Le jour où des avions de combat ont abattu en plein vol la démocratie directe…
Bon ben voilà, j’attendais patiemment la fin de la session parlementaire d’automne pour donner mon avis sur divers points qui y ont été traités. Mais là c’est trop, faut que ça sorte. La décision du Conseil des États sur l’achat des nouveaux avions de combat me dégoûte profondément. Je vous la fait courte…
Le Conseiller Fédéral en charge de l’armée voulait acheter de nouveaux joujoux luxueux avions de combat, pour un montant relativement élevé de 5 milliards. Il a été proposé de faire passer cela dans le budget ordinaire de la Confédération, relevé un peu pour l’occasion mais pas suffisamment. Il y a eu des oppositions qui ont parlé de les faire passer par un achat hors budget, ceci afin de les faire clairement apparaître comme particuliers et de pouvoir, au besoin, s’opposer à cet achat par voie de référendum (ben oui on ne peut pas faire de référendum contre le budget). Et donc c’est la première option qui est passée. Nous noterons donc que le budget de la Confédération va s’élever, mais qu’il faudra aussi piocher de ci de là dans d’autres comptes afin de subvenir aux besoins absolus en avions de dernière génération capables de sortir de notre espace aérien à peine ils auront décollé et qui ne seront finalement utiles qu’à quelques manœuvres et parades pour faire joli (et polluer un peu plus, mais c’est un détail). Nous observerons donc avec joie et délectation les budgets décroître dans d’autres secteurs de la Confédération (au hasard social, santé ou formation, lancez le dé pour déterminer la cible). Franchement, c’est quoi cet abus? Pourquoi ne laisse-t-on pas le peuple se prononcer sur un sujet aussi important que ces 5 milliards?
J’irai plus loin en soulevant la position de l’UDC sur ce sujet. Oui, l’UDC, le parti très à droite que je n’apprécie guère. Le parti qui se dit « parti du peuple » et qui réclame que le peuple souverain se prononce sur tout et n’importe quoi, quitte à aller à l’encontre du droit supérieur international. Oui, l’UDC qui a fait voter le peuple suisse sur 2 minarets et demi érigés avec des fonds privés et qui ne faisaient de mal à personne. La même UDC qui ici esquive le vote populaire sur 5 milliards de deniers publics dépensés dans un projet à l’utilité contestable et contestée. Ben oui, c’est la vie. On pourrait aussi parler de la position du PDC, « parti de la famille » paraît-il, qui fait ici passer les avions de guerre au détriment sans doute de fonds qui auraient pu aider justement les familles en difficulté. Ah mais non, ce n’est pas comme s’ils retournaient régulièrement leurs vestes, eux. Le PLR a bien entendu défendu avec efficacité les grandes entreprises qui vendent ces avions, business is business comme on dit. Que dire encore? Ah oui, il semblerait que plusieurs membres de la commission concernées du Conseil des États soient en cheville (voir carrément membres) de conseils d’administration de ces entreprises. Mais non, probablement pas, ils auraient annoncé cette collusion d’intérêts.
Alors oui je suis bien remonté aujourd’hui. Et là c’est rien, il y a encore la suite du débat sur le nucléaire pour aujourd’hui…
Crédit photo : Dassault Mirage 2000D, par Alexandre Prévot, sur Flickr
Intiative « Pour une économie verte »
Des ressources naturelles qui diminuent à vue d’œil. Une consommation qui ne cesse d’augmenter. Une vision à très court terme dans beaucoup d’entreprises. Une économie surproductrice de déchets. Une société livrée à un monde de la finance que trop peu de monde peut comprendre. Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai des fois l’impression que notre monde avance à l’aveugle sur une route cahoteuse aux dangers multiples sans jamais regarder sa carte ni se fixer réellement de destination. Difficile de faire changer de cap complètement. L’inertie du navire est trop importante. Mais peut-on envisager une autre manière de le diriger? Une autre consommation? Une autre économie? Je le crois, oui. Et d’ailleurs, certaines mentalités changent. Lentement, certes, et pas dans les cercles des décideurs des grandes industries. Mais le monde évolue. Et c’est pour accompagner et encadrer cette évolution que les Verts proposent l’initiative populaire pour une économie verte (que je vous invite bien entendu à signer et à faire signer). Nous demandons une transformation écologique de l’économie. Ou bien je pourrais reprendre le titre d’un article de OWNI : Pour une économie durable : la e-frugalité. Bien sûr, la portée de cet article va au-delà de la prétention de notre initiative qui ne porte qu’au niveau de la Suisse, mais on est dans le même ordre d’idée. A noter aussi que cette initiative se lie fortement avec celle pour sortir du nucléaire, puisque la modification de notre production énergétique influencera notre consommation à venir.
Mais que demande cette initiative? Elle a plusieurs axes qui, mis ensemble, permettent d’envisager une économie sur la durée, un long terme. Bien sûr, proposant un changement de la Constitution, elle reste relativement vague dans es applications concrètes (comme toute initiative), mais on peut en tirer quelques lignes directrices et imaginer ce qui en découlerait.
