Ces jeux vidéos qui devraient me plaire… mais ça croche pas

Ces dernières années, je me suis rendu compte que j’étais face à un problème dans la hype des jeux vidéo. Il y a plusieurs jeux qui sont sortis avec un très gros succès, et qui me faisaient très envie. Sur le papier, ils avaient tout pour que je sois super fan. Mais finalement ça ne passe pas. Et on parle de gros succès critiques et publics (3 GOTY sans compter les autres prix reçus). J’ai tenté d’essayer de comprendre un peu le truc, et je voulais revenir sur ces 3 jeux en particulier : Elden Ring, Baldur’s Gate 3 et Clair-obscur – Expedition 33.

Peut-être une précision avant d’aller plus loin… Si je joue aux jeux vidéo depuis… pfiouh… au moins tout ça…, je n’ai très longtemps joué que sur PC. Mais depuis maintenant une petite quinzaine d’années, je suis devenu un geek de salon qui ne met plus trop les mains dans le cambouis (montage de PC) et je joue sur console (xBox series X pour les jeux évoqués ici).

Elden Ring

Je n’avais jamais vraiment suivi la hype des soulslike, mais là le jeu avait beaucoup d’éléments pour me parler. Un univers présenté comme super construit, détaillé, avec une identité forte. Un monde médiéval-fantastique avec des secrets à dénicher et des éléments à découvrir/comprendre. Un scénario profond, complexe, ne prenant pas le joueur pour un con. Le tout avec l’aide de G.R.R. Martin, un auteur capable de pondre de sacrées bonnes idées. Et puis aussi un style visuel magnifique.

On avait là de quoi me faire craquer, je suis assez le public-cible de ce genre de jeu. Sans compter que vu les retours du public et le nombre de prix remportés, le truc semblait remplir ses promesses.

Alors oui une fois le jeu lancé, je me suis rendu compte à quel point il était beau, envoûtant, avec son univers et son ambiance propres. Mais en même temps, je n’ai pas compris grand chose à ce dans quoi je mettais les pieds. J’ai passé quelques heures sur le jeu sans saisir le but, ce qui était attendu de moi, qui était mon personnage, etc. Alors je ne demande pas d’avoir que des jeux super clairs qui te donnent tous les détails ; comme pour les films ou séries, j’aime que l’on fasse un peu travailler mes neurones et que les auteurs ne me donnent pas tout cuit et prémâché dans le bec. Mais là on atteint quand même un grand moment de “je fais quoi ici?” Et franchement ça ne s’est pas éclairci du tout par la suite. J’ai tenté d’enchaîner quelques unes des quêtes que je trouvais sur le chemin mais sans capter la vision d’ensemble, ni même un tout petit bout de celle-ci.

Et puis j’ai été refroidi par cette fameuse difficulté pourtant bien mise en avant. OK, je ne suis pas un énorme joueur de jeux vidéo. Je me considère quand même au-dessus du joueur casual de base, avec pas mal d’années d’expérience et un certain temps chaque semaine devant mon écran. Mais là il y a une grosse frustration dans cette expérience soulslike. Il s’avère que ce n’est pas mon truc. Pour qu’un jeu me prenne, je dois pouvoir avancer dans l’histoire, et non pas refaire 150 fois le même passage pour tenter d’essayer de comprendre la subtilité dans les combos de l’adversaire qui me permettra de le battre, juste pour rebloquer 20 minutes après sur un nouveau combat.

Au final, je me retrouve rapidement devant un mur de difficulté qui me rend la suite du jeu inaccessible. Et comme je ne vois pas trop ce que je fais là, la motivation pour découvrir la suite n’est pas suffisante pour aller de l’avant. Et le jeu qui me semblait super fait pour moi est resté à prendre la poussière…

Baldur’s Gate 3

Bon ben là on est sur ce qui se fait de plus proche d’une partie de jeu de rôle en jeu vidéo. Un univers connu et super développé depuis des décennies, des graphismes qui claquent, un scénario riche et solide. Des interactions entre personnages profondes et complexes. Et puis la possibilité de faire tellement de choses que ça en devient fabuleux. Il y avait tout pour que je sois fan.

Sauf que c’est basé sur le système de jeu de D&D. Et au final il s’avère que c’est ce système de jeu qui m’a fait arrêter l’aventure. Je le redis haut et fort, non je n’aime pas D&D en jeu de rôle (je parle bien du système de jeu, il y a de très bons univers de jeux dans les gammes D&D).

En débutant le jeu, on voit très vite la profondeur que celui-ci peut avoir, ne serait-ce qu’au travers du nombre de races et de classes jouables et du degré de personnalisation de notre personnage. On est tout de suite mis dans le bain avec une scène d’ouverture prenante qui pose des enjeux et amène plein de questions. Elle sert très bien de tutoriel pour comprendre les mécanismes. Franchement, là je me suis senti plongé dans une vraie grosse aventure qui allait pouvoir m’offrir des heures de jeu passionnantes. On se retrouve rapidement confronté à des choix importants, des dilemmes qui vont influer sur la partie et sur ce qui va se passer, bref un panel de possibilités si large que ça promet du pur bonheur,

Et voilà que sont arrivés les combats avec un groupe complet de personnages ayant monté de quelques niveaux, avec leurs listes kilométriques de capacités. Le tout oblige à prendre beaucoup de temps à réfléchir à chaque tour avec sa quantité de petites règles, chaque pouvoir, chaque capacité, chaque manière d’attaquer ayant ses particularités. De base, je ne suis pas allergique au tour par tour, j’ai même bien aimé des jeux comme Commando ou Desperado, mais ce sont là des jeux annoncés comme tactiques. Baldur’s Gate 3 est un jeu d’aventure, de découverte. Et le rythme des combats me fait complètement sortir de l’histoire. Ces phases à rallonge ne sont pas du tout dans la même ambiance que le reste du jeu. Cela m’a tellement fait sortir de l’aventure que je n’arrivais plus à me plonger dedans. J’ai donc arrêté.

Clair-Obscur – Expedition 33

Enorme succès actuel (qui vient de recevoir sa volée de prix), ce jeu français est une tuerie sur de nombreux points. A commencer par l’aspect visuel. Non seulement il est très beau, avec une réelle patte graphique, mais en plus l’univers dépeint est savoureux. J’ai plongé dedans avec plaisir. On rajoute très vite le design sonore qui est aussi une grande réussite. Quand on saisit un peu l’univers et le but du jeu, on voit là aussi que l’on est sur quelque chose d’intéressant, de profond. On a des personnages bien construits, qui ont de vraies relations entre eux, on s’y attache rapidement.

Bref, c’est une réussite. Et dès l’intro terminée, quand on plonge dans le cœur du truc, on se retrouve vraiment au sein d’un jeu très réussi.

Mais là à nouveau, comme pour Baldur’s Gate 3, les combats en tour par tour avec de multiples options à chaque fois, ça me coupe du rythme et de l’aventure. Sans compter qu’ici aussi, la difficulté est volontairement assez poussée (sans atteindre le niveau d’Elden Ring et compagnie, mais quand même). Deux éléments qui m’ont coupé dans mon élan et m’ont fait laisser de côté ce jeu,

Que retenir de tout ça ?

Et bien il y a tout simplement des éléments qui ne me conviennent pas dans les jeux, quelles que soient leurs qualités, quelles que soient leurs notes critiques et publiques. Il y a des trucs qui sont assez bloquants pour moi…

La trop grande difficulté. Celle qui est souhaitée, mise en avant par les développeurs comme argument de vente du jeu pour aller titiller le core gamer qui veut se dépasser. Il y a beaucoup de gens à qui cela parle (le succès récent de Silksong en est aussi le parfait exemple). Mais pour ma part, quand je joue, j’ai envie d’avancer dans l’histoire, de découvrir un scénario, de vivre une aventure. Je ne suis pas motivé à passer un nombre terrifiant d’heures sur chaque boss afin de trouver la faille millimétrée permettant de le vaincre. Je peux comprendre le sentiment d’accomplissement de certains à ce moment. mais moi c’est pas mon truc. Quand on me promet un scénario bien construit, j’ai envie de pouvoir le découvrir et aller de l’avant. Du challenge oui, mais un mur rebutant, c’est pas pour moi.

Le changement de rythme, la cassure de style. Quand je veux avancer dans une histoire, découvrir des mystères, je n’ai pas envie de tout-à-coup voir le temps se figer et de voir commencer à réfléchir des plombes à chaque tour avec des règles complexes. Dans une aventure, le combat doit être aventureux, rythmé, apporter de l’action. Sur les exemples de Baldur’s Gate ou Expedition 33 ci-dessus, j’avais l’impression de passer de l’aventure passionnante dans une univers incroyable à soudainement de la gestion de fichier Excel millimétré. Ca colle pas.

Et puis je confirme, je n’aime toujours pas les règles de D&D. Baldur’s Gate 3 m’a prouvé que ce n’est pas ce que j’attends d’une partie de jeu de rôle, mais là on quitte le monde du jeu vidéo.

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