Il y a quelques jours, c’était l’ouverture du Salon de l’Auto à Genève. Les journaux s’en sont donné à cœur joie et ont tenté de faire rêver les lecteurs avec des photos de voiture que l’écrasante majorité des gens ne pourra jamais se payer. Enfin, « faire rêver », c’est vite dit. Pour ma part, ça ne m’a plus attiré que ça. je me souviens pourtant des regards envieux de certains collègues, arguant qu’ils se payeraient bien ce super modèle de la mort qui tue. Et moi de réagir en relevant l’inutilité d’une voiture montant à 300km/h en moins de temps qu’il en faut pour le dire au vu des limitations de vitesse, j’en ai même rajouté en m’interrogeant sur l’utilité d’une voiture dont le volume du coffre ne permet d’y mettre qu’une crêpe, ou sur le coût en assurances et en carburant d’un tel véhicule. Ben ouais quoi, j’avais l’air d’un extra-terrestre en signalant que la voiture était quand même un truc utilitaire, et que si l’on ne pouvait rien y mettre, je ne voyais pas l’intérêt. D’autant que, même pour se déplacer, le lien coût-utilité de ce genre de véhicule me semblait quand même disproportionné. Et là je suis tombé des nues quand on m’a dit que « ouais mais une voiture pareille c’est que pour la frime ». Continuer la lecture
Dracula
Je vais peut-être choquer les ados d’aujourd’hui, mais il fut un temps où les vampires ne se transformaient pas en boule à facettes au soleil. Où les vampires souffraient de leur statut de maudits. Où leur pouvoir de séduction s’accompagnait de sensualité malsaine. Où ils ne passaient pas leur temps à refaire des années de lycée pour rire. Où ils vivaient dans de sombres manoirs plutôt que de lumineuses baraques super design. Où ils n’avaient pas vraiment la motiv pour s’amuser à jouer au baseball sous l’orage. Moi c’est comme ça que j’ai attaqué le mythe du vampire. Et désolé pour les inconditionnels de Twilight, mais j’aime bien plus ma version, même si elle fait un peu cliché (normal, c’est l’originale). Ou plutôt celle de Bram Stoker en l’occurrence, dont la relecture de l’œuvre phare m’a permis de me nettoyer la perception des scories twlightesques. Que du bonheur en fait, alors je voulais juste rappeler aux gens l’existence de ce bouquin de très bonne qualité (même si l’édition actuelle faisant référence à une comédie musicale à la mode dénature la couverture).
Le Dracula original revient donc sur ce comte maudit, ayant vendu son âme suite à des souffrances terribles, condamné à survivre tel un parasite aux dépends des autres, usant d’artifices sans jamais être lui-même. Le livre est prenant, poignant, dur et cruel. Et avec une histoire extrêmement bien raconté. On se laisse embarquer dedans et emmener au fil des révélations, pour s’enfoncer dans la noirceur. Il y a des scènes vraiment géniales, décrites de main de maître, et qui font immédiatement naître dans l’esprit du lecteur des images. Ce texte est vraiment très visuel, très évocateur. Certes, on reste marqué par le film de Coppola qui y est assez fidèle, mais le pouvoir évocatif de ce récit existe sans le cinéma. Sa force est incroyable. Le suspens court tout du long et il est difficile de lâcher le livre.
Ah, que ça fait du bien de retrouver un vrai vampire, un vrai mythe de noirceur, d’une sensualité malsaine et dure, d’une violence crue. A lire ou à relire.
11 mars 2012 : élections vaudoises
Ce week-end il y avait non seulement les votations sur 5 objets fédéraux, mais aussi des élections cantonales sur Vaud. L’élection du Grand Conseil (législatif) et le premier tour du Conseil d’Etat (exécutif). Résultats en demi-teinte et déception.
En gros, la gauche perd quelques plumes, au profit de l’auto-proclamée Alliance du centre. L’alliance tout à gauche perd du monde, les Verts aussi (déception dans l’Ouest lausannois où on perd un de nos deux sièges), et le PS en gagne un peu, mais pas suffisamment. Le bloc de droite reste stable et majoritaire. Ce fameux « centre » devient ainsi de plus en plus important. On notera que dans ce groupe se trouvent quand même des partis bien à droite, genre PBD ou verts Libéraux ; il y aussi des partis qui virent plus facilement d’un côté à l’autre, comme souvent au centre, genre le PDC. Bref, une auto-proclamée « alliance du centre » qui se révèle en fait à droite. Un bon soutien à la majorité PLR-UDC du parlement en somme. Les vaudois-e-s ont donc préféré la continuité au législatif plutôt qu’une vision tournée vers l’avenir, vers la responsabilité et vers les investissements pour la population. L’austérité des finances publiques et le libéralisme à tout va l’ont emporté ici, et c’est bien dommage.
Au niveau du Conseil d’Etat, plus ou moins le même son de cloche si on regarde celles et ceux passés au premier tour, à savoir Pierre-Yves Maillard à gauche et les trois sortants de droite. Deux des candidates de gauche ont péché par leur manque de reconnaissance (Béatrice Métraux n’est là que depuis quelques mois et Nuria Gorite est nouvelle candidate). De son côté, Anne-Catherine Lyon s’est mis pas mal de gens à dos avec son projet de musée à Bellerive ou encore avec son laisser-faire sur les salaires à pertes de pas mal d’enseignants lors de la crise de la nouvelle grille salariale ; elle paye les pots cassés. Mais ces trois-là arrivent juste après les élus. Le quatrième candidat du ticket de droite, l’UDC Voiblet, a souffert des nombreux coups de crayons qui ont sanctionnés l’alliance contre-nature que j’ai déjà dénoncée à plusieurs reprises. Voilà ce qui arrive quand on fait passer les calculs électoraux avant les considérations idéologiques. Le second tour sera difficile cependant. La gauche doit rester unie derrière ses trois candidates. Rien n’est gagné cependant. Les autres candidats ont fait des scores honorables, comme par exemple le candidat de Vaud-Libre au programme très recopié à gauche Emmanuel Gétaz, ou encore l’entrepreneur aux idées humaines et agitateur public Toto Morand. Mais la bataille finales se jouera entre les 4 du haut, pour 3 sièges restant à remplir, et une majorité à décrocher.
