C’est avec la sortie du très titillant Green Room que j’ai eu connaissance du précédent film du réalisateur Jeremy Saulnier, Blue Ruin (visiblement il aime les titres colorés), avec ses différentes critiques assez positives. On y suit les pas de Dwight, un type un peu paumé qui vit dans la rue, dormant dans sa voiture bleue en bien mauvais état. Il vit ainsi depuis des années, depuis le meurtre de ses parents. C’est à la libération du tueur qui a purgé sa peine, que Dwight reprend du poil de la bête. Il décide de parcourir des kilomètres de route pour se venger. Mais Dwight a une famille, sa sœur et les enfants de celle-ci en l’occurrence. Et le tueur a aussi une famille. Et tout le monde sait que les histoires de vengeance ça part toujours en sucette, avec une escalade qui ne voit pas de fin. Le genre de situation inextricable qui ne peut se terminer bien pour aucune des parties.
Le film va à l’essentiel en suivant Dwight qui construit sa vengeance avec les moyens dont il dispose, souvent à l’improvisation, réagissant aux éléments et aux retournements de situation, se rendant compte parfois des implications de ses actions sur les gens qui l’entourent. Mais il reste bloqué là-dessus et n’a que ça pour le guider. Pas de fioritures ici, on suit la descente aux enfers de ce anti-héros qui s’enfonce dans une spirale de violence et de tension. Il voulait la justice, et il va semer des graines de mort et de sang. La réalisation très crue et carrée donne le cadre nécessaire à suivre ce chemin dangereux. On plonge avec Dwight, suivant ses traces tout au long de l’heure et demie que dure le film. On compte pas mal de plans de qualité, une photographie très réussie, et cette omniprésence (pas que sur la voiture) de la couleur bleue qui donne un ton froid aux images. Une belle réussite visuelle. Soutenue par un jeu d’acteur de qualité de la part de l’acteur principal Macon Blair sur les épaules duquel le film repose. A ses côtés, les autres ne font que passer, instruments, dommages collatéraux ou cibles de sa vengeance.
Blue Ruin ne verse pas dans l’action ultra-rythmée. la violence est là, crue et parfois gore, mais pour justifier le propos, montrer les conséquences de choix pas toujours bons. Mais ça ne saute pas dans tous les sens avec canardage intensif. On est ici dans une ambiance sombre, glauque, malsaine, et c’est cette ambiance qui fait tout le sel du film. Le rythme est posé, plutôt lent, avec quelques accélérations par moments. J’ai passé un très bon moment devant ce film, et je me réjouis de voir Green Room.

Et voilà que se termine la première saison de la très bonne série Blindspot. Dès le pilote, tout est posé… On retrouve un sac abandonné sur Times Square. Dedans, une femme, nue, couverte de tatouages étranges de la tête aux pieds, et complètement amnésique. A cause de ses tatouages, elle va vite être mise en contact avec le FBI, et un agent bien spécifique d’ailleurs. On va vite se rendre compte que les tatouages ont des significations, qu’ils permettent, en les déchiffrant, de résoudre des crimes ou des complots, souvent de grande ampleur ou aux visées bien spécifiques. On découvre aussi assez vite que l’agent du FBI a une histoire complexe, avec la perte d’une amie quand il était enfant, disparue, et que l’inconnue pourrait être cette fille… ou pas. Et bien entendu derrière tout cela de la grosse conspiration pas piquée des hannetons impliquant FBI, CIA et autres groupes plus secrets. On retrouve donc dans cette série pas mal d’éléments assez classiques ; enquêtes, action, complots, machinations, personnages au passé trouble, histoires d’amour, etc. Sans compter que les personnages principaux reposent eux aussi sur des clichés ; le super agent bourru, la femme forte, le type qui se la pète, la geekette. Oui mais voilà, le tout est bien foutu, bien traité. On a un très bon dosage action/enquête. Les mystères autour de l’héroïne et de ses tatouages sont révélés à un rythme prenant. Les cliffhangers sont bien foutus. On a donc une saison haletante avec sa bonne dose de suspens et de retournements de situation (la fin de saison est d’ailleurs assez solide et donne envie d’enchaîner au plus vite).
Comme