Archives par étiquette : thriller

Self/less

selfless_poster_largeCe film de SF de Tarsem Singh développe une idée somme toute assez classique dans le monde de la SF mais non dénuée d’intérêt… Quand on est un vieil homme d’affaires mourant et très très riche, est-on prêt à payer une entreprise pour accélérer ce trépas et transférer notre conscience dans le corps vigoureux d’un jeune homme? Ce genre de technologie étant prohibée, cela vous obligerait à changer d’identité et à vivre une nouvelle vie. C’est le choix que fait Damian Hale qui passe ainsi du corps de Ben Kingsley à celui de Ryan Reynolds. Mais si le corps que l’on vous a vendu comme créé artificiellement et génétiquement développé pour vous convaincre s’avère être celui d’un homme qui a eu une vraie vie avant? Et si les médicaments censés vous permettre de vous adapter à ce nouveau corps ne servaient qu’à garder l’ancienne conscience de ce corps endormie pour éviter qu’elle ne se heurte à vous-même? Et si il y avait là-derrière toute une conspiration financée par les plus grosses fortunes de la planète, y compris vos anciens amis? Cette question intéressante est menée tambour battant sur un film qui s’attache davantage à l’action qu’au véritable fond du problème. Self/less pose de bonnes questions en y apportant des réponses assez simples, en particulier avec une fin un peu trop facile et morale.

On a donc un sympathique petit film de SF loin d’être mauvais comparé à la pléthore de trucs très moyens voir de daubes que le genre nous a amenés. Mais franchement on aurait aimé avoir plus. On est en pleine anticipation avec une question de fond absolument géniale. Cette idée de la numérisation de la conscience et de son transfert agite la sphère scientifique et pose de vraies questions éthiques, sociales, sur la base du fameux « Est-ce que l’on doit le faire du moment qu’on peut le faire? ». Alors oui on a là un divertissement agréable avec des acteurs qui s’en sortent bien. Mais au final le tout est assez convenu, les retournements de situation ne sont guère surprenants et on sent venir la fin à des kilomètres. C’est bien dommage pour un film dont le postulat de départ donnait beaucoup d’espoir.

007 Spectre

James-Bond-is-Back-with-SPECTRERetour encore une fois fracassant de James Bond, toujours sous les traits de Daniel Craig et toujours devant la caméra de Sam Mendes (déjà aux manettes de Skyfall). On est ici à nouveau dans du Bond pur jus avec tous les éléments qui en sont la marque de fabrique, que l’on aime ou pas. Et dès la scène d’ouverture, le cocktail est là… C’est dans un impressionnant plan-séquence qui envoie du bois au milieu du Jour des Morts à Mexico que prend place un savant mélange d’action, de grande classe, de séduction, et d’un zeste d’humour. Très bonne entrée en matière permettant de se lancer ensuite dans le sujet à fond. On va donc se retrouver mêlés à une terrible conspiration menaçant de mettre à genoux le monde libre. Bien évidemment, Bond ne va pas suivre les chemins balisés, et le spectateur va être emmené de cascade impressionnante en gun-fight nourri avec un menu déroulant son lot de bagarres, de poursuites, de classe anglaise (Daniel Craig en jette pas mal, je dois dire), de séduction (étonnamment prude à l’image), de touches d’humour, de révélations et de retournements de situations. C’est du Bond quoi, on a droit au plan super tordu du grand méchant (y’a pas à dire, Christopher Waltz est un tout bon acteur, même si je le trouve sous-utilisé ici), aux scènes et réactions complètement improbables, aux ellipses scénaristiques pour passer d’une scène d’action à l’autre, aux babes (Léa Seydoux est fort agréable malgré quelques soucis de direction d’actrice, mais dommage du peu pour Monica Belluci), et aux gros bras de service (fort sympathique Dave Bautista). Continuer la lecture

Citadel

citadel-afficheCe film irlandais de Ciaran Foy est assez particulier et dispense une ambiance assez rare. On y suit Tommy, dont la femme en fin de grossesse a été violemment agressée. Depuis, contraint à élever seul son fils, Tommy souffre d’une grave agoraphobie qui l’empêche presque de sortir de chez lui. Il est rempli d’une énorme paranoïa, et voit partout s’approcher de lui des jeunes gens en hoodie agressifs et prêts à en découdre. Sa fille semble au cœur de leurs visées, et Tommy finira par s’allier avec un curieux prêtre pour se libérer de ce terrible fardeau.

Citadel est classé comme un film d’horreur psychologique. Effectivement les visuels du film ne sont pas particulièrement gores, à part peut-être un ou deux plans. Mais l’ambiance est tellement tendue, dure, difficile, que le spectateur ne peut être qu’oppressé. On se sent capturé dans la tête de Tommy, percevant l’entourage par ses yeux. La seule différence est que nous pouvons nous poser la question de savoir si ce que l’on voit est la réalité ou seulement l’expression des pulsions du héros. Est-on dans la vraie vie ou dans la tête de Tommy? Et tout le film peut n’être vu que comme une cure contre cette paranoïa, cette agoraphobie qui étreint le héros. S’agit-il juste son cheminement interne? Le réalisateur ne nous ballade-t-il que dans les contrées étranges inventées par son esprit tordu? Voilà tout le sel du film, dans cette ambiance froide et oppressante. Le tout sent le malsain et suinte le glauque. Et l’interprète de Tommy (Aneurin Barnard) se donne à fond dans un rôle pas évident du tout.

Si ce genre de film vous parle, n’hésitez pas et plongez dans Citadel. Ce n’est pas un film qui s’adresse à tout le monde, mais pour celles et ceux qui sauront entrer dedans. vous n’en ressortirez pas facilement.