The Villainess

Je me suis mis devant ce film de 2017 après en avoir pas mal entendu parler comme du nouveau film d’action asiatique qui claque et tout. Et puis il était sorti à Cannes où il avait déclenché une standing ovation de plusieurs minutes. Bon ben sans dire qu’il est mauvais, je dois dire que je suis nettement moins enthousiaste.

On suit dans ce film une femme qui défouraille tout plein d’ennemis, avant d’être arrêtée. Dans un style Nikita, elle va intégrer contre sa volonté une unité de femmes « agents dormants » avec une fausse identité mais envoyées ponctuellement pour des missions d’assassinats ou autres joyeusetés. Le tout est mêlé avec les meurtres du père et du mari de l’héroïne, son bébé, son nouvel amour, et des organisations criminelles en nombre.

Dès la scène d’intro, tournée en vision subjective par les yeux de l’héroïne (avec cette impression de jeu vidéo), on comprend où on met les pieds. Que ce soit au flingue, au couteau, à mains nues, ou avec tout ce qui lui tombe sous la main, notre jeune femme massacre son prochain au point de faire passer John Wick pour un boyscout pacifiste post-soixante-huitard. Ca saigne et ça gicle de l’hémoglobine par litres, ça démembre, mutile, arrache, tord et castagne, le tout sous un déferlement de cris de douleurs et de slash-slash et de pan-pans (lames et flingues alternent allègrement). La suite du film aura son quota de scènes violentes et gores aussi, même si cette ouverture reste effarante de violence graphique. Mais la suite du film va aussi révéler son lot de scènes lentes, de discussions, d’introspections. Le tout comprenant des flashbacks à différentes époques de la vie de notre héroïne. Au point que le tout n’est pas toujours simple à comprendre. Certaines explications ne venant qu’à la toute fin. En espérant ne pas être taxé de racisme, je pense que l’origine coréenne du film est pour quelque chose dans la difficulté de compréhension ; quand on a des personnages dont on peine à pouvoir prononcer le nom, et des visages qui (aux yeux de la plupart des occidentaux) se ressemblent quand même pas mal, les choses ne sont pas faciles. Quand on mêle les époques, les gens, et qu’en plus certains personnages ont subi de la chirurgie esthétique pour changer de visage, le tout devient tordu.

Et si les scènes d’action sont parfois vraiment impressionnantes, elles ne sont pas toujours filmées de manière super-lisible. Ca part dans tous les sens, la caméra tourne de tous côtés, prenant des mouvements et des angles improbables. Certes on peut avoir des moments super esthétiques, des chorégraphies super travaillées, et on sent le travail derrière tout cela, mais là ça bouge trop quand même. Et j’ajouterais que dans certaines scènes, le jeu d’acteur a franchement de la peine.

Je ne suis pas assez connaisseur de cinéma coréen pour parler des acteurs/réalisateurs de ce film. Pas de comparaisons possibles non plus.

Je reste vraiment avec le cul entre deux chaises après ce film. Autant il y a des moments de vraie réussite visuelle, des scènes épiques qui en jettent, autant on a une histoire qui tente d’être solide et de faire un peu plus complexe que le blockbuster d’action occidental moyen, autant il y a trop de flou et d’allers-retours dans la narration, ainsi que des scènes d’action pas toujours lisibles (ce qui est le comble pour un film qui tient là-dessus). Des éléments dommageables à un film pourtant plein de bonnes idées.

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