Que voilà un véritable bon film d’ambiance. Une ambiance glauque, sombre, tendue, oppressante. Souvent qualifié en film d’horreur, je le mettrais plus en film fantastique très sombre et quelques sursauts. Lorsque deux fillettes disparaissent brutalement avec leur père à la mort de leur mère, tout est mis en œuvre pour les retrouver ; d’autant que le père est suspecté du meurtre de la mère. On ne retrouvera les fillettes que 5 ans plus tard, grâce à l’opiniâtreté du frère de leur père qui n’a jamais baissé les bras. Et elles vont aller vivre chez lui (qui mène une vie plutôt tranquille avec sa copine rockeuse). Oui mais voilà, les deux fillettes n’ont semble-t-il pas vécu seules pendant ces cinq années. Et l’entité qui les a accompagnées ne semble pas fondamentalement vouloir leur lâcher la grappe. Bien sûr, on se doute que ces enfants ayant vécu loin de toute civilisation pendant aussi longtemps sont affectées, surtout la plus jeune. Le psychiatre qui les encadre aura d’ailleurs bien du mal à démêler tout cela. Mais c’est surtout la compagne de l’oncle qui va se retrouver confrontée au mystère épais entourant ces deux fillettes. En s’attaquant au problème, elle va aller à la rencontre de l’indicible. Continuer la lecture
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Captain America – Civil War
Ah ben voilà… après une Ere d’Ultron moyennement convaincante, Marvel nous en remet une couche avec ce Captain America, presque un Avengers 3 car on y retrouve une vraie palanquée de super-héros, des anciens comme des nouveaux venus. Bien que pas exempt de défauts, ce troisième épisode des aventures centrées sur Captain America confirme que les films basés sur ce personnage sont parmi les tout bons de l’univers cinématographique Marvel. Après un film pulp d’action et de guerre très sympa, après un film tournant plus vers l’espionnage moderne lui aussi très bon (et qui avait pas mal modifié la situation des héros Marvel), la franchise prend le pari de mettre à mal encore une fois la bonne tenue de nos héros. Un Captain America trop sûr de lui, un Iron Man dépressif et maussade qui doute trop. Quand le gouvernement vient dire aux Avengers que ça suffit tout ce bordel et qu’il faut prendre un peu la responsabilité des centaines de morts innocents découlant de leurs actions, on leur impose de choisir entre se ranger aux ordres de l’ONU ou de prendre une retraite. Tout ce petit monde ne sera pas obligatoirement d’accord de se mettre au service d’une organisation dont ils doutent un peu de l’efficacité. Quand en plus on soulève un complot mêlant l’ami Bucky à tout cela, c’en est trop pour le Captain qui embarque certains de ses potes pour aller chercher la vérité ; tandis qu’Iron Man embarque les autres potes pour obéir à l’ONU et calmer la bande à Captain. Comme ils sont tous relativement têtus, cela va finir en baston. Eh oui. Continuer la lecture
Ender’s Game
Après avoir lu et franchement apprécié le très bon livre, je suis passé au film. Et il est très bon lui aussi. Bon, comme souvent dans le passage d’un média à l’autre, il faut faire des concessions. Et ici comme souvent c’est la profondeur des thèmes traités qui en pâtit. On se concentre sur l’histoire d’Ender seul, qui a toujours été bien entendu le pivot, le centre du bouquin. Mais dans ce dernier on donnait aussi une grande place aux agissements de sa fratrie, qui faisaient arriver le tout à une conclusion bien particulière ; toute cette partie sur l’influence, les jeux de pouvoir et de suggestion, c’est un pan qui est passé à la trappe. Pour ne garder que le cœur du livre, à savoir le parcours d’Ender et les jeux de manipulation autour de lui, pour arriver à cette conclusion dramatique. Au passage, notons que l’auteur du bouquin figure dans la liste des producteurs du film, du coup je pense que cela a aidé à garder l’esprit.
Réalisé par Gavin Hood (à qui on devait le décevant X-Men Origins : Wolverine), le film met en place une débauche d’effets visuels fort bien réussis pour poser cette ambiance de science-fiction. Les salles d’entraînement en gravité zéro, les simulateurs, et en particulier les dernières batailles, sont particulièrement bien rendus. Ca en jette. Vraiment. Presque un peu de regret de ne pas avoir vu ça sur grand écran. On va juste retenir que les images du jeu vidéo piquent quand même un peu les yeux par moments. Au niveau des acteurs, on retrouve le saisissant Asa Butterfield (génial Hugo Cabret) dans le rôle principal, dans ce corps d’enfant à l’esprit adulte, avec ce visage où passe une palette d’émotions très vaste. Ce petit a un sacré potentiel. A ses côtés, on retrouve des représentants de la vieille garde comme le toujours sympathique Harrison Ford et le (presque) toujours très bon Ben Kingsley, acteurs que l’on ne présente plus. Moins connue mais expérimentée elle aussi, citons la prestation de Viola Davis. Mais l’histoire d’Ender est aussi pleine d’enfants/ados, et là aussi nous trouvons de bons éléments, comme la ravissante Abigail Breslin (des très bons Little Miss Sunshine et Zombieland bien entendu) mais aussi Hailee Steinfeld, et une jolie brochette qui suit.
Un très bon moment de SF donc. Sans être à la hauteur du bouquin, manquant de certains de ses enjeux, le film reste au-dessus de bien des productions de blockbusters de SF
