Retour encore une fois fracassant de James Bond, toujours sous les traits de Daniel Craig et toujours devant la caméra de Sam Mendes (déjà aux manettes de Skyfall). On est ici à nouveau dans du Bond pur jus avec tous les éléments qui en sont la marque de fabrique, que l’on aime ou pas. Et dès la scène d’ouverture, le cocktail est là… C’est dans un impressionnant plan-séquence qui envoie du bois au milieu du Jour des Morts à Mexico que prend place un savant mélange d’action, de grande classe, de séduction, et d’un zeste d’humour. Très bonne entrée en matière permettant de se lancer ensuite dans le sujet à fond. On va donc se retrouver mêlés à une terrible conspiration menaçant de mettre à genoux le monde libre. Bien évidemment, Bond ne va pas suivre les chemins balisés, et le spectateur va être emmené de cascade impressionnante en gun-fight nourri avec un menu déroulant son lot de bagarres, de poursuites, de classe anglaise (Daniel Craig en jette pas mal, je dois dire), de séduction (étonnamment prude à l’image), de touches d’humour, de révélations et de retournements de situations. C’est du Bond quoi, on a droit au plan super tordu du grand méchant (y’a pas à dire, Christopher Waltz est un tout bon acteur, même si je le trouve sous-utilisé ici), aux scènes et réactions complètement improbables, aux ellipses scénaristiques pour passer d’une scène d’action à l’autre, aux babes (Léa Seydoux est fort agréable malgré quelques soucis de direction d’actrice, mais dommage du peu pour Monica Belluci), et aux gros bras de service (fort sympathique Dave Bautista). Continuer la lecture
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Pixels
Ca y est, j’ai vu Pixels, le film au principe absolument délirant qui me faisait de l’œil. Et finalement je suis bien content de ne pas avoir payé le prix excessif d’une place de cinéma pour aller le voir. Pixels est tiré d’un court métrage sympathique et a un super fond, sur le papier. Lorsqu’une sonde est envoyée dans l’espace au début des années 80 vers de potentielles civilisations extraterrestres, elle contient entre autres des images de jeux vidéos censés être représentatifs de la culture de la Terre. Oui mais voilà, comme tout le monde le sait, les jeux vidéo c’est violent. Et les aliens qui ont trouvés la sonde ont pris cela comme une déclaration de guerre. Les voilà donc qui débarquent sur Terre sous la forme de personnages de jeux vidéo. Humanité et aliens disposent chacun de 3 vies et le perdant décidera si la Terre est détruite ou pas. Il en résulte donc une série de matchs inspirés des classiques des jeux vidéos de l’époque mais en version grandeur nature, pour déterminer le sort de notre planète. Franchement sur le papier cela a tout pour plaire au public de geeks trentenaires/quarantenaires gamers dont je fais partie. Je dois même dire que la bande-annonce m’emballait pas trop mal. Avec Chris Columbus à la réalisation (c’est pas un manche quand même), avec des acteurs comme Michelle Monaghan, Sean Bean, Peter Dinklage, ou même Adam Sandler (qui sait porter des comédies bien délirantes), on avait de quoi espérer du bon.
Et bien j’ai été déçu. Le film souffre déjà d’un manque de rythme flagrant. L’introduction affreusement longue nous présente dans leur jeunesse le groupe de geeks qui va sauver le monde. Ensuite le film alterne les séquences délirantes de combats au sein de vieux jeux vidéo grandeur nature et de longues scènes de remplissage où l’on trouve des tentatives éhontées et déplacées de comédie romantique (si quelqu’un peut me donner un seul intérêt à l’histoire d’amour de ce film, qu’il vienne), de références à des films de guerre et d’honneur, et de films de gags lourdingues. Et là on a échec sur échec. Le film ne vaut finalement que pour les trop peu nombreuses et trop courtes scènes d’interaction en jeux vidéo grandeur nature, qui en plus ne sont pas suffisamment rythmées et progressives ; les intervalles sont tellement loupés que l’on perd toute la portée et toute l’intensité que ces scènes devraient avoir. Entre ces moments amusants et reposant sur de bonnes idées, on s’endort. Personnages archétypiques et pas charismatiques, clichés et autres scènes déjà vues et revues, manque d’entrain, rythme plat… C’est bien dommage parce que vraiment je croyais en ce Pixels.
Citadel
Ce film irlandais de Ciaran Foy est assez particulier et dispense une ambiance assez rare. On y suit Tommy, dont la femme en fin de grossesse a été violemment agressée. Depuis, contraint à élever seul son fils, Tommy souffre d’une grave agoraphobie qui l’empêche presque de sortir de chez lui. Il est rempli d’une énorme paranoïa, et voit partout s’approcher de lui des jeunes gens en hoodie agressifs et prêts à en découdre. Sa fille semble au cœur de leurs visées, et Tommy finira par s’allier avec un curieux prêtre pour se libérer de ce terrible fardeau.
Citadel est classé comme un film d’horreur psychologique. Effectivement les visuels du film ne sont pas particulièrement gores, à part peut-être un ou deux plans. Mais l’ambiance est tellement tendue, dure, difficile, que le spectateur ne peut être qu’oppressé. On se sent capturé dans la tête de Tommy, percevant l’entourage par ses yeux. La seule différence est que nous pouvons nous poser la question de savoir si ce que l’on voit est la réalité ou seulement l’expression des pulsions du héros. Est-on dans la vraie vie ou dans la tête de Tommy? Et tout le film peut n’être vu que comme une cure contre cette paranoïa, cette agoraphobie qui étreint le héros. S’agit-il juste son cheminement interne? Le réalisateur ne nous ballade-t-il que dans les contrées étranges inventées par son esprit tordu? Voilà tout le sel du film, dans cette ambiance froide et oppressante. Le tout sent le malsain et suinte le glauque. Et l’interprète de Tommy (Aneurin Barnard) se donne à fond dans un rôle pas évident du tout.
Si ce genre de film vous parle, n’hésitez pas et plongez dans Citadel. Ce n’est pas un film qui s’adresse à tout le monde, mais pour celles et ceux qui sauront entrer dedans. vous n’en ressortirez pas facilement.
