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Sense8 – Saison 01

sense8PosterQue l’on ait aimé ou pas, il est indéniable que Matrix a marqué l’histoire du cinéma (surtout le 1er film). Et par la même, ses réalisateurs, les Wachowskis (à l’époque les frères Wachowski, maintenant les Wachowski tout court suite à un changement de sexe), ont atteint un statut particulier. Ils ont à leur actif du bon et du moins bon. Mais il faut leur reconnaître une volonté de toujours marquer fortement le coup. Pour leur première incursion dans les séries télévisées, ils ont encore une fois créé une œuvre qui sort du lot. Sense8 est une série difficile à classer. Il s’agit certes clairement de fiction, de fantastique, voire de science-fiction, naviguant entre plusieurs thèmes, styles et proposant une histoire à la fois simple et tordue.

Tout commence par le suicide d’une femme dans une église. Suite à cela, 8 personnes réparties à travers le monde commencent à ressentir des choses bizarres et se découvrent unies, aussi bien émotionnellement qu’intellectuellement ou au niveau des sens et de la perception. Ils peuvent se voir, se parler, visiter les lieux où se trouvent les autres, ou encore se partager des compétences de théâtre, arts martiaux, conduite ou chimie par exemple. Ce cluster qui s’est créé se retrouve au sein d’une lutte avec des grands méchants mystérieux qui veulent s’en emparer et/ou le détruire, tout n’est pas clair. Cette trame relativement simple pourrait largement tenir dans un bon gros film de SF blockbuster avec action, mystère, suspens et complotage à tous les niveaux. Oui mais voilà on a une série dont la première saison fait 12 épisodes. Et du coup c’est bien plus long. C’est là que la différence apparaît, que Sense8 dépasse ce statut de « petite série de SF au scénario intéressant mais sans plus ». Continuer la lecture

Hotel Transylvanie 2

387604Après un 1er opus fort sympathique (sans être un grand chef d’œuvre), Genndy Tartakovsky (oui, le monsieur de Dexter’s Lab, rhaaaa) nous revient avec Hotel Transylvanie 2 ; sur le principe habituel de la suite : on prend les mêmes et on recommence mais en décuplant les thèmes et situations du premier. Du coup on retrouve notre prince vampire Dracula qui tient toujours son hôtel pour monstres. Sauf qu’après avoir vu sa fille sortir avec un humain, l’endroit est devenu ouvert aux humains aussi, lieu de cohabitation qui a permis à tout le monde de savoir que les monstres existent, qu’ils ne sont pas méchants et qu’ils peuvent vivre comme tout le monde. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes? Il fallait du coup trouver le twist qui allait mettre du sel là-dedans… Il est double. D’une part Mavis et Jon vont être parents ; et en plus le père de Dracula, Vlad, s’avère être un horrible méchant vieux vampire très à l’ancienne complètement opposé à tout rapport avec les humains, hormis si ceux-ci servent de nourriture. Dracula va se retrouver à devoir garder son petit-fils pendant quelques jours, sans les parents. Comme le petit bout ne semble pas démontrer de réelles nature vampirique, le grand-père va tenter de provoquer l’apparition de celle-ci en le confrontant à tout ce qui fait sa nature de monstre, ceci avec l’aide de ses vieux amis la momie, le loup-garou, l’homme invisible, le monstre de Frankenstein et le blob. On va enchaîner les situations tordues et les délires, les rencontres imprévues et les situations rocambolesques, en avançant vers un final où le méchant Vlad va venir semer le trouble.

Rien de réellement transcendant dans le film, que ce soit dans le scénario ou les gags, la plupart des trucs sont convenus et connus. Mais sans être renversant, le tout s’avère drôle et sympathique. Le renversement de situation avec les monstres devenus gentils s’avère plutôt convaincant, même s’il ne révolutionne pas le genre (j’ai un petit faible pour le loup-garou qui donne des cours de tennis et chasse de nuit). Les personnages sont bien pensés, leurs interactions sympathiques et la modernisation de certaines créatures dans leurs rôles devenus pépères est assez bonne. L’animation est bonne, le film tient un bon rythme. Au final, on se retrouve devant le même genre de produit que le premier opus : divertissant et amusant mais sans plus. Les gamins s’éclatent plus que moi, je dois dire, on sent qu’il n’y a pas trop d’adultes dans le public-cible (ce n’est pas du Pixar quoi). Bon mais pas indispensable. Disons juste que ça change des films d’animation pour enfants plutôt mièvres avec de gentils héros au cœur pur. Même si la morale reste sauve et que tout le monde s’avère quand même gentil au bout du compte.

The Grey

the-greyThe Grey a été traduit en vf par « Le territoire des loups » et pour une fois la traduction d’un titre de film n’est pas complètement à côté de la plaque, saluons cet effort. Certes le titre en vo est plus surprenant, plus tordu, plus profond, alors que la vf est claire et basique. Mais bon ne nous attardons pas trop là-dessus, je cherchais juste une entrée en matière.

Dans ce film de Joe Carnahan, on va suivre les pas de Ottway qui bosse dans le grand nord comme tireur ; il surveille les hommes bossant pour une compagnie de pétrole et abat les animaux dangereux (les loups en particulier) qui viendraient trop près. Un rôle de prédateur solitaire en somme, une place qu’il s’est choisie après avoir perdu son épouse. L’équipe doit rejoindre Anchorage en avion mais celui-ci s’écrase en pleine nature. La brochette de survivants découvre rapidement qu’elle se trouve sur le territoire de chasse d’une meute de grands loups gris. Ottway prend le rôle de leader et va tout faire pour tenter de sauver ces hommes. Mais la nature est hostile. Le froid, la neige, le vent, le peu de nourriture, tout cela va compliquer la tâche. D’autant que les loups ne vont pas les lâcher, parfois à la limite de ce que l’on perçoit, funestes présences à peine décelables ; parfois très proches, voire beaucoup trop proches. A cela il faut ajouter que l’on a bien entendu un groupe de personnages aux caractères bien trempés, chacun avec sa personnalité et son passé parfois trouble parfois poignant. Chacun a sa faille, son recoin d’humanité, même s’ils sont tous perdus dans ce grand nord. Du coup les conflits au sein du groupe vont encore compliquer la tâche. La tension perpétuelle, la fuite en avant, la quasi transformation de ce groupes d’hommes en meute animale cherchant à se défendre, la pression de plus en plus accentuée de la nature, tout est mis en place pour faire comprendre que l’Humain a bien peu de chances de s’en survivre.

Le film repose sur son ambiance très forte. Le réalisateur nous dépeint une nature belle, prenante, qui est magnifiquement filmée avec des plans d’une réelle beauté. Mais une nature qui se révèle dure et un véritable obstacle à la survie. Cet environnement fait le film et permet de poser le décor. On se sent pris dans cette ambiance, dans ce froid et cette neige, dans ce vent, dans cette forêt oppressante. Rien ne nous est épargné. Et on sent bien dès lors la tension monter, le spectateur étant plongé au cœur du groupe de survivants. Liam Neeson mène ces hommes avec une très bonne interprétation du taciturne Ottway qui va se trouver une voie de rédemption, un moyen de retourner vers le reste de l’Humanité. Mais son destin va le rattraper pour un final qui laisse le spectateur en plein doute. L’homme contre la nature, c’est vraiment cela. Mais quand l’homme redevient animal, que se passe-t-il?