J’ai l’habitude de dire que Tarantino, on aime ou en déteste, rarement dans l’entre-deux. Le cinéaste déclenche des avis souvent très radicaux, et souvent à cause des mêmes points. Ce nouveau long-métrage reprenant la plupart des tics du réalisateur, ma phrase du dessus me semble toujours valable. Pour ma part, je fais partie de ceux qui aiment ce qu’il fait. Et The Hateful Eight (Les Huit Salopards en vf) ne fait pas exception. Après son très bon Django Unchained, Tarantino revient au western donc. Mais cette fois au lieu d’une quête faisant voyager à-travers pas mal de paysages, on a un quasi huis-clos tendu.
Ici on commence avec une diligence filant dans les terres enneigées. En plus du conducteur, deux passagers, un chasseur de primes bourru et sa prisonnière au tempérament bien trempé. En route, ils vont trouver deux voyageurs à pied qui vont intégrer le véhicule. Il faut dire que l’arrivée d’un énorme blizzard pousse un peu tout ce petit monde au cul pour aller se réfugier dans une bicoque connue pour être un havre de repos au milieu de la campagne. Là-bas, quatre personnes attendent. Bien évidemment, tout ne va pas être de tout repos. Entre un deuxième chasseur de primes, la prisonnière qui vaut plein de thunes sans que l’on sache vraiment ce qu’elle a fait, un sheriff fraîchement nommé, un anglais, un mexicain bourru, un ancien officier sudiste et un taciturne planqué dans un coin, on a là une galerie de personnages très intéressante. Ces gens ont tous leurs petits (ou gros) secrets qui vont se révéler explosifs une fois exposés. Il faut dire que les liens entre eux sont souvent plus forts qu’on aurait pu le croire au premier abord. Le tout va gentiment virer bien évidemment à un déchainement de violence qui donnera un climax bien sanglant. En dire plus serait spoiler les diverses révélations qui rythment le film. Continuer la lecture

L’autre jour j’avais des invités, on a décidé de se faire un petit jeu et du coup j’ai sorti une de mes nouveautés pas encore testées, à savoir Colt Express, le petit dernier de chez les Ludonautes. ce jeu de Christophe Raimbault est fait pour 2 à 6 joueurs (règles spéciales à 2 quand même), indiqué dès 10 ans (ça colle pas mal) et pour des parties d’une quarantaine de minutes.Il est joliment illustré par Jordi Valbuena dans un style un peu cartoon donnant le panache nécessaire à ce cadre de western très sympathique. Ici chaque joueur va prendre le contrôle d’un bandit se lançant dans le dévalisage de passagers de train avec fougue et passion, dans le but d’être le plus riche lorsque le train arrivera à la gare. Le tout utilise un système de programmation et de gestion de main vraiment bien foutu. A noter que j’y ai joué à seulement 3, et que le jeu me semble encore bien plus fun (et plus chaotique et bordélique) à plus de gens.
Enfin! Eh oui j’ai mis le temps à me pencher sur Django Unchained. La faute à tout plein de trucs mais bon là n’est pas le sujet. Et pourtant je suis assez fan de Tarantino et celui-là m’intéressait tout plein. Donc voilà, j’ai enfin pris le temps de regarder le western du monsieur. On y suit le Dr Shultz, ex-dentiste reconverti en chasseur de primes sans scrupules qui traque de vraies crapules ; pour ce faire il a besoin de Django, un esclave noir ; ce dernier n’a lui qu’un seul but, libérer sa femme elle aussi esclave. Le duo va traverser pas mal de paysages du nord au sud, laissant une belle quantité de cadavres dans leur sillage, développant une relation toute particulière, pour parvenir à leurs buts. Western, road-movie, buddy movie, film d’action, histoire d’amour ; comme à son habitude, Tarantino mélange les genres avec la vision du grand cinéphile qui a vu des milliards de mètres de pellicule. Comme à son habitude, il cite aussi à tours de bras les styles et place des références dans tous les sens. Comme à son habitude, il place l’essentiel de son film dans des dialogues aux petits oignons et dans des rencontres particulièrement tendues. Comme à son habitude, il nous met une brochette d’acteurs de qualité avec des personnages hauts en couleur. Bref, Tarantino fait son Tarantino, on aimera donc ou pas selon que l’on aime ou pas ce qu’il fait habituellement. Moi j’aime.