Alors que les troupeaux de vrais fous furieux ludiques sont revenus de la grande messe de Essen (un jour j’y serai aussi), moi je ne suis fait 2 sessions Ch’piil dans la même semaine (l’habituelle soirée de Malley et la fête du jeu de Crissier). Au final donc, quelques jeux dont je voulais vous causer…
Linq
Linq est un jeu où on a des espions et des contre-espions. Les espions ne savent pas qui ils sont et doivent retrouver leurs associés (il y a divers groupes de deux espions qui doivent s’associer), et le contre-espion doit les reconnaître. Pour ce que j’en ai compris, les règles qui nous ont été présentées sont une variante du jeu de base. Par contre, on notera que le thème des espions est purement accessoire et que la mécanique pourrait s’adapter sans autre ailleurs. Bref, on était cinq à table. On distribuait au hasard à chaque fois de couples de deux cartes avec le même mot sur chacun des deux, et une carte rien à voir. Un mot donc sur chaque carte. A ce stade personne ne sait s’il est espion ou contre-espion. On fait un tour de table où chacun dit un mot en lien avec celui écrit sur sa carte. Puis un deuxième tour de table. Ensuite, au décompte, chacun indique deux personnes à table ; si on pense être un espion, on se montre soi-même et son partenaire, alors que le contre-espion va indiquer un duo d’espions. Il s’agit en effet de deviner qui a sur ses cartes le même mot que nous pour les espions, à partir des deux tours effectués. Tout comme dans Dixit, il faut être précis mais pas trop ; trop flou, notre partenaire ne pourra pas nous reconnaître, mais trop précis il sera évident pour le contre-espion de voir avec qui je suis allié. Un jeu de déduction, de bluff, de réflexion, d’association d’idées. Pas un tout grand jeu, mais très sympathique. Un petit jeu agréable qui permet de passer un bon moment. Et certaines associations d’idées parfois bien tordues amènent une bonne part d’humour aussi.
Fiche Tric Trac
Et voilà, on y est. Enfin, presque. Mais pour moi l’essentiel est passé. Il reste en effet le second tour du Conseil des Etats, pour lequel je ne suis pas candidat ; et même si je reste un militant qui va faire son possible pour ses favoris, une certaine pression s’est enlevée de mes épaules. Du coup je me permets ici un petit débriefing de ces élections d’un point de vue personnel, aussi bien au niveau de l’expérience d’une campagne de cette envergure qu’à celui des résultats.
Une campagne fédérale donc… Depuis le 14 mai, jour de l’Assemblée Générale des Verts vaudois qui a élu ses candidats, le travail fourni a été remarquable. Et l’expérience a été réellement passionnante. Des réunions quasi-hebdomadaires, des rencontres, des discussions, des débats, des marchés,… Chargé mais prenant. Cela change quand même d’une campagne au niveau communal comme j’en avais l’habitude. D’autres sujets, d’autres attentes, d’autres thèmes. Et une pression plus grande. Cette présence sur le terrain a bien entendu eu un effet certain sur la vie de famille, même si je l’ai joué relativement light par rapport à d’autres co-listiers bien plus médiatiques et plus en vue. Mais c’était juste une période comme ça. En tout cas j’ai pu voir lors de rencontres avec la population aux stands sur le marché qu’il y avait de vraies attentes. Et même si pas mal de monde est désabusé par la politique, bien des gens viennent vers nous avec de vrais problèmes, de vraies questions, de vraies envies de réponses ; pas toujours facile d’accéder à toutes ces demandes, on ne peut pas maîtriser tous les sujets. En tout cas l’expérience reste très positive.
Les adaptations ciné d’œuvre à diverses ont une tendance à clairement séparer le public en deux. D’une part on a le cris outrés de ceux hurlant au scandale et à la trahison de l’Oeuvre, avec parfois des dérives dignes des ayatollahs les plus extrêmes (je pense par exemple au fameux djihad rouge tolkiéniste et sa position par rapport aux films de Peter Jackson). D’autre part on trouve des naïfs bienheureux ravis appréciant la transposition et la regardant béatement. En général le débat entre les deux groupes est sans fin et peut se terminer en guerre des tranchées meurtrière. Ce Tintin ne fera pas exception à la règle. Et moi je l’aime franchement bien, ce film.
Ben oui, malgré ses défauts, Le Secret de la licorne est un très bon film, divertissant à souhait, avec ce qu’il faut pour passer un bon moment. Il reprend de base les événements de la BD du même nom, en y ajoutant des éléments du Trésor de Rackham le Rouge et aussi une bonne part du Crabe aux pinces d’or pour la rencontre entre Tintin et Haddock. Le tout saupoudré d’éléments nouveaux, histoire de surprendre les blasés connaissant l’histoire par cœur ; ou pour ne pas spoiler la lecture des livres pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore. Et là déjà ça crie au scandale chez les plus fiers défenseurs de la tintinologie alors que justement ce mix est dynamique et créé une nouvelle histoire tout en gardant l’essentiel des bouquins cités. On navigue donc entre une enquête avec une ambiance de polar (tout le début) avant de passer à l’aventure plus pulp et à des scènes d’action assez énormes (la séquence de la poursuite dans Bagghar ou le combat de grues sont de très grands moments). Ou encore l’histoire de la Licorne mêlée aux événements actuels, avec des transitions magnifiques. Au final, un résultat très convaincant donc.
Après un premier épisode qui claquait vraiment bien, une suite qui a vu décliner la qualité de manière exponentielle, et un Saw VI (muhahaha) franchement bof, la saga Saw se termine avec un Saw 3D ; tout ça parce que les gars ont pas été capables d’avoir un titre superbe comme Saw 7 (muhahaha bis). Alors du coup non seulement on profite d’une franchise usée jusqu’à la toile et qui prend l’eau depuis un moment, mais aussi de la super passion moderne pour les films en 3D parce que ça fait bien. Moi je l’ai vu tranquille à la maison sans 3D, et je pense pas que cela aurait changé grand chose (il y a bien quelques plans qui semblent joliment faits pour, mais rien de bien transcendant non plus).
Saw 3D nous fait donc courir après le dernier héritier de Jigsaw, dont on connaît l’identité et qui est donc poursuivi par la police (alors qu’il est lui-même policier, désolé pour le spoiler si vous aviez pas vu les précédents opus). Le film est censé terminer la boucle et finir ce qui a été commencé. On a d’une part donc l’enquête de police pour mettre un terme à ces meurtres. D’autre part quelques crimes gores bien méchants sans grande utilité scénaristique. Et un « jeu » du tueur qui sert de fil rouge à un film bien décousu. Globalement, même pas trop besoin d’avoir vu les précédents pour comprendre puisque de nombreux flashbacks servent à situer les faits (combien de minutes de film sorties des anciennes pellicules?). Le scenario n’a rien de très affriolant et ne nous offre pas de claque semblable à celle du premier film. On clôt la saga comme on l’a faite évoluée. Avec une préférence pour le gore plutôt que l’angoisse. C’est toujours aussi méchant, dur, cruel, vicieux et sanglant. Les pièges sont toujours aussi monstrueux. Mais il y a en fait bien peu de tension, de suspens. Les personnages principaux sont éliminés histoire de clore le truc… Jusqu’au fameux et attendu twist final qui vous fait relire la saga sous un autre angle et donne une possibilité aux producteurs de reprendre la vache à lait pour donner encore une suite au bidule.
Au final donc, une bien belle déception que cette saga qui avait si bien commencé. je réitère mon conseil… Regardez le 1 et flippez bien. Le 2 et le 3 si vous êtes motivés. Mais ce sera tout, pas besoin d’aller plus loin.
Il y a très peu de temps, je vous faisais un petit billet avec mon avis sur la finance… J’aurais pu attendre et vous le faire maintenant. Parce que l’autre jour les Verts vaudois organisaient un fort intéressant débat intitulé « Vers une finance durable ». Et là, paf! L’illumination! La finance peut être éthique et bien pensée. Alors le regard sombre que je portais sur ce domaine il y a peu s’est éclairé. Certes de manière très relative parce que cela reste encore peu de choses par rapport à la finance mondiale. Mais sincèrement cela faisait plaisir de voir des gens du milieu avec une éthique et une vision à long terme, un côté très humain. Bref, une contradiction totale avec ce que j’en disais il y a peu.
Alors ce débat donc… Bien évidemment, les intervenant-e-s (aussi bien les Verts que les extérieurs) étaient du domaine de la finance. Donc il y a eu des passages où j’étais un peu dépassé et où j’ai découvert des mots que je savais pas que ça existait (genre la « titrisation »). Mais dans l’ensemble, ça a été très intéressant et j’ai découvert pas mal de choses. Notons aussi qu’il ne s’agissait pas d’un débat contradictoire du genre grand spectacle de ce qui se fait à la télé avec des forts en gueule, mais plutôt un truc argumenté de gens plus ou moins d’accord entre eux et expliquant/présentant cette vision de la finance. Parce que oui, à part les candidat-e-s verts, les intervenants sont de la Banque Alternative Suisse et de Sustainable Finance Geneva. Des personnes déjà acquises donc, et même très actives sur le sujet.
Je ne vais pas vous refaire la conférence. J’en serais bien incapable. Mais je vais ressortir quelques uns des éléments que j’ai retenus et qui me semblent très pertinents.
Après une saison 1 servant de véritable amuse-bouche, on entame le plat de résistance avec cette deuxième saison de 12 épisodes. Afin de ne pas perdre le spectateur, on reprend une brochette de mêmes personnages. Et on les déplace. Très rapidement, The Wire se montre moins comme une série policière que comme une série sociologique et urbaine. Ce petit bijou télévisuel se place comme une peinture de la ville de Baltimore, et généralement pas des beaux quartiers où tout va bien. La première saison nous avait montré le monde de la drogue, de sa distribution dans les quartiers, des junkies au pied des tours, des morts pour un oui ou pour un non, en brodant là-dessus l’histoire d’une bande de flics faisant son possible pour casser cela. La même bande de flics va cette fois se retrouver plantée sur un problème mêlant traite des blanches, proxénétisme, contrebande, recel, et encore et toujours la drogue. Et le spectateur de se retrouver plongé dans ce monde dur et froid, cynique. Le monde des dockers de Baltimore pour être plus précis (du moins en majorité, même si on retrouve nos amis de la bande de dealers de al saison 1 avec une galerie de personnages inoubliables). On y découvre la vie dure, celle où on se lève le matin en se demandant si on aura du travail, si on pourra payer son loyer, où on boit sans soif au bar du coin pour oublier ses soucis, où on ferme les yeux sur de petits trafics juste pour pouvoir mettre un peu de beurre dans les épinards, où on peut finir par mettre le doigt dans l’engrenage du crime organisé, de la drogue et des gangs, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Alors oui l’intrigue policière est toujours là, mais elle s’efface devant cette froide et dure peinture sociale qui donne toute sa profondeur à The Wire.
Bon ben moi je ne suis pas économiste, je ne suis pas financier, ce n’est vraiment pas mon domaine de prédilection. Et pourtant, plus le temps passe, plus je me dis que je devrais m’y mettre un peu. Parce que quand je vois l’impact sur notre vie de tous les jours, l’importance que cette discipline a pris, et bien cela devient nécessaire pour comprendre notre monde. Parce que finalement, aujourd’hui, seule la finance semble décider. Et pour moi il y a là un truc qui cloche. La finance, pour ce que j’en ai compris, c’est le purement immatériel, c’est jongler avec du virtuel, c’est une pure course au profit pour le seul profit (et quand je dis profit, c’est bien un profit purement monétaire, pas question de biens matériels tangibles, encore moins de profit social ou de bien-être). Alors oui je ne comprends pas. Comment a-t-on pu laisser aller notre monde à se retrouver guidé dans cette direction? C’est complètement irrationnel. Ne sommes-nous pas des êtres humains? L’humain ne devrait-il donc pas être au centre de nos préoccupations?
Après une première saison qui m’avait bien séduit, on a enchaîné avec la saison 2 de Lie to Me, la série du monsieur qui sait en un clignement d’œil si tu mens ou pas. En gros, on prend les mêmes et on recommence en essayant de relancer un peu les situations et de mettre de la nouveauté. Et des nouveautés y’en a des bienvenues et des franchement moins top. On reprend donc Cal Lightman et son équipe là où on les avait laissés. Toujours aussi doués pour lire sur le visage des autres comme dans un livre, ces gens vont se retrouver mêlés à différentes intrigues. La mise en route de leur collaboration avec le FBI sera une bonne raison pour les lancer sur différentes pistes et histoires avec des machins top secrets et tout. On distingue aussi deux syndromes surprenants : celui dit du « Jack Bauer » et celui du « McLane ». Le premier donne à notre personnage principal un statut de super-héros avec des pouvoirs au-delà du commun des mortels qui lui permettent de résoudre tous les problèmes que l’on peut lui soumettre. Le deuxième lui confère une aura de « pas de bol » assez phénoménale attirant sur lui et ses proches une série de problèmes et de dangers. Une fois ces deux éléments posés, on va se dire que les intrigues et scénarios n’ont plus grand chose de crédible, ni dans leurs tenants et aboutissants ni dans leur résolution. C’est du too much à chaque fois. Lightman est capable de tout, ajoutant à sa panoplie d’intellectuel une connaissance des armes à feu, de la baston et du milieu du crime. De plus, certains éléments de scénarios, des personnages par exemple, sont vraiment maladroitement amenés et font l’effet de cheveux sur la soupe ; je pense en particulier à l’arc concernant Clara qui n’apporte juste rien et se révèle plat.
Et voilà que s’achève la session parlementaire de l’automne 2011 à Berne. Bien entendu, je m’y suis intéressé un peu plus qu’à l’accoutumée, au vu de ma position de candidat. Et je souhaiterais revenir sur quelques sujets qui y ont été discutés, en bien comme en mal, des choses qui me font réagir…
Avions de combat
Je ne vais pas rajouter une couche sur ce sujet. J’avais déjà fortement réagi la semaine passée. Signalons juste que le GSSA, les Verts, le PS et d’autres veulent mettre en place une initiative contre cet achat.
Encore un courrier des lecteurs aujourd’hui dans le cadre de cette campagne pour les élections fédérales. Un courrier des lecteurs que je co-signe à nouveau avec ma co-listière Irina Krier. Je vous mets le texte ici :
Les jeunes femmes suisses ne sont que 26% à voter, un chiffre inquiétant. Comparons ceci à la campagne « Définissez le visage de la suisse » qui reflète la composition du Parlement : beaucoup d’hommes de plus de 50 ans, de classe sociale élevée. Certes, ils sont compétents pour comprendre et représenter les hommes de plus de 50 ans qui sont indépendants, ou chefs d’entreprise, membre de conseils d’administration,… et c’est tant mieux.
Mais comment peuvent-ils comprendre les soucis quotidiens d’une jeune mère de famille active, qui jongle entre garderie et travail, qui fait les courses en rentrant en bus avec une poussette, pour qui l’achat des fournitures scolaires est un passage obligé du mois d’août? Que l’on ne me dise pas que les jeunes étudiant-e-s à budget limité, qui remplissent CV sur CV à l’obtention de leur diplôme, que ceux/celles qui rentrent le soir pour s’occuper de leur famille après le travail et font la cuisine sont représenté-e-s par ces mêmes parlementaires. Ces jeunes hommes et femmes, pour qui les coûts de la santé, la garde des enfants, les transports publics, la recherche d’un logement sont les questions les plus importantes de leur vie, ne votent donc pas.
Pourtant, il y a des candidats qui vivent la même vie, qui ont les pieds dans la même réalité, des jeunes mères et pères de famille actifs, des étudiants, des apprentis, qui ne rentrent pas chez eux mettre les pieds sous la table et lire les cours de la bourse. A ceux qui se sentent exclus de représentation au Parlement : « voyez qui peut vous comprendre, qui peut défendre vos intérêts, votre avenir. Allez voter. Ne laissez pas ceux qui ne vous comprennent pas décider à votre place. »