Octogones 2026

Voilà, je sors de ma première virée à Octogônes… C’est quoi, me diront les quelques personnes qui passent par là et ne sont pas trop dans le domaine du jeu? Et bien juste l’une des plus grandes conventions de jeu de France. Très orientée jeux de rôles, il y a également une large place pour les jeux de plateau/cartes, mais aussi le GN, les figurines, même un petit coin jeux vidéo, et toute une série aussi de stands « de l’imaginaire » avec des artisans, librairies, éditeurs de romans, etc. Et bien c’était un week-end génial, et je compte y retourner.

Présentation

En préambule, comme c’est ma première fois, je ne pourrai pas comparer avec les autres éditions. Mais il faut savoir que c’est la première année que la convention se tient à Eurexpo, un mégacentre de congrès dans la banlieue lyonnaise, mais du coup décentré ; le lieu précédent était devenu trop étroit. Et du coup les organisateurs ont du changer les dates en fonction des disponibilités de l’endroit, puisque d’habitude ça se tenait en octobre plutôt (d’où le nom). Donc voilà, ça c’était pour l’intro.

A noter aussi que j’allais à Octogônes surtout en touriste pour jouer. Pas de présence donc sur des stands où il y aurait eu des jeux auxquels j’ai participé. Mais j’ai quand même dédicacé du Nightprowler à l’arrache, c’était rigolo. Donc pas mal de parties. Mais aussi pas mal de déambulations dans les allées, quelques papotages fort sympathiques, des découvertes très agréables, etc. Comme il faisait très beau et très chaud, les pauses repas vers les foodtrucks permettaient de refaire le stock de vitamine D. Et puis bon, toujours pareil avec ce genre d’événement, entre les trucs très jolis qui font envie, les auteurs qui dédicacent et qui font des supers présentations/parties, le fait de voir les beaux produits, etc, je ne suis pas revenu les mains vides.

Avant d’aller dans les détails, si je dois retenir un truc de cette convention, c’est l’ambiance tellement sympa, conviviale, généreuse, souriante. Vraiment des conditions au top. Et c’est ça en priorité qui me donne envie d’y retourner.

Alors à quoi que j’ai joué?

Et bien plusieurs très bonnes parties de jeux de rôles. A noter que certaines m’ont donné très envie d’acheter le jeu, d’autres mois. Mais que toutes étaient vraiment agréables, et que j’ai passé de très bons moments. Donc merci à toutes les joueuses et tous les joueurs avec qui j’ai partagé ces moments.

Empire

Première partie : Empire, le nouveau jeu en cours de financement pendant le salon (mais terminé maintenant) chez Antre-Monde (mais oui ceux qui ont fait des trucs comme Knight ou Les Chroniques de l’Etrange). Il s’agit d’une uchronie napoléonpunk où l’Empereur a gagné la fameuse bataille de Waterloo. Et en plus de ce changement de ligne historique, on a droit au développement de tout un tas de trucs surnaturels, avec des légendes qui prennent vie et des gens qui développent de mystérieux pouvoirs. Nos personnages sont justement des personnes dotées de pouvoirs étranges qu’elles ne comprennent pas bien et ne maîtrisent pas trop, et qui sont engagées dans une brigade spéciale par Vidocq pour enquêter sur cette vague surnaturelle et mieux la comprendre. Depuis le début du crowdfunding, je me tâtais, pas certain que cela allait me plaire, malgré le gage de qualité de l’éditeur et des visuels bluffants. Et puis j’ai joué. J’ai même eu la chance d’avoir comme MJ l’un des deux auteurs, Ghislain Masson. Et bien à peine sorti de la partie, j’ai craqué et j’ai pledgé le truc. L’ambiance est géniale, les mystères proposés semblent très intéressants à découvrir, et il semble y avoir de belles opportunités de jeu. La petite enquête que l’on a menée m’a vraiment tilté. Et puis il y a ce fait que les joueurs ne connaissent pas bien leurs pouvoirs, ne sont donc pas trop conscients de ce qu’ils peuvent réellement faire ou pas, donnant au MJ une bonne part de prise en main de l’histoire, du rythme des révélations, etc. Un jeu à missions qui propose des ambiances différentes pour les scénarios, et un joli petit lot de trucs à découvrir.

Et puis le système de jeu est très sympa, simple à prendre en main mais bien foutu avec une jolie idée de prise de risques ; en gros on prend une poignée de D6 à lancer en choisissant combien de dés, on additionne les résultats avec notre compétence dédiée, et il faut faire le plus haut possible. mais si il y a des doubles, leurs résultats sont soustraits au total. En sachant que l’on a une série de petites mécaniques pour retourner/relancer des dés. Ca le fait bien.

Horreur à Arkham – le jeu de rôles

Du Lovecraft/Cthulhu, on en mange à toutes les sauces, avec divers jeux et éditions, avec des ambiances très variées, à des époques et dans des contextes bien différents. Ici, Horreur à Arkham reprend donc le jeu de cartes à collectionner pour le transposer en jeu de rôle. Alors là autant la partie était très sympa et on a bien rigolé, autant c’est pas ma came comme jeu. Si le contexte est toujours agréable, je ne kiffe pas trop le côté « action ». On a ici un principe où l’innommable est bien décrit, avec même des figurines et tout, et devient visuel. Et en plus on peut assez facilement le flinguer, avec l’idée de résoudre les scénarios plutôt par l’action que par la réflexion et la perte de santé mentale. SI je veux jouer du poulpe plein d’action où on mitraille bien, je prendrais plutôt Achtung Cthulhu (qui se rapproche presque plus d’un Wolfenstein RPG, même si ce dernier est en préparation pour l’automne). Le système de jeu en particulier ne me plaît pas trop, déjà parce que dès que l’on passe en mode « action »; on sort les battlemaps avec cases où on compte bien la distance précise de déplacement possible et tout ; j’aime pas faire du jeu d’escarmouche quand je fais du jdr. Et puis le système avec sa réserve de dés qui fait que très rapidement je ne peux plus rien faire, même pas dégainer, parler, ou autre, je le trouve frustrant/bloquant.

Alors oui c’était une partie très sympa, je le répète (franchement j’ai bien ri avec ma bibliothécaire qui a sa petite sacoche de bouquins, dont le Necronomicon qu’elle a donc toujours sur elle). On était une bonne équipe et tout, on s’est bien défoulés à massacrer de la goule et du cultiste. Mais boarf non, la proposition de jeu n’est pas pour moi.

Etrange France

En France, de nos jours (enfin presque, plutôt 1989), le surnaturel existe. Les créatures mythiques, les légendes, la magie, toutes ces choses sont là. Nos personnages sont d’ailleurs dotés de capacités magiques, qu’ils soient des membres du peuple des faes, des sorciers, des tueuses à la Buffy ou autres. Et nous sommes engagés par l’agence de détectives Khole qui, en parallèle d’enquêtes plus classiques, se spécialise dans les trucs pas très naturels. Etrange France est donc un jeu de fantasy urbaine, un jeu à missions (avec l’agence) et un jeu d’enquête.

Le tout est très sympa, avec un système de jeu plaisant. En plus la partie était très agréable, avec tout ce qu’il faut d’action/tension/rire. Mais au final rien de suffisamment marquant pour me faire craquer. Quitte à faire de la fantasy urbaine, je partirais sur un système avec lequel j’ai plus l’habitude et tout. Dommage, d’autant que le MJ sur le stand était très sympa. Mais il manque quelque chose qui donnerait à Etrange France ce petit plus qui le démarquerait. Rien de mauvais non plus hein, mais voilà.

Café Noir

Café Noir est un petit jeu très très sympa qui cherche à émuler les films noirs, avec des protagonistes qui s’en prennent plein la gueule et très impliqués, un contexte assez dur, une enquête tordue, des salauds, etc. Et franchement c’était très très bien. Le scénario était bien tendu, et les pré-tirés super bien conçus pour leur implication dans l’histoire et leurs relations entre eux. On a ensuite un système de jeu très bien pensé, simple pour ne pas prendre le pas sur l’histoire et qui soutient bien le narratif (je retiens surtout la gestion des contacts dont je vais peut-être m’inspirer dans ExtReM_37, à voir).

Le scénario nous a emmené dans les années 80 à Marseille (dansons le Mia), ambiance garantie avec la pègre et les racailles parfois bien clichés ; mais bon, le noir repose aussi pas mal sur des clichés, donc ça tournait bien. J’étais un peu désolé de ne pas gérer aussi bien les accents que mes petits camarades de jeu. Mais la partie était vraiment incroyable, on était plongés dans le truc. J’ai aussi craqué sur le jeu, mais en version uniquement pdf pour celui-ci (faut bien laisser de la place sur les étagères).

Meute

J’ai aussi joué une super partie de Meute, un jeu de chez John Doe qui nous fait entrer dans un monde contemporain fantastique. On y incarne en fait deux personnages qui partagent le même corps, un Humain et un Loup, ce dernier étant un esprit assez ancien qui s’est incarné dans plusieurs personnes au cours du temps. Selon les situations, et de manière plus ou moins volontaire, ce sera la personnalité de l’un ou de l’autre qui prendra le dessus, avec la capacité de se transformer dans un sens ou dans l’autre. Le tout dans le Gévaudan contemporain, mais héritant bien évidemment de tout le passé chargé de la région. Le groupe de joueurs constitue aussi une meute qui créé des liens entre les joueurs et permet de l’entraide.

Et c’était très bien. J’ai même acheté le jeu du coup. Une partie prenante, bien rythmée. J’aime beaucoup le système qui permet, selon l’état, de jongler entre les capacités de l’Humain et du Loup. Et il y a aussi la mise en avant de la meute qui peut collaborer. Franchement c’était très bien et ça promet de bons moments. Et puis les joueurs à la table ont mis une super ambiance, la partie était vraiment top. Avec l’auteur comme MJ, ce qui est vraiment agréable.

ExtReM_37

Bon je n’étais pas là-bas que en touriste complet. J’y ai aussi fait jouer une partie d’ExtReM_37. Comme je le disais dans un précédent billet, j’ai remis l’ouvrage sur le métier du côté du système de jeu, en espérant cette fois arriver à quelque chose de mieux. Il fallait bien tester la bête. Merci aux joueurs d’avoir été présents, la partie était vraiment cool, avec des gens impliqués et de jolis plans foireux. Tout le monde semblait content.

Je suis sorti de là avec plein de trucs en tête que j’ai noté vite fait dans le train du retour. Reste maintenant un peu de boulot pour adapter ça. Mais la base n’est pas mauvaise du tout, ça tourne bien. Je suis assez content et bien motivé.

Reste la question d’une future édition. Si tu es éditeur de jeu de rôles et que tu as de la place dans ton planning, fais-moi signe…

Blood on the Clocktower

Et puis je n’ai pas fait que du jeu de rôles, j’ai aussi fait un jeu de société (même s’il a des aspects jeu de rôle quand même). Blood on the Clocktower est souvent présenté comme un Loups-Garous surboosté. Le truc me faisait envie et j’ai pledgé ces derniers temps la VF qui se prépare chez Open Sesame. En gros, on prend le principe de Loups-Garous et associés : les gentils qui doivent survivre et identifier les méchants, les méchants qui doivent tuer les gentils, le tout en rôles secrets, l’alternance jour/nuit avec un mort chaque nuit. Sauf que ici il n’y a pas de « simples villageois » ; chaque joueur a un rôle bien précis avec un pouvoir spécifique qui permet d’avantager les gentils ou de foutre le bordel. Quand on meure, on continue à jouer (on discute, on échange des infos, mais on n’a plus son pouvoir et on ne vote plus qu’une fois). Le camp des méchants est composé d’un démon et de ses sbires, en comptant que les gentils doivent exécuter le démon, lui-même étant seul la nuit à choisir ses victimes. On a aussi chaque jour des moments de discussion, mais pas seulement publiques ; on se déplace, on forme des petits groupes, on va à la pêche aux infos, on compare les résultats, on essaye de deviner les rôles de chacun, de voir qui ment ou pas, etc.

Et le résultat est assez fou. Une partie tellement prenante, avec un suspens jusqu’au bout. En tant que sbire du démon, j’ai participé à mener mon équipe à la victoire sans avoir été tellement suspecté. C’était du pur bonheur. Par contre je redoute l’organisation des parties quand j’aurai le jeu. Déjà il y a quand même un gros gros boulot de la part du Meneur lors de la répartition des rôles pour avoir une situation qui tourne. Et puis un gros boulot en cours de partie aussi pour suivre ce qui se passe et donner les infos adéquates pour maintenir la tension. Sans compter que l’explication des règles passe par la présentation de tous les rôles et dure donc facile 20 minutes, ce qui va perdre des joueurs. Mais le résultat est là, et pour celles et ceux qui aiment ce style de jeu, c’est vraiment l’éclate.

En conclusion

SI on ajoute à tout cela les divers papotages (Akae, Damien Coltice, Kerlaft le Rôliste, Doc Dandy, entre autres), je dois dire que j’ai eu un week-end chargé. Mais dont je ressors heureux. Mais fatigué. Mais content. I’ll be back.

Et hop, mon petit loot du week-end (pour CO, j’ai juste récupéré un pledge, je l’ai pas vraiment « acheté sur place ») :


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