La bête est revenue

Attention mon ami, je l’ai vue. Méfie-toi : la bête est revenue ! C’est une hydre au discours enjôleur Qui forge une nouvelle race d’oppresseurs. Y a nos libertés sous sa botte. Ami, ne lui ouvre pas ta porte.

"Sait-on pourquoi, un matin, Cette bête s'est réveillée Au milieu de pantins Qu'elle a tous émerveillés En proclamant partout, haut et fort : "Nous mettrons l'étranger dehors" Puis cette ogresse aguicheuse Fit des clones imitatifs. Leurs tirades insidieuses Convainquirent les naïfs Qu'en suivant leurs dictats xénophobes, On chasserait tous les microbes. Attention mon ami, je l'ai vue. Méfie-toi : la bête est revenue ! C'est une hydre au discours enjôleur Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs. Y a nos libertés sous sa botte. Ami, ne lui ouvre pas ta porte. D'où cette bête a surgi, Le ventre est encore fécond. Bertold Brecht nous l'a dit. Il connaissait la chanson. Celle-là même qu'Hitler a tant aimée, C'est la valse des croix gammées Car, pour gagner quelques voix Des nostalgiques de Pétain, C'est les juifs, encore une fois, Que ces dangereux aryens Brandiront comme un épouvantail Dans tous leurs sinistres éventails. Attention mon ami, je l'ai vue. Méfie-toi : la bête est revenue ! C'est une hydre au discours enjôleur Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs. Y a nos libertés sous sa botte. Ami, ne lui ouvre pas ta porte. N'écoutez plus, braves gens, Ce fléau du genre humain, L'aboiement écœurant De cette bête à chagrin Instillant par ces chants de sirène La xénophobie et la haine. Laissons le soin aux lessives De laver plus blanc que blanc. Les couleurs enjolivent L'univers si différent. Refusons d'entrer dans cette ronde Qui promet le meilleur des mondes. Attention mon ami, je l'ai vue. Méfie-toi : la bête est revenue ! C'est une hydre au discours enjôleur Dont les cent mille bouches crachent le malheur. Y a nos libertés sous sa botte. Ami, ne lui ouvre pas ta porte. Car, vois-tu, petit, je l'ai vue, La bête. La bête est revenue."

Ca c’était Pierre Perret qui l’a écrit en 1998. Que d’actualité. Sarko en président du grand pays d’a côté là, ça me fait peur. Méchamment peur. J’en ai déjà causé, je vais pas m’étendre, trop pas content…

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