Blocher out

Voilà, pour une fois l’élection du Conseil Fédéral a été pimentée…

Alors que tout le monde s’attendait à une ré-élection du Conseil Fédéral in corpore sans trop de vagues, le paysage politique suisse a été aujourd’hui sous le coup d’un gros changement. Nous vions donc M. Blocher, membre (et ancien président) de l’UDC (Union Démocratique du Centre), notre extrême-droite populiste à nous. Tribun de haut vol, il s’était fait remarqué plus d’une fois par sa conviction à rompre la collégialité à laquelle notre pays est si attaché. Ses différents coups portés aux fondements de la démocratie, de la politique réfléchie, mais aussi du simple sens de l’humanité l’ont régulièrement mis sous le feu des projecteurs… et il s’y est brûlé les ailes. Aujourd’hui le Parlement ne l’a pas ré-élu, il a été évincé au profit d’une autre UDC, nettement plus modérée, qui ne fréquentait pas vraiment le devant de l’arêne médiatique. C’est une victoire contre une personnalité qui dérange, contre un magnat de l’industrie chimique beau parleur qui a crû pouvoir faire de la politique spectacle au détriment de vrais débats d’idées. Il a été lourdement sanctionné. A noter que l’aspect intelligent de cette espèce de fronde a été d’élire à sa place une autre représentante UDC afin de pouvoir justifier de ne pas égratigner la concordance ni la représentativité des partis ; à ce sujet, l’UDC, plus important parti de Suisse aux dernières élections nationales, garde deux représentants au gouvernement. Je n’aime pas leurs idées, l’UDC et moi on n’a pas grand chose en commun. Mais là au moins on a des personnes avec lesquelles la discussion est possible. Le camouflet est infligé à M. Blocher qui ne constitue pas pour moi une personnalité de gouvernement. Il y a 4 ans, lorsqu’il avait été élu, beaucoup pensaient qu’en étant dans le collège gouvernementale, l’un des « sept sages », il aurait une capacité de nuisance moindre, qu’il serait muselé par les autres et par la rège de la collégialité. Nous en avons payé le prix en ayant pendant tout ce temps un homme irrespectueux de nombreux principes de notre pays et finalement irrespectueux des droits de l’homme même, tant certaines de ses attaques me semblent inhumaines. Maintenant Blocher va repartir dans l’opposition, s’agiter comme un épouvantail, combattre ses moulins à vent. Oui, il reste dangereux. Quand on professe de telles idées, quand on a un parti qui se résume à suivre une personne, cela me paraît passer sur une pente dangereuse. Je n’en reviens pas de la force de ce populisme qui réussit à faire croire que des solutions simplistes suffisent à résoudre des problèmes extrêmement complexes…
En résumé, la journée était globalement bonne. Cela faisait longtemps que je n’était pas très fier d’être suisse dans nos élections/votations. Aujourd’hui je reprends confiance en nos institutions et nos gouvernants.

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