Apostle

L’annonce de ce film, avec sa bande-annonce, son thème et son réalisateur, m’avait bien fait envie. Du coup je l’ai regardé.

1905, on va suivre les pas d’un homme qui se rend sur une île loin de tout sur les pas de sa sœur disparue. Celle-ci serait captive d’une secte menée par un gourou aux tendances dictatoriales maniaque du contrôle. Très vite, le héros va se rendre compte que les comportements étranges des membres de cette communauté sont liés à autre chose que les simples demandes du chef, l’île recelant un mystère bien plus obscur. Mais au final se posera la question de savoir d’où vient le mal qui habite ces lieux : présent à l’origine ou amené par des hommes prêts à tout?

Quand je dis que le réalisateur m’a titillé, c’est qu’il s’agit de Gareth Evans (derrière la caméra des deux bombes The Raid et The Raid 2 et aussi de Merantau). Lors des quelques scènes d’action brutales, on retrouve sa maîtrise du truc, mais celles-ci ne sont pas le centre du film. On est plutôt dans la construction d’une ambiance sordide, dans la découverte de mystères malsains, dans un film qui prend le temps de se construire et ne plonge pas dans une action effrénée. Le cinéaste signe encore une fois le scénario de son film ; mais il cherche ici à construire quelque chose de plus complexe. Et c’est là que le bât blesse un peu. Cette (toute relative) complexité est finalement mal explicitée au cours du film. S’il y a des choses que l’on peut bien comprendre, même que l’on voit venir, d’autres restent floues, trop floues jusqu’au bout. Ce n’est finalement pas si dérangeant car on peut se faire ses propres théories, mais je m’attendais à quelque chose de plus brut, de plus simple, de plus carré. Par contre, la mise en place de l’ambiance est très réussie. On plonge dans cette communauté coupée du monde aux mœurs parfois étranges. On est vraiment pris dedans. Les costumes et les décors participent à fond à l’immersion. Il y a un vrai choix des couleurs, des teintes, une photographie qui pose bien l’ambiance.

Devant la caméra, il y a une jolie prestation de Dan Stevens, empêtré dans cette sordide affaire, avec un passé lourd qui le poursuit, et de Michael Sheen en gourou control freak. Je note aussi Mark Lewis Jones (Star Wars,…) et Kristine Froseth. Pas mal de monde un peu plus fade par contre, dommage. La petite communauté aurait été l’occasion de développer une brochette de personnages hauts en couleurs.

Au final, j’ai passé un bon moment, même si ce n’est pas exactement ce à quoi je m’attendais. De la bande-annonce, je m’attendais à plus d’action, plus de violence, plus de gore. Au final on est surtout dans une excellente ambiance sordide. Et un contexte super bien décrit. On va de révélation en révélation au fur et à mesure que le héros découvre cette île et ses sombres secrets. Et c’est franchement pas mal du tout.


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