La trilogie Detective Dee

Le juge Di ou Ti ou Dee, selon les traductions, est un personnage historique de la Chine ancienne (7ème siècle). Reconnu comme un enquêteur hors normes, il a été le héros de romans policiers chinois (dès le XVIIIe siècle), puis occidentaux (dès les années 1950), passant aussi à l’écran (petit et grand) parfois. Mais c’est cette série de films qui a marqué, nous plongeant dans un contexte mélangeant réalité historique et mythologie, sur trois films aux intrigues bien tordues. Une dose de Sherlock Holmes, un peu de mysticisme, des magouilles et des manipulations, de l’enquête, de la baston en version arts martiaux, voilà le programme de cette trilogie fort sympathique.

Pour les trois films (en 2010, 2013 et 2018), on retrouve derrière la caméra le Hong-kongais Tsui Hark, spécialiste des films de sabre Wu Xia Pian et d’action, parfois poussant loin la violence et la provoc (mais pas ici). Il est habitué à retranscrire à l’écran des histoires traditionnelles chinoises, et à faire sauter/voler dans tous les sens des combattants avec beaucoup de sens esthétique, et ça se ressent ici encore. Il mêle de magnifiques plans aux très belles couleurs et des scènes d’action complètement folles, poursuites, combats et autres acrobaties délirantes (avec l’aide de Sammo Hung pour la chorégraphie). On regrettera que les effets spéciaux piquent parfois un peu les yeux, mais la magie opère malgré tout. Par contre, j’aime beaucoup que la toile de fond historique soit juste (j’ai été vérifier cette histoire de seule femme impératrice de l’histoire de la Chine, par exemple).

A noter que le premier film (Le Mystère de la Flamme Fantôme) se passe plusieurs années après les autres ; si le personnage de Dee est déjà bien établi dès le début du premier, les deux autres films reviennent sur ses débuts, son arrivée à la capitale, etc. D’ailleurs, le 2 (La Légende du Dragon des Mers) et le 3 (La Légende des Rois Célestes) se suivent à peu d’intervalle. Du coup on se retrouve avec deux acteurs pour interpréter Dee, Andy Lau dans le premier et Mark Chao par la suite. Tous deux posent un personnage assez particulier ; très intelligent, aussi bon enquêteur que combattant, avec un réseau de contacts et d’indics incroyable, doté de nombreux talents, il a un petit côté Sherlock Holmes (« je m’y connais en tout et les autres ont l’air bête à côté de moi ») sans l’aspect asocial complet. Autour de lui gravitent des personnages parfois assez hauts en couleurs, même s’ils sont parfois victimes du syndrome de l’occidental qui regarde un film oriental (« ils se ressemblent tous »).

Avec ces trois films, on a droit à du vrai grand spectacle. D’immenses décors assez dingues, des costumes à foison, de l’action complètement folle, tout est fait pour en mettre plein les yeux au spectateur. Si on ajoute des scénarios plutôt bien construits (parfois même un peu tortueux), on obtient une trilogie très agréable et un divertissement de qualité. J’ai franchement bien aimé.

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