Mémoires d’un détective à vapeur

J’ai continué ma lecture des Saisons de l’Etrange avec du steampunk. Ce bouquin nous place dans un monde bien décalé, avec un Empire anglo-russe reprenant un calendrier thibétain qui les place en l’an 3’000, alors que le monde en est à une époque victorienne, le tout nimbé d’une aura mystérieuse de technologie surprenante : zeppelins, automates, modifications corporelles, influence sur la météo, nombreuses sont les inventions qui donnent à ce monde une ambiance bien particulière. Le mélange d’histoire inventée et d’éléments réels, la rencontre de personnages historiques, les références, tout y est pour créer un monde à la fois facile à appréhender car proche du nôtre, et pourtant si différent. Dans ce contexte, on va suivre les traces de Bodichiev, un détective anglo-russe qui aide la police à résoudre d’incroyables affaires, au long de 6 enquêtes déroutantes. Le livre est présenté comme une archive des écrits de l’assistant du détective, réunis par son petit-fils, lui-même crédité comme auteur du livre ; tout cela totalement fictif donc.

Au cours de ces enquêtes, le lecteur va plonger dans un monde regorgeant de surprises, au cœur d’inventions toutes plus folles les unes que les autres, dans une spirale de personnages divers et au sein d’affaires liées à une géopolitique étonnante. Le tout est super bien ficelé et se tient très bien. Le monde décrit est crédible, solide, et on sent un énorme travail de l’auteur en ce sens. C’est assez fou d’ailleurs. J’ai beaucoup apprécié ces descriptions et explications qui donnent du corps au monde dans lequel évolue Bodichiev.

J’ai par contre plus de peine avec les intrigues en elles-mêmes. Déjà Bodichiev, le personnage principal, naviguant quelque part entre Holmes et Poirot (tous deux évoqués à plusieurs reprises d’ailleurs), n’a rien de vraiment attachant. Et toute une série de personnages gravitant autour de lui font tout autant cliché, comme repris d’autres œuvres. Quant à la résolution des enquêtes, et bien impossible en général d’avancer dedans en tant que lecteur, on ne découvre les choses qu’au fur et à mesure que les éléments sont révélés par Bodichiev. N’ayant pas les indices en main, ne connaissant pas les technologies qui expliquent certaines choses, impossible de tenter de résoudre l’intrigue dans sa tête, ce qui est un peu frustrant pour une histoire de détective. J’aime lire ce genre de bouquin en essayant de résoudre l’enquête, de trouver le criminel, son mobile, mais là il n’y a pas d’éléments permettant de le faire.

Au final, un livre qui tient par son contexte, passionnant à découvrir au fil des pages pour celles et ceux que cela intéresse. Mais si vous cherchez vraiment des nouvelles de détective, des enquêtes à suivre, ce n’est pas vraiment le bon bouquin. Un peu dommage… J’en ressors donc mitigé.

Petite note au passage, des aventures courtes d’un détective avec du steampunk autour, oui il y a un peu de mes nouvelles d’Aldevère Fangcieux (à retrouver dans Les Demoiselles Perdues et Le Convoi sur la page Téléchargements de ce site). Bon, OK, chez moi Valcène c’est un univers de fantasy avec du steampunk dedans (un peu comme dans Thief ou Dishonored) et pas une uchronie comme ici, entre autres nombreuses différences. Ouais non en fait pas grand chose d’autre en commun 😉

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