Bumblebee

Sauf erreur, on a eu droit à déjà 5 incursions des robots géants d’Hasbro qui se transforment en tout et n’importe quoi, une première en 2007, puis en 2009, puis des suites que j’ai vues par petits bouts dans les années suivantes ; et franchement c’est parti dans le grand n’importe quoi, du genre foutage de gueule avec licenciement immédiat de toute personne pouvant prétendre au titre de scénariste. Mais toujours avec du grand spectacle, puisque l’on a quand même Michael Bay aux commandes à chaque fois. Du coup je ne me sentais guère emballé par ce spin-off/prequel reprenant l’arrivée sur Terre du premier autobot et des quelques decepticons qui lui courent après ; mais je lui ai quand même dédié un moment car plusieurs personnes m’en ont parlé en bien. Un scénario tout con donc où Bumblebee tout seul arrive sur la Terre qu’il est censé protéger car elle servira de base de repli aux autobots qui se font castagner sur leur planète d’origine. Il va se retrouver face à l’armée qui n’y comprend rien, à des méchants manipulateurs decepticons, et surtout aura une alliée en la personne d’une charmante jeune humaine de 18 ans qui veut une voiture pour son anniversaire, même que la fille est super douée en mécanique et que du coup ça tombe trop bien pour remettre Bumblebee en fonction.

Alors ouais OK, le film est rempli de « oh ben ça alors quelle surprise », avec d’énormes trous scénaristiques et des coïncidences à en pleurer. Aucune surprise, aucun retournement de situation, aucun twist ou petit truc fun qui viendrait jeter du piment dans la recette du parfait blockbuster pour jeune public. Parce que oui ce film est assez familial, genre « oh une héroïne ayant perdu un parent dans une famille recomposée difficile, qui ne se sent pas à sa place à l’école et tout et tout ». Ce qui m’a le plus plu dans ce film? Le positionnement dans les années 80 avec du coup une bande-son qui me fait plaisir.

Grande nouveauté dans la saga, Bay n’est plus qu’au rang de producteur (en compagnie de Spielberg, dont l’influence teen-movie 80’s se fait sentir) et laisse la caméra à Travis Knight qui signe son premier long-métrage en prises de vues réelles (même si une bonne partie sont quand même des CGI) ; à signaler que le monsieur est derrière le très bon Kubo et l’armure magique. Dès lors on peut se dire qu’il a du talent, qu’il a de bonnes idées, qu’il sait mettre des trucs en images, mais qu’ici il a été contraint par un format très carré et limité de blockbuster. Parce que certes il y a quelques jolis plans, certes on a des bastons bien foutues, mais grosso modo ça reste très standardisé et classique ; rien de bien novateur dans le coin.

Devant la caméra, là aussi rien de bien marquant. La jeune/gentille/jolie héroïne formatée est interprétée par Hailee Steinfeld ; dommage de lui donner un rôle aussi fade et plat car l’actrice semble avoir pas mal de talent et a tourné avec du gros calibre (True Grit, La Stratégie Ender,…) A ses côtés, notons la présence du catcheur John Cena au charisme lamentable et à la prestation molle, aussi plate que son personnage. Les autres ne sont pas en reste, avec des rôles cliché et sans grand intérêt, avec des prestations de Jorge Lendeborg Jr, Pamela Adlon, Stephen Schneider ou John Ortiz (Kong : Skull Island, The Cloverfield Paradox,…). Il n’y a un peu que Jason Drucker qui m’a fait lever un sourcil d’intérêt.

Un film très formaté donc pour la case blockbuster pour ados… ou plus jeunes aussi. Ma fille s’est éclatée et a vraiment bien plongé dedans. Pour ma part, je l’ai certes trouvé mieux que la plupart des films Transformers d’avant, mais ça ne place pas la barre super haut. Il a un petit côté cool, détaché, et puis cette ambiance 80’s. On a par moments l’impression d’une ébauche de ce qu’aurait pu faire Spielberg en petite forme, dans sa catégorie divertissement (il aurait juste nettement développé/travaillé les personnages). C’est pas mauvais ni affligeant, c’est juste fade en fait.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.