Aquaman

Donc DC tente de son côté de se construire un univers cinématographique comme l’a fait Marvel. On ne reviendra pas sur l’échec de la tentative, malgré quelques films sympas et d’autres très décevants, mais bon ils ont fait le choix de faire un film d’équipe (Justice League) avant d’avoir bien introduit les personnages, genre ce Aquaman qui n’a droit à son origin story que maintenant alors qu’on l’a déjà vu dans Justice League (et un clin d’œil rapide dans Batman V Superman).

Ici on a donc Arthur qui naît des amours interdits d’une atlante et d’un humain. Doté de pouvoirs hors du commun, il vit à la surface mais fait de temps en temps sa petite action héroïque, tandis que sous la surface Atlantide est sous le joug de son demi-frère qui veut s’en prendre aux vilains méchants pas beaux humains de la surface justement. Lien entre les deux mondes, notre Aquaman devra assumer son héritage, effectuer son voyage initiatique pour se révéler et remettre ainsi les choses en place pour réclamer le trône qui lui est dû.

Bon, alors soyons très clairs, le film est un pur gros blockbuster à grand spectacle et au scénario extrêmement léger, avec des personnages caricaturaux. Regarder ce film revient à enchaîner les « oh ben ça alors » et « ah, ben quelle surprise ». Alors il n’est pas fondamentalement catastrophique comme d’autres, mais il ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Il se laisse voir comme un grand spectacle où on voit venir les choses à des kilomètres. On aurait pu attendre un truc un peu plus créatif de la part de James Wan (Saw, Insidious, Conjuring,…) mais il a été visiblement mis dans le moule des grosse productions super-héroïques puisque tous les poncifs du genre sont présents. Alors bon le type sait bien faire son boulot, je dis pas, mais on sent le film de commande ultra-calibré. On y trouve ce qu’il faut d’action, de « révélations », de « retournements de situation », de romance, d’émotion, de « suspens », avec une gradation et une évolution de l’histoire ultra-classique mais qui fonctionne (tant qu’on n’en attend pas davantage). Il y a quelques jolis plans et des scènes assez épiques qui en jettent, certains passages bien réussis, dont quelques plans-séquences qui ont de la gueule. Et puis on a aussi une bonne dose d’humour, certes pas super poussé, assez convenu comme tout le reste, mais bienvenu et permettant au film de prétendre ne pas se prendre trop au sérieux.

Devant la caméra, des acteurs qui sont lé pour faire le job sans faire d’éclats ou sans sortir du carcan imposé. A commencer par Jason Momoa (Conan, Game of Thrones, Alerte à Malibu,…) qui en fait des caisses entre son physique avantageux, son charisme certain et sa grande gueule ; une version assez sympathique du personnage et une prestation agréable (franchement je verrais bien ce type continuer dans la comédie d’action qui se prend pas au sérieux). A ses côtés on notera Amber Heard (Machete Kills,…) en princesse aux cheveux flamboyants donnant l’impression d’être puissante et badass mais qui a quand même besoin de l’homme fort et qui laisse ce dernier sur le devant de la scène, Willem Dafoe (Platoon, eXistenZ, Spider-Man, John Wick, Seven Sisters,…) en conseiller-mentor, Patrick Wilson (Watchmen, Conjuring, Bone Tomahawk,…) en méchant de service à l’ego surdimensionné, Nicole Kidman (Les Autres, La Boussole d’Or,…) en mère protectrice et femme amoureuse (et aussi dans le rôle du « oh ben ça alors on s’y attendait pas »), Dolph Lundgren (Rocky, Expendables,…) dans un rôle pas que bourrin, Yahya Abdul-Mateen II en méchant de service, ou encore Temuera Morrison (L’Âme des Guerriers, Star Wars II-III,…) en père et mari aimant. Des personnages formatés et clichés ne permettant pas vraiment de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Un gros blockbuster avec de jolies images et de l’action, une dose d’humour, et voilà. Contrat rempli, pour peu qu’on n’en attende rien de plus. Parce que vraiment il n’y a pas grand chose d’autre. J’aurais bien aimé une histoire un peu moins convenue, un peu de surprise, moins de trucs super-téléphonés et de fusils de Tchekov format Grosse Bertha. Mais bon, il y a eu bien pire ces dernières années… Et puis il y a ce côté écologique qui passe toujours bien.

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