Love, Death and Robots – saison 01

Quand deux réalisateurs aussi barrés que David Fincher (Alien 3, Seven, The Game, Fight Club, Benjamin Button, The Social Network, Gone Girl,…) et Tim Miller (Deadpool,…) se lancent dans la production d’une série complètement déjantée, le résultat ne peut être que décalé. Chacun des 28 épisodes de la saison est réalisé par une équipe différente, généralement en animation (mais parfois en live action), et n’a comme fil rouge que d’être lié à au moins un des trois thème présents dans le titre : l’amour, la mort, les robots. Et une courte durée (moins de 20 minutes). Ah oui il y a aussi le fait que les réalisateurs ont carte blanche et peuvent se lâcher, du coup on a une série très adulte, où nudité, violence, sexe, gore, transformations bizarres sont montrés sans retenue, et où les thèmes traités sont parfois très complexes et durs. Une série qui ne plaira pas à tout le monde, autant par son fond donc que par son approche esthétique avec des mises en scène très variées.

Bien que tous adultes, les épisodes ont des tonalités et des contenus très divers. Visuellement déjà où l’on passe de graphismes très cartoonesques (Three Robots, Suits, Sucker of Souls, The Dump, Fish Night, Zima Blue, Blindspot), voire super gentillets (When the Yogurt Took Over, Alternate Histories), partant parfois dans un style d’anime japonais (Good Hunting), à des rendus ultra-réalistes remplis de détails précis (Beyond the Aquila Rift, Shape Shifters, The Secret War, Helping Hand, Lucky 13). Ceci sans compter les quelques épisodes filmés en live (Ice Age), dont certains sont traités avec des ajouts graphiques pour faire un mix étrange (The Witness). Parfois très coloré, parfois très sombre, parfois très dynamique, parfois lent, mais toujours très créatif, voilà ce que l’on peut retenir. Avec des styles aussi divers, on sait que tout ne plaira pas à tout le monde, c’est un choix artistique appréciable et courageux, d’autant que certaines esthétiques sont réellement particulières.

Si l’ensemble est de très bonne facture, il est clair que tous les épisodes ne se valent pas. Des histoires plus ou moins bien conçues, plus ou moins complexes, des thèmes plus ou moins bien traités (sans parler de l’aspect visuel comme ci-dessus), des personnages plus ou moins attachants. Difficile d’être 100% convaincu par tous les épisodes, même si je n’ai jamais été complètement déçu. Je regrette juste que, par moments, on a l’impression d’ajouts de violence et/ou sexe juste pour justifier la classification 18+. Il y a aussi le fait que beaucoup d’histoires (mais pas toutes) ne tombent pas dans le cliché du happy end. Et puis on est dans des histoires courtes, qui restent donc focalisées sur des événements précis à chaque fois, n’expliquant pas le contexte et l’univers, et on plonge donc à chaque fois dans un univers différent qu’il faut assimiler. On navigue entre hard SF, space-opera, cyberpunk, pulp, occulte contemporain, fantastique, épouvante, différents genres qui se mêlent au sein d’une même série.

Dans l’ensemble, je me suis bien éclaté. Parfois c’était juste plaisant, mais il y a aussi de très très bons moments. J’ai bien aimé le côté cyberpunk et le design des monstres de Sonnie’s Edge, l’humour noir de Three Robots, la boucle de The Witness, les mechs de Suits, le côté pulp de Sucker of Souls, l’ironie mordante de When the Yogurt Took Over, le côté très sourd et malsain de Beyond The Aquila Rift, le mix manga/steampunk de Good Hunting, le vieux de The Dump, l’ambiance générale de Shape-Shifters, le choix cornélien de Helping Hand, l’onirisme de Fish Night, le vaisseau de Lucky 13, la critique de l’art contemporain de Zima Blue, les constructions cyberpunk de Blindspot, la part écologique et sociale de Ice Age, le côté barré de Alternate Histories, ou encore la résistance farouche de Secret Wars (comme un goût de Dernier Vodianoi), Il y a toujours quelque chose d’intéressant dans chaque épisode, et ça c’est bien. En tout cas, je relève la créativité incroyable que démontre cette série.

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