La quadrilogie Alien

Avant tout, je dis que oui, je parle de quadrilogie, parce que je considère les 4 films ; certains, tout comme pour Indiana Jones, Die Hard, ou Star Wars, prétendent que tout s’arrête après les 3 premiers… Ce n’est pas mon cas. Ceci étant dit, passons aux choses sérieuses.

C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je viens de me refaire les 4 films de la série Alien, parce que il faut bien dire que l’annonce de Prometheus me donne salement envie. Et puis parce que, pour les premiers, je ne les avais pas encore vus avec un son qui vaut la peine, genre home cinema en 5.1 qui les brise aux voisins. Et bien, c’est toujours aussi efficace. Chacun de ces films a son style, son ambiance, ses particularités, ses avantages et inconvénients. Mais on se retrouve dans une continuité, une évolution du truc. Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter ce qu’est cette saga Alien ; si vous ne connaissez pas, jetez-vous dessus, c’est un véritable monument de SF et de trouillomètre. Je vais juste donner un peu mon avis suite à ce nouveau visionnement de la quadrilogie. On notera que ces aliens ont été utilisés à toutes les sauces, des comics, des jeux vidéos (j’ai un souvenir d’un jeu sur mon Commodore déjà, et j’attends le Colonial Marines à venir avec impatience), des films autres (tel le navrant Alien VS Predator), etc. Mais c’est ici qu’ils trouvent leur raison d’être.

Alien, le 8ème passager

Le premier. Un must. Une réussite sur tous les plans. En 1979, Ridley Scott a réussi à scotcher tout le monde avec un film qui fait peur. Vraiment. Et ce avec les bouts de ficelle de l’époque. Finalement on voit assez peu le monstre, juste ce qu’il faut pour apprécier à sa juste valeur le travail génial de Giger. Ce huis-clos étouffant, cette créature surpuissante qui dévore tout ce qui passe, son animalité, la manière atroce qu’elle a de se reproduire, les tentatives désespérées des humains pour s’en débarrasser, un groupe de gens juste pas taillés pour le combat, etc. Une recette magique (qui refera fureur dans The Thing de Carpenter 3 ans après), une recette efficace qui arrive encore aujourd’hui, alors que j’ai vu ce film un bon gros nombre de fois, à me river devant l’écran et à me tendre comme un élastique. Résultat garanti. Un must!

Aliens, le retour

J’ai longtemps décrié ce deuxième film comme étant un bête film d’action, un truc de baston là où Alien était un truc angoissant au possible. Plus le temps et les visionnements avancent, plus je révise mon jugement. Cette suite est en fait une franche réussite elle aussi. Certes, rien qu’au titre, avec ce petit « s » ajouté, on sent qu’on ne va pas tourner dans le même genre que le premier. Et la présence de Cameron derrière la caméra le confirme, car monsieur est quand même très orienté action. Mais ce film est rempli d’effets grandioses qui ont leur dose de flippe particulièrement réussie. Le détecteur de mouvement et son bruit qui vous met les nerfs à fleur de peau, la scène de l’infirmerie, le coup des caméras embarquées (found footage avant l’heure, alors que Blair Witch ou [Rec] n’étaient même pas imaginés), la reine qui pond ses œufs. Rhaa, que du bonheur en fait. Plus dur, plus violent, plus orienté action que le premier, ce film reste néanmoins super angoissant et nerveux, tendu comme il faut.

Alien3

Celui-ci, je me souviens de l’avoir vu au cinéma (je me rappelle même dans quelle salle). Ici c’est David Fincher aux commandes, un type que j’apprécie beaucoup aussi (Seven, The Game, Benjamin Button, ou The Social Network par exemple). On sent qu’il y a cette idée d’ajouter aussi ses idées à la saga et de compléter le mythe de l’alien ; la bestiole peut passer par d’autres espèces, et se reproduit en prenant certaines caractéristiques de son hôte. L’idée de la planète prison avec ces hommes en pleine crise mystique est très bonne, le décor est vraiment sympa, une espèce de trip post-apo bien glauque. Les scènes en fish-eye sont aussi une bonne réussite. Les morts qui s’accumulent, la tension, le destin terrible et annoncé de Ripley, le compte-à-rebours de l’arrivée de la navette, tout un tas de choses qui gardent une ambiance sordide et dure, dans le ton de la saga. La tension est toujours là, mais moins quand même. Une réussite qui reste cependant un cran en-dessous des précédents.

Alien, la résurrection

Ce quatrième épisode est un peu too much, et très souvent décrié. En fait, je trouve qu’il a pas mal de bonnes idées. Mais pourquoi Ripley? Enfin, je veux dire, on parle de la saga Alien, c’est la bestiole qui compte ; certes, Ripley a toujours été là, mais le flambeau peut être transmis. Son retour est trop capillotracté, trop tordu, trop artificiel. Surtout avec son côté surhumain. Ne pas la prendre aurait aussi permis de se débarrasser du personnage de Winona Rider qui casse un peu tout. Alors que tout le reste est composé de méchants sordides et malsains, et d’une brochette de mercenaires-pirates de l’espace pas regardants ; et on a cette petiote gentillette qui pense à son prochain. Boarf. Le film aurait beaucoup gagné. Et il a ses moments de réussite, comme la tentative superbement ratée de dressage d’aliens ou le passsage sous l’eau par exemple. Il a aussi une bonne esthétique (on reconnaît évidemment la patte de Jeunet qui reprend ses acteurs fétiches Pinon et Perlman). Je n’ai pas aimé non plus la version finale de l’alien. Se passer des œufs et s’humaniser à ce point par cross-over génétique, ça ne tient pas la route et on s’éloigne trop de ce qui fait la bestiole : son mode de reproduction et sa complète inhumanité. Dommage, car il y aurait eu de quoi faire quelque chose de bien (et franchement j’aime bien l’équipage du Betty).

 

 

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