Rampant

Le cinéma coréen se porte assez bien (Palme d’Or toute fraîche pour le réalisateur d’Okja) et j’avais déjà pu voir qu’ils se débrouillent pas mal dans les histoires de zombies avec le Dernier train pour Busan. Avec Rampant on a droit à une histoire de corruption et de révolution politique dans la Corée médiévale, avec une bonne dose de zombies par-dessus, et franchement c’était pas mal du tout.

On est en pleine période médiévale en Corée donc, qui a l’époque est le royaume Joseon, inféodé aux chinois du royaume Quing. Le roi de Joseon a deux fils, un héritier sur place et un cadet qui est otage en Quing. Le roi découvre une machination destinée à le destituer. Au milieu de ces jeux politiques, le fils cadet revient et découvre que le pays est sous la menace de monstres sanguinaires, sauvages, qui transforment leurs victimes en nouveaux monstres ; des zombies quoi. Il va devoir lutter non seulement pour empêcher la chute du trône, mais aussi pour sauver son peuple de la terrible menace de ces créatures.

Pour une fois que le film de zombies n’est pas dans le contemporain, mais dans l’historique, ne boudons pas notre plaisir. On mélange ici film en costumes, arts martiaux et sales bestioles dans une ambiance très agréable. Je n’y connais rien à l’histoire de la Corée, et je n’ai aucune idée de la dose de réalisme qu’il y a au niveau « reconstitution de l’époque », mais une chose est sûre : on y plonge bien. Les costumes, les décors, tout semble bien pensé, réfléchi, et on sent en tout cas la volonté de nous mettre dans une autre époque. Et ce d’autant plus pour nous autres occidentaux qui y trouverons beaucoup d’exotisme. Franchement la mise en scène est très bien pensée, et on a vraiment de beaux moments et des plans très réussis. Seong-Hoon Kim réussit à faire passer de très bonnes scènes de combats épiques, mêlant arts martiaux impressionnants mais aussi hordes en furie qui déferlent. Il pose aussi une très bonne ambiance de siège avec la menace des créatures. Le gore est aussi bien rendu lors des attaques ; ici la transformation en zombies change les yeux et les dents des victimes, en plus du comportement, et franchement ils ont un look qui claque. On notera que la transformation prend un temps très variable, ce qui permet de passer un personnage en zombie au moment opportun pour la narration et l’aspect dramaturgique, pour que cela intervienne au meilleur moment ; un artifice un peu gros mais qui offre du coup des scènes bien pensées. Par contre, on notera un point noir : comment un méchant censé être aussi malin et intelligent a pu imaginer concevoir ce plan pour prendre le pouvoir? Faire reposer une révolution sur une invasion de zombies! Alors certes je crois n’avoir encore jamais vu cette idée, et ça fait du bien de voir du neuf ; mais franchement le plan en soi est foireux vu que par définition c’est le genre d’épidémie et de monstre totalement incontrôlable.

Au niveau des personnages, on a devant nous une fournée de clichés. Même si on est dans l’exotisme asiatique, le fond des personnages est classique et transposable un peu partout. Le vieux roi bien posé sur son trône qui ne veut rien entendre. Le général manipulateur cherchant le pouvoir et prêt à tout. Le jeune prince fougueux plus motivé par les femmes et la boisson que par le pouvoir mais qui finit par accepter son devoir. Le combattant rebelle super sympa. Le sidekick maladroit du héros qui joue la caution comique du film. Etc. L’avantage c’est qu’on n’a pas besoin de passer des plombes sur la psychologie des personnages. Mais du coup on se retrouve avec un certain manque de profondeur. En même temps, on n’est pas là pour du film d’auteur introspectif, on est là pour que ça tatanne sévère. Et de ce point de vue-là, les acteurs s’en sortent très bien. A commencer par le héros incarné par Hyun Bin qui envoie des coups d’épée et de pieds dans tous les sens avec classe. Face à lui, le principal méchant c’est Jang Dong-gun qui passe d’un manipulateur en coulisse sans aucune morale dans la première partie à un adversaire impressionnant avec un vrai look qui claque dans la seconde. Globalement, les acteurs s’en sortent très bien et donnent de bonnes interprétations ; j’ai juste eu un peu de peine avec Man-Sik jeong, sidekick comique du héros qui en fait un peu trop et cabotine dans son côté humoristique, ça ne colle pas avec l’ambiance générale.

Un bon film de genre, mêlant donc très habilement arts martiaux et zombies dans un cadre historique. Le tout donne une jolie réussite visuelle et des ambiances bien posées. Il y a des choix visuels très forts. Le film est très violent, et c’est bien sanglant, très loin d’être tout public. On regrettera les personnages un peu trop clichés et un plan du grand méchant qui sonne foireux à la base, mais cela n’enlève pas ses qualités à ce film très agréable.

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