Archives de catégorie : BDs

Seuls

Il m’aura fallu attendre la lecture des 10 tomes de la série Seuls parus à ce jour pour me décider à vous en parler ; je voulais être certain de ce que je voulais en dire. Ces 10 tomes sont séparés en divers cycles qui forment à chaque fois un arc scénaristique et apportent leur pierre à l’édifice ; les 5 1ers tomes pour le 1er cycle, les 4 suivants pour le 2eme, et on annonce les 5 suivants pour le 3eme (donc le 10eme ouvre ce cycle) et un 4eme et dernier cycle de 4 tomes.

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A History of Violence

a-history-of-violence-comics-volume-1-reedition-33923Ah ben ça faisait un moment qu’il traînait sur mes étagères celui-là… au point que j’avais presque oublié qu’il était là. Mais bon je l’ai enfin dépoussiéré pour m’y atteler, et j’ai vite regretté de ne pas l’avoir fait plus tôt. Il s’agit d’un roman graphique assez conséquent (pas loin de 300 pages) au style très sombre et dans une ambiance de polar/thriller avec pas mal de violence. Il a été écrit par John Wagner, co-créateur de Judge Dredd (rien que ça), et dessiné par Vince Locke.

Ce bouquin nous présente le paisible commerçant Tom McKenna dans ce petit bled des Etats-Unis. Un jour, il se défend contre deux braqueurs armés qui y laissent leur peau, et devient un héros national. les médias ne le lâchent plus et il est pris comme modèle, son visage est exhibé dans tout le pays. Ce qui ramène de vieux démons à la surface puisque des gens pas très sympathiques viennent le chercher en le prenant pour quelqu’un d’autre. Mais est-ce vraiment une erreur? Tom est-il réellement qui il prétend être? Le lecteur va être entraîné à suivre cette histoire, jouant en parallèle sur deux époques : la jeunesse de Tom et certaines conneries, et l’époque actuelle où il va falloir assumer tout cela et trouver un moyen de s’en sortir, lui et surtout sa famille. Et tout cela ne va pas être de tout repos.

Le fond est sombre, dur, violent, méchant, mais la forme ne l’est pas moins. Le style graphique est tranché, haché, tout en traits. Le côté monochorme colle très bien à l’histoire et le fond et la forme sont ici vraiment en adéquation. Les scènes d’action, avec toute la violence qui leur est propre, sont vraiment bien posées, et le tout est super dynamique, super fluide. C’est vraiment un très bon bouquin que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire… à voir si l’adaptation ciné vaut la peine.

Batman – année un

41mmxontalDans la lignée des comics Batman « qu’il faut avoir lu », j’avais beaucoup apprécié The Dark Knight Returns et Killing Joke. Je prends les choses chronologiquement à l’envers puisque The Dark Knight Returns est sur un vieux Batman usé et que celui-ci, Année Un, nous narre les débuts du Chevalier Noir. Des débuts dont Christopher Nolan s’est pas mal inspiré pour son Batman Begins d’ailleurs. On suit donc le retour de Bruce Wayne à Gotham, l’enfant prodigue milliardaire qui revient au nid. Et sa transformation en gardien de la ville, l’homme chauve-souris, le caped crusader, le chevalier noir. Sa ville est gangrénée par les criminels, corrompue, et il prendra sur lui de changer tout cela, de devenir le symbole d’une lutte contre le mal. De même, le jeune Jim Gordon débarque à Gotham aussi, intégrant la police. Et lui aussi découvre l’âme corrompue de la ville, se rendant compte que seules des mesures extrêmes permettront de lutter contre ce mal profondément enraciné. Et du coup, oui, l’histoire est assez sombre, dure, on ne rigole guère ici. Mais on y découvre une origin story assez intéressante sur la naissance de Batman, au-delà du trop connu meurtre des parents de Bruce quand il était jeune. On travaille ici sur ses motivations, son état d’esprit. Le tout sur 12 mois, d’où le titre.

Le scénario de Frank Miller est solide, tendu, prenant. Il donne une vraie personnalité aux protagonistes, du fond, de la réflexion, quelque chose de solide. Normal, vu l’auteur. Mais pour cet album, il ne s’est pas lancé dans l’illustration. Il a préféré faire appel à David Mazzucchelli dont le style est vraiment très bon. Dynamique, clair, précis, il pose une très bonne ambiance pour cette histoire de qualité.

Une très bonne lecture donc, encore une fois.

The Killing Joke

KillingjokeParmi les comics souvent cités au panthéon et qu’il faut avoir lus, il y a ce fameux Killing Joke qui m’avait échappé. Ecrit par môssieur Alan Moore à la demande du dessinateur Brian Bolland qui a mis le tout en images, cette courte histoire de notre cher Batman le confronte encore une fois au Joker qui s’est encore une fois échappé d’Arkham. Mais dans quel but cette fois? Cela fait des années que Batman poursuit le Joker et les deux hommes ont un lien tout particulier qui les unit, mais difficilement définissable, et surtout on ne peut imaginer un happy end dans ce contexte. Le Joker et sa volonté de chaos, de rendre le monde fou, Batman et sa pugnacité, sa férocité ; la rencontre ne pourra être qu’explosive et c’est après un duel acharné que les deux créateurs nous offrent un final terrible.

Ce roman graphique court est un one-shot, il ne s’insère pas dans une story-line officielle autre de Batman. Il propose une origine au Joker, il propose une manière de résoudre le conflit éternel entre les deux adversaires, il fait souffrir ses personnages. C’est d’ailleurs du dur, avec des éléments très adultes dedans.

Une bonne histoire, de belles images (j’ai lu la version recolorisée par Bolland, qui était déçu de la colo originale pas de lui), des dialogues très fins (j’ai lu la vf et c’est très bien fait), un fond solide, un duel homérique entre deux personnages emblématiques. Miam, quoi, c’est assez le bonheur. Et cette fin…! Après The Dark Knight Returns, ce comics me fait vraiment apprécier encore plus le personnage de Batman et ce qui gravite autour de lui.