Iron Sky

J’ai eu la chance de pouvoir récemment visionner Iron Sky… Mais oui, le film au pitch absolument transcendant qui buzze sur le Net depuis quelques mois déjà… En 1945, des nazis se replient pour monter une base sur la face cachée de la Lune ; se croyant repérés suite à une mission terrienne de 2018, ils reviennent sur notre planète en soucoupes volantes avec la ferme intention de la conquérir.

Eh oui, là c’est bien clair que ce film sent la série B et le nanard. Et bien déjà ce n’est pas un nanard ; pas au sens de « marrant sans le faire exprès » ou du « ratage involontaire ». Ici, le côté kitsch et délirant et grand n’importe quoi de l’ensemble est complètement assumé et même voulu. On est dans un grand pétage de plombs halluciné. ce film a fait pas mal parler de lui, ses auteurs créant le buzz pour pousser à sa diffusion en salles alors qu’il a quand même tout du direct-to-DVD. A noter que c’est un film finlandais (et qu’au passage a Finlande a un rôle tout particulier à l’ONU dans ce film), et on sent bien qu’on n’est pas dans l’hollywoodien standard. On est quelque part entre la SF, le film humoristique, le film d’action, le film catastrophe et le film avec des réflexions sociales (eh oui, carrément)…

La SF, ben oui avec des vaisseaux, une base lunaire, du combat spatial, des armes délirantes. J’irais même jusqu’à dire qu’il y a un joli côté steampunk avec la technologie nazie complètement décalée, ayant progressé de son côté sans contact avec la Terre.  j’aime beaucoup le scientifique nazi expliquant au terrien ce qu’est un ordinateur alors que ce dernier vient de présenter son smartphone. Les vaisseaux en forme de zeppelins sont aussi un grand moment.

Le film humoristique… Ouais ce film est drôle, blindé de gags à divers degrés. Références diverses, piques multiples et autres délires. Des situations totalement improbables, à commencer par le fait que, bien évidemment, l’astronaute rencontrant les nazis devait être noir. Il y a de quoi bien se marrer.

Film d’action… Eh oui, pas mal de bastons, aussi bien au contact qu’en mitraillant allègrement, et même des combats spatiaux complètement délirants. Poursuites et autres viennent rythmer ce film où on s’ennuie peu.

Film catastrophe parce que la Terre (enfin, surtout New-York) s’en prend plein la gueule. Destructions d’immeubles et tout ce qui va avec une invasion spatiale. La ville ne souffre pas autant que dans Avengers, mais les dégâts sont quand même impressionnants, la première victime étant l’un des plus grands symboles des USA.

Réflexions sociales. Ben ouais, derrière ce vernis délirant et d’action, Iron Sky se permet même de mettre en avant quelques piques sociales, quelques attaques sur notre monde. La présidente américaine clone de Sarah Palin est à faire peur, avec un sens des priorités terrifiant, et dont la plus proche conseillère est une spécialiste en communication (loin devant un général, y compris en temps de guerre). Le fonctionnement de l’ONU. La main-mise sur les ressources naturelles. Et ce final, dur et méchant, pas du tout dans le happy end, qui laisse en suspens une note amère quand à la vision de l’avenir qu’ont les créateurs du film.

Le tout est soutenu par des acteurs qui déconnent et s’amusent bien, plutôt crédibles dans l’ensemble. Les effets spéciaux ne sont certes pas au niveau des mega-productions mais bien au-delà de ce que l’on trouve en général dans des films de ce calibre ; ils sont même sympathiques. La musique aussi, avec pas mal de Wagner pour soutenir les nazis comme souvent. Au final, Iron Sky n’est certes pas un grand film, pas un monument, mais un très très bon divertissement complètement barré, loin des blockbusters et avec de réelles très bonnes idées dedans.

4 réflexions sur « Iron Sky »

  1. Me réjouis d’aller le voir. Mais au fait la Finlande c’est pas ce pays scandinave qui était allié au régime nazi il y a 60 ans (un peu forcé par l’URSS d’accord)

  2. Je l’ai vu à Berlin il y a 2 mois et j’ai adoré! C’est complètement barré et beaucoup plus profond que ce qu’on pourrait croire.
    Petite correction pour ton article : C’est une coproduction Allemagne, Finlande et Australie.

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