Sovok

sovok-de-cedric-ferrand-1022779148_LOn continue dans les lectures de copinages rôlistique avec ce roman de Cédric Ferrand, déjà auteur du très bon Wastburg. On retrouve ici divers élments de son roman précédent et pourtant on est aussi dans tout autre chose. Exit la fantasy et bienvenue dans le roman d’anticipation, une SF crédible dans un futur pas si lointain. Nous sommes à Moscou, et ici la vie est dure pour presque tout le monde, les combines diverses plus ou moins illégales permettant aux gens de survivre dans un contexte politique flou et troublé plein de corruption. Ici les ambulances des compagnies privées volent (plus ou moins bien) pour se porter au secours des gens et les amener à l’hôpital au besoin ; les urgentistes sont face à la misère sociale et humaine, mais tentent de faire leur buerre là-dedans car eux aussi doivent payer leurs factures. Manya et Vinkendi sont un duo d’urgentistes travaillant ensemble depuis des années lorsque leur patron leur met dans les pattes le jeune Mehoudar qui a débarqué en ville récemment. D’intervention en intervention, le trio va nous faire découvrir ce Moscou futuriste et inventé mais crédible, nous laissant voir entre les urgences médicales les fils de diverses intrigues politiques et économiques en toile de fond.

En dehors donc du setting complètement différent, Sovok reprend de nombreux éléments de Wastburg. D’abord on est dans le sale, le dur, dans une vie difficile et tendue, dans la corruption, le mensonge et les sales coups. On y suit des « petites gens »; pas des personnalités importantes. On entre aussi complètement dans un univers vivant et solide. Les descriptions nous posent super bien l’ambiance et le tout devient vite très visuel (il faut dire que la couverture très réussie aide bien aussi). On est happé dans cette version de Moscou et on s’y croit. L’utilisation de termes locaux et de yiddish (Mehoudar étant d’origine juive) donne un gros plus à l’ambiance et on se sent vraiment dedans ; le tout sans qu’il soit difficile de comprendre ces termes. Leur utilisation est crédible et me semble juste pour ceux que je connais.

Par contre, comme dans Wastburg, autant j’ai adoré me plonger dans cette Moscou, autant je me suis vu arpenter les rues aux côtés des urgentistes de Blijni, autant l’intrigue en elle-même tombe quelque peu à plat.  A quelques reprises, on se dit qu’il va vraiment se passer quelque chose, mais finalement ce n’est pas grand chose. Nos personnages se heurtent bien à un événement de grande ampleur mais ce n’est que par hasard et ils perdent vite tout contrôle dessus. Il s’agit juste de personnages par lesquels on voit le monde, ils ne sont pas les héros de l’intrigue car ne faisant finalement pas grand-chose ; enfin si ils font plein de petites choses, ils agissent beaucoup, mais pas au niveau d’une grande intrigue, d’un arc scénaristique général ; la situation globale se déroule autour d’eux et on la lit par leurs yeux, mais c’est tout.

Alors oui j’ai beaucoup aimé lire ce bouquin, j’ai vraiment été pris dedans, mais je reste malgré tout sur ma faim, il manque un je ne sais quoi qui ferait vraiment décoller le truc. Cédric a une capacité à construire des mondes et à nous plonger dedans, à nous faire aimer ses personnages, mais il manque quelque chose au niveau des intrigues ; pour le moment, j’attends la suite de ses écrits avec impatience.

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