Wastburg

Un peu de copinage ne faisant pas de mal, j’ai acheté le bouquin Wastburg écrit par un auteur francophone de jdr, et bloggeur invétéré, j’ai nommé Cédric Ferrand. Pas seulement par bonne âme pour le soutenir, mais aussi parce que ça avait l’air bien… Et en vrai ben c’est bien. Oui j’ai beaucoup aimé lire Wastburg.

Watsburg c’est une ville, une cité-franche coincée sur un bras de fleuve entre deux États que presque tout oppose. Wastburg est placée dans un univers médiéval-fantastique très low-fantasy ; la magie a disparu depuis pas mal d’année, genre complètement asséchée qu’il n’est plus possible de lancer le moindre sort. Elle vit sous la coup d’un burgmaester placé au sommet d’un système pyramidal très précis et clair, où chaque étage a ses tâches bien définies. Le livre va nous entraîner aux différents étages de la pyramide, en s’accrochant à chaque chapitre à un représentant différent du monde de la garde. Du gamin tire-laine qui joue à l’indic aux grands pontes en passant par les gardes de base et les plus ou moins gradés, chaque niveau est représenté par un personnage qui devient, l’espace d’un chapitre, notre point de vue sur la ville. Les divers fils suivis par ces personnages vont petit-à-petit se rejoindre pour former une pelote d’un tout liant qui va créer une histoire. Le tout dans une ambiance sombre et dure, Watsburg étant une ville remplie de sales coups et de trahisons diverses, de mensonges, une ville dure et cruelle, un lieu où il ne fait pas bon vivre.

Ce qui fait tout le charme de ce livre, c’est la profondeur de l’univers. A commencer par la langue,un argot chargé rempli de termes souvent abscons. Mais l’auteur a le mérite de les rendre facilement compréhensibles par un contexte qui montre bien les choses. Aussi, même si je ne connaissais pas nombre de ces termes, je n’ai pas été à un seul moment perdu. Ce vocabulaire d’ailleurs cru rend le tout très humain et on se sent proches de ces personnages, du coup la lecture se fait aisément et rapidement parce que l’on veut voir avancer les choses et où l’auteur veut nous emmener. Et puis il y a toutes ces anecdotes, ces histoires, ces références, ces coutumes expliquées. L’univers est vivant, solide, profond, crédible. On sent l’auteur de jdr créateur de mondes qui veut rendre son truc prêt à être visité et découvert. Tous les sujets de la vie courante des habitants de la ville sont abordés, et on se retrouve complètement immergé dans Wastburg. C’est un vrai bonheur.

Au fur et à mesure de l’avancement des chapitres, on commence à faire des liens entre ce que vit chaque personnage, à retrouver des concordances, des éléments communs, On se retrouve à essayer de démêler les nœuds de ce qui semble se présenter comme un bon gros complot avec une intrigue très solide. Malheureusement, et c’est là ma déception, je ne trouve pas, mais alors pas du tout, la fin à la hauteur. Il y a bien un twist qui tente de relancer la machine, de donner le petit plus nécessaire à une conclusion solide, mais non, cela n’a pas passé. Autant j’ai pris un plaisir fou tout au long de l’ouvrage, autant la fin ne m’a fait ni chaud ni  froid. Je ne la trouve pas à la hauteur du reste du bouquin qui est vraiment un très bon morceau de fantasy. Ouais ça tombe un peu à plat après ce que l’on a vécu dans les chapitres précédents, très prenants.

Malgré cela, malgré cette fin un peu dommage, je conseille la lecture du livre. pour sa riche. Pour son world-building, pour la profondeur de cette ville décrite dans tous les sens, Wastburg devenant plus que le lieu de l’action, plutôt un véritable protagoniste vivant et présent en permanence. Un très bon premier roman qui va je l’espère trouver des suites sous la plume de son auteur. Et n’oubliez pas de visiter le site de Wastburg, où vous pouvez lire le début du bouquin pour vous faire envie.

4 réflexions au sujet de « Wastburg »

  1. De rien…
    Et désolé si j’ai aussi relevé ce que j’ai moins aimé dans le livre, cette critique n’est pas qu’une éloge (si jamais, je te donne mes coordonnées bancaires et on verra pour changer le texte)…

    Mais j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à le lire.

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