Rogue One – A Star Wars Story

rogueone_onesheetaCa ne surprendra pas grand monde, je suis allé voir le Star Wars nouveau. Avec de grandes attentes. Et je me suis éclaté.

Bon, juste pour re-situer le truc, mais attention ça va aller vite et si vous ne connaissez pas Star Wars (oui oui j’en connais) faudra vous accrocher ; en sachant que ce film-ci peut se voir sans avoir vu tout le reste. La première trilogie Star Wars relatait la manière dont les rebelles mettaient un terme à l’hégémonie du méchant Empire galactique ; c’était la première trilogie mais les épisodes 4, 5 et 6. La deuxième trilogie racontait la naissance de cet Empire et l’émergence de ses principaux dirigeants, et donc se déroulait avant la deuxième, donc les épisodes 1, 2 et 3. L’année passée est sorti le premier épisode d’une troisième trilogie, soit l’épisode 7, racontant comment des nostalgiques du méchant Empire souhaitaient remettre le tout en route ; on aura la suite en 2017 et 2019. Cette année est sorti Rogue One, le film dont je vais vous parler, qui n’est pas dans une trilogie et s’imbrique au reste de l’univers Star Wars tout en racontant une histoire à part (d’où le titre complet « Rogue One – A Star Wars Story », ces derniers mots allant probablement se retrouver dans les titres des prochains films stand alone de la franchise prévus en 2018 et 2020). Celle-ci se déroule entre les épisodes 3 et 4 (juste avant le 4 en fait) et se base sur un événement décrit dans les premières secondes du premier film Star Wars sorti, ce dernier étant en fait le cinquième dans l’ordre chronologique tout en étant l’épisode 4.

Dans Rogue One, on découvre un Empire galactique cruel et s’étendant de plus en plus sur la galaxie tout en mettant au tapis le Sénat, dernier relent d’une République aujourd’hui disparue. Afin de soumettre les peuples de la galaxie osant lui faire front, l’Empire construit une arme redoutable, le genre de dissuasion et au besoin de destruction massive. L’alliance rebelle cherchant à défendre les peuples opprimés et à restaurer une société de liberté face à l’Empire fasciste est bien mal partie. Jusqu’à ce qu’elle découvre que les plans de cette arme peuvent être dérobés et utilisés pour s’en débarrasser. Un commando va se lancer dans cette mission difficile mais dont l’issue pourra changer le visage de la galaxie. Si on connaît un tant soit peu Star Wars, et ce n’est pas un trop grand spoiler, on sait qu’ils vont pouvoir voler les plans en question et que leur utilisation contre l’arme en question sera le sujet de l’épisode 4. Tout l’intérêt du film ne va pas donc tant tenir dans le « vont-ils y arriver? » mais plutôt dans le « comment vont-ils y arriver? »

Bon ben voilà, je ne suis pas objectif pour vous parler de ce film parce que je suis assez über-fan de Star Wars depuis un très gros paquet d’années (j’avais le 33 tours du Retour du Jedi qui me faisait donc tout le son du film et qui a tourné en boucle chez moi) ; alors oui on trouvera toujours bien plus fan que moi mais faisons simple : j’aime Star Wars. De grandes aventures épiques, des personnages charismatiques, des batailles spatiales, des mystères, des trahisons, des actes héroïques, des extra-terrestres, c’est que du bonheur. Du rêve plein les yeux depuis que je suis gosse quoi. Et c’est là que je trouve ce Rogue One bluffant. Il a fait renaître en moi la petite touche enfantine qui s’envolait avec Luke, Leia et Han au cours de la trilogie originelle. Alors certes je suis plutôt bon public ; contrairement à pas mal de monde j’avais même trouvé la deuxième trilogie (la fameuse prélogie) fort sympathique. Avec ses défauts certes, dont certains enlevaient une touche de merveilleux à l’univers Star Wars (bon sang, ces putains de midichloriens m’ont quand même fait mal au sac, et je ne parle pas des moments mièvres de la romance à deux balles d’Anakin), mais ces trois films avaient aussi leurs bons côtés. J’avais franchement bien aimé l’année passée l’épisode 7 qui faisait revivre la licence avec peut-être le défaut de ne pas savoir suffisamment tracer sa voir et s’écarter des codes de l’épisode 4. Avec Rogue One, j’ai bien plus pris mon pied que sur la prélogie ou l’épisode 7. Oui je me suis éclaté, je l’admets. Alors certes le film a ses défauts, dont certains raccourcis scénaristiques gênants quand même et des comportements/réactions franchement douteux. Mais on passe assez vite dessus lorsque l’on se trouve embarqués dans cette tentative désespérée de sauver la galaxie. Je dois dire que des combats spatiaux avec X-Wing et destroyers impériaux sur grand écran me font un effet terrible. Eh oui. Et puis on retrouve les thèmes chers à Star Wars, tels que la destruction du fascisme, la relations parents-enfants tourmentées, les choix/contraintes moraux, le sens du sacrifice, la découverte de soi et de ses ressources les plus profondes… Et puis il y a tout ce petit fan-service qui fait plaisir. Comme dit plus haut, on peut comprendre le film sans avoir vu toute la saga, c’est certain, mais en même temps il y a plein de références disséminées, des décors, des objets, des répliques, des personnages, qui font plaisir aux fans.

A la caméra, on trouve Môssieur Gareth Edwards, qui avait fait très fort avec son Monsters (film pratiquement cité dans Rogue One, avec ce AT-AT sortant de la fumée et de la brume) avant de redonner quelques lettres de noblesse à Godzilla ; malgré quelques défauts notables, ce dernier film avait permis à son réalisateur de se faire les mains sur un blockbuster. Et le voici propulsé à la tête d’un film d’une des plus grosses sagas de l’histoire du cinéma. Excellent choix puisque Edwards réunit sa maîtrise des personnages et de leurs relations ainsi que l’inventivité incroyable dont il avait fait preuve dans son premier long-métrage, avec sa prise en main efficace des scènes d’action de grande ampleur vue dans le deuxième. On a ici une aventure où la petite histoire de personnes seules, bien identifiées, influence sur des événements d’ampleur titanesque, donnant au tout une dimension très forte. Le tout est très bien mis en image, avec des scènes réussies, ce qu’il faut d’émotion pour que l’on s’attache aux personnages, et la bonne dose d’action. Le tout sous la musique toujours aussi prenante de John Williams, fidèle au rendez-vous.

Devant la caméra, le mélange de nouvelles têtes et d’acteurs bien établis donne un résultat de qualité. Felicity Jones et Diego Luna tiennent les deux rôles principaux de cette aventure. Et même si le deuxième paraît un peu fade, le charisme et la prestance de la première lui donnent une place flamboyante, et elle rejoint Carrie Fisher et Daisy Ridley au panthéon féminin de la saga. En antagoniste principal, on a un Ben Mendelsohn très crédible. Les seconds rôles ne sont pas en reste, puisque de grands noms comme Mads Mikkelsen (poignant), Forest Whitaker (halluciné et bien barré), Donnie Yen, ou Jimmy Smits sont au rendez-vous. Et puis il y a ceux qui ne sont là que virtuellement, que ce soit Alan Tudik qui donne vie à un androïde très réussi, un personnage vraiment agréable), ou alors le retour grâce aux images de synthèse de Peter Cushing), sans compter la voix de James Earl Jones pour l’ami Dark Vador.

Ce Rogue One est un très très bon film, plein de bonnes choses. Et un très très bon Star Wars aussi. J’ai beaucoup apprécié, et je recommande chaudement. Alors oui il y a des éléments de scénario parfois un peu tordus, pas nets, pas clairs, ou des raccourcis un peu grossiers, comme souvent avec ce genre de gros blockbuster. Mais il n’empêche que j’ai accroché tout du long, et que je me suis éclaté. Vraiment. J’étais pris dedans d’un bout à l’autre.

 

Je vais juste me permettre maintenant quelques remarques contenant des spoilers. Si vous n’avez pas vu le film, arrêtez-vous ici.

Et pour vous faire bien arrêter là au cas où, je vous colle la bande-annonce :

STOP!

SPOILERS ALERT!

 

Bon, voilà…

Rogue One est très bon. Et un des éléments que j’ai beaucoup apprécié, d’autant plus que l’on est maintenant chez Disney, c’est le côté « mission suicide dont on ne peut sortir vivant ». pas de miracle ou de Deux ex machina qui vient sauver nos héros. Leur sens du sacrifice pour le bien commun les pousse à aller jusqu’au bout. ce sont des gens que plus rien ne retient, sans attaches, et qui sont prêts à tout pour mettre à bas l’Empire. Voilà un discours très fort, dur, qui donne un ton plutôt sombre au film. Quand on voit des passages avec du terrorisme, avec de l’autoritarisme et du fascisme, décidément Rogue One n’est pas un voyage au pays des bisounours.

J’ai aussi beaucoup aimé son intégration complète à la saga, à l’épisode 4 en particulier bien entendu, puisque sa fin explique complètement le début d’Un Nouvel Espoir sorti il y a pratiquement 40 ans ; la boucle est bouclée, jusqu’au caméo numérique de fin de Leia jeune. Cette histoire du vol des plans de l’Etoile Noire a occupé l’esprit des fans depuis des décennies et on a enfin une réponse qui tient la route. On a même une réponse à la fameuse question du « mais pourquoi les ingénieurs de l’Empire sont si débiles qu’ils ont laissé une faille pareille dans le système de défense de leur arme? » Et ça c’est le genre de petit élément assez finaud et vraiment sympa.

Une réflexion sur « Rogue One – A Star Wars Story »

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