The Strangers

Alors non je ne suis pas (encore) complètement sénile, je ne re-chronique pas le The Strangers coréen de 2016, il s’agit ici du The Strangers américain de 2008. Pas grand chose à voir, d’autant que le coréen s’intitule The Wailing en VO et n’est devenu The Strangers qu’en VF, alors que celui auquel je m’intéresse aujourd’hui reste The Strangers dans les deux cas.

Ce The Strangers donc, c’est un film de home invasion fort sympathique et très tendu du slip. On y suit un couple en crise, et pourtant qui s’aime. Ils sont dans une maison perdue loin de tout lorsqu’une femme bizarre vient frapper à leur porte. En fait, c’est un groupe de gens masqués qui va trouver un malin plaisir de filer au couple la peur de leur vie avec comme intention finale de leur faire du mal.

Ecrit et réalisé par Bryan Bertino, il s’agit là de son premier film. Et on sent que le monsieur apprécie le film d’horreur/slasher/home invasion, qu’il en connaît les codes et qu’il sait les utiliser. Alors il y a plusieurs éléments discutables, et quelques choix scénaristiques pas très clairs ; comme souvent dans ce genre de film, on a parfois envie de baffer les héros, par exemple. Le tout repose davantage sur l’ambiance et une montée de la tension bien maîtrisée que sur du gore ou du jump scare. Il y a bien un peu de sang ; il y a bien quelques sursauts ; mais ce n’est pas l’essentiel, et ça c’est bien. Alors on se retrouve parfois devant des moments assez clichés et on sait en gros vers quoi on va, mais l’ambiance est suffisamment bien posée pour nous plonger dedans. A ce sujet, l’absence de motivations des tueurs, leurs visages absents toujours masqués, tout cela rajoute une couche à l’horreur de la situation. Cette absence de motivations fait un peu penser à Funny Games, mais en bien plus léger et en moins malsain, moins dérangeant. Au final, on reste dans le home invasion/slasher assez classique, avec beaucoup d’éléments déjà connus, mais la bonne manière dont ils sont agencés donne espoir quand à la capacité du réalisateur de faire quelque chose de très bien. Il dit se baser sur des événements réels ; c’est un peu flou, étant donné que oui il y a l’inspiration de braquages à domicile dans le quartier de son enfance et probablement un ou deux meurtres, mais ce n’est pas un film portant sur un cas précis.

Devant la caméra, on retrouve la toujours charmante Liv Tyler (Armageddon, Le Seigneur des Anneaux, L’incroyable Hulk, Super,…) et le charismatique Scott Speedman, en joli couple ; pour une fois on n’est pas dans une situation idyllique, le couple vit une crise, la relation se transforme, malgré le fait qu’ils s’aiment, et on voit bien que les événements très durs vont les rapprocher (mais pas pour longtemps). Ils s’en sortent pas mal du tout, et Liv Tyler a un certain talent de scream queen En face, trois antagonistes joués par Gemma Ward (qui vient frapper à la porte demander une Tamara alors qu’elle jouait une Tamara dans le 4eme Pirates des Caraïbes), Laura Margolis, et Kip weeks, angoissants de par leur absence de visage et donc d’émotions (et donc pas trop de jeu d’acteur à commenter).

Au final, un film très classique dans le genre, mais avec ses bons éléments. On sent un potentiel certain chez le réalisateur. Il manquerait un petit quelque chose à The Strangers pour être vraiment très bon, mais il recèle suffisamment de tension et et de suspens pour tenir la route. Au vu de tout ce qui sort dans le style, il se place plutôt bien, même si un brin d’inventivité n’aurait pas gêné.

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