Les Fantômes du nouveau siècle – La Soupe aux arlequins

Je vous ai déjà expliqué comment et pourquoi j’ai crowdfundé la collections Saisons de L’Etrange (et ici aussi). Ils sont tous dans ma pile des « à lire » mais je les alterne aussi avec d’autres titres, histoire de varier les plaisirs. Cette fois je me suis attaqué à cette Soupe aux arlequins, annoncée comme premier tome de la série des Fantômes du nouveau siècle.

Ce roman nous place en 1900, à la veille de l’ouverture de l’exposition nationale qui célèbre la modernité, l’ouverture, la technologie, et l’ambition nouvelle. Une jeune femme en particulier y croît, jouant beaucoup sur l’émancipation qu’elle en attend pour son genre (pourtant on sait que même 118 ans plus tard la partie n’est pas gagnée). Marie-Antoinette donc est une jeune femme aventureuse, tchatcheuse, manipulatrice, maligne et au caractère bien trempé. Vivant dans les bas-quartiers, elle cherche à gravir les échelons, et va se retrouver mêlée à une histoire dingue incluant meurtre, cinéma, fantômes, honneur japonais, et autres machinations sournoises.

Sous la plume de Jean-Philippe Depotte, le Paris de l’époque prend vie et se montre avec plaisir. Oui on se sent plongé dans la période et dans la ville, dans ses tensions entre les classes sociales et au croisement des époques. Et comme on a une héroïne attachante et sympathique, le tout nous entraîne à suivre ces mésaventures. Même si je dois dire que le truc met un certain temps à démarrer ; on ne voit pas rapidement où l’auteur veut en venir avec son histoire et les différents fils ne vont se mêler que tardivement pour amener à une résolution plutôt bien foutue. La langue utilisée est agréable, facile à lire malgré l’utilisation de quelques termes liés au contexte de l’époque, allant chercher dans l’argot (mais restant facilement compréhensibles). Et le livre se lit rapidement. Le comportement fonceur de l’héroïne aide à vouloir aller de l’avant tandis que l’on cherche à la suivre et à voir comment elle se sortira de tout cela. On a droit à une galerie de personnages variés, hauts en couleurs, même si parfois un peu trop archétypiques ; et on notera que cette galerie inclut des personnalités historiques réelles.

Le truc qui m’a un peu gêné, c’est que les gens se mettant sur la route de l’héroïne sont pour la plupart un peu neuneus. Ou alors cette fille est vraiment une arnaqueuse et bonimenteuse de premier plan ; en termes rôlistes je lui mettrais la compétence Baratin a au moins 8000. Elle est capable d’enfumer tout le monde avec des improvisations de dingue parfois plus grosses qu’un building rutilant. Un peu too much par moments mais bon.

J’ai bien aimé cette lecture et j’ai dévoré le livre assez rapidement, surtout une fois passé les premières dizaines de pages de mise en place, quand les choses commencent à s’accélérer. C’était très agréable. Je ne sais pas encore si je continuerai à suivre les aventures de cette Marie-Antoinette mais celle-ci m’a bien plu en tout cas.

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