Mindhunter – saison 02

On ne change pas une équipe qui gagne. Après une très bonne première saison, la série Mindhunter s’enfonce davantage dans le cerveau de tueurs en série. Les techniques de profilage et d’étude de cas réels sont appréciées d’une certaine hiérarchie et il est maintenant temps de les mettre à l’épreuve du réel. Si les entretiens avec des tueurs incarcérés continuent, on se penche ici aussi sur un cas concret avec des disparitions et des meurtres d’enfants à Atlanta. Cette enquête et ce serial killer vont servir de fil rouge à la saison, avec ses hauts et ses bas, les apports du FBI étant plus ou moins appréciés par les responsables locaux.

Mindhunter reste une série lente, qui prend son temps, qui nous plonge dans son ambiance par ses dialogues et ses suggestions plus que par l’action, toujours très peu présente. On suit les débuts d’une nouvelle méthode pour identifier des tueurs, basée sur la psychologie, pas sur les courses-poursuites. La série reste par contre très dure, glaçante même, quant aux références aux crimes, aux motivations, aux ressentis des criminels. C’est terrible d’imaginer que l’on est sur du vrai, du vécu ; probablement romancé et transformé un chouilla pour passer à la télé certes. Mais le fond est là… ces tueurs ont réellement existé, ces crimes ont eut lieu, et on dispose du matériel attestant de ce que les criminels ont raconté. A faire froid dans le dos. Aux tueurs déjà connus de la première saison, on ajoute quelques nouveaux noms, dont le fameux Charles Manson (qui n’a en fait tué personne de sa main).

La série garde sa réalisation de qualité, dont une reconstitution de l’époque très bien foutue. Des éclairages et cadrages très justes ; en particulier sur les longs dialogues qui sont des scènes difficiles à tourner correctement pour garder l’attention des spectateurs. Et c’est là que la qualité des acteurs se développe. Le duo central avec Jonathan Groff et Holt McCallany (Alien 3, CSI-Miami,…) est vraiment impressionnant, la dynamique entre eux est très bien posée et ils fonctionnent vraiment bien. Je regrette par contre que le personnage d’Anna Torv (Fringe) passe ainsi au second plan ; en fait elle ne fait pas grand chose à part montrer que l’on peut avoir un personnage principal homosexuel et c’est bien dommage. La femme (Stacey Roca) et le fils (Zachary Scott Ross) de Tench prennent par contre du galon avec un vrai gros arc scénaristique qui plonge le flic de l’autre côté dans le cadre d’une enquête sordide. Damon Herriman (Lone Ranger,…) campe un Charles Manson halluciné et assez dingue. Christopher Linvingston en suspect qui joue avec les flics. Ou encore le nouveau boss enjoué Michael Cerveris. Les acteurs s’en sortent tous très bien et donnent la profondeur nécessaire à la série.

Encore une saison très forte, même si assez différente. Là où la première restait dans les entretiens, dans la théorie, on confronte ici les idées des héros à un cas concret qui va les occuper et les habiter au point de sacrifier leur vie privée. La qualité est toujours au rendez-vous et je trouve que le sujet est très intéressant.

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