Unlock!

Quoi? présenter Unlock! seulement maintenant après 3 ans de bons et loyaux services, alors que 7 boîtes sont sorties! Il est pas un peu en retard le Fred? Bon alors déjà je vous en parlais quand il était tout frais, à peine son As d’Or remis. Depuis, Unlock! s’est imposé comme un des plus gros succès du jeu de société, chaque boîte trustant régulièrement les podiums des sites de vente en ligne, on les retrouve même en tête de gondole en grande distribution, et je connais beaucoup de non joueurs qui en ont déjà tâté. Bref, c’est un truc très connu. Mais je voulais juste revenir en gros sur le jeu, avec quelques références (sans spoils) à des scénarios que j’ai joués (j’ai à l’heure actuelle fait 6 des 7 boîtes et quelques uns des scénarios de démo qui trainent).

Pour le rappel, Unlock s’est posé comme voulant reproduire des escape rooms autour d’une table. On dispose d’un deck de cartes numérotées et d’une application sur tablette (oui c’est mieux que sur smartphone, mais on peut aussi sur smartphone) ; parfois la boîte de jeu propose un document en plus du deck de cartes, comme un plan. On lit la carte de base du scénario à jouer (il y en a 3 par boîte, plus un tuto) et on lance l’application ; le compte-à-rebours (en général une heure) se déclenche et c’est parti. Le jeu va demander de faire fonctionner diverses compétences :

  • Observation. Très fortement mise à l’épreuve, cette compétence va vous permettre de trouver sur les cartes les petits numéros faisant référence à d’autres cartes qu’il faudra alors aller chercher dans le deck. Une carte peut être signalée de manière très visible, ou alors son numéro peut être planqué dans le décor, en jouant sur les contrastes de couleur et autres. On trouve aussi sur les cartes des indices, des éléments pour aider à la résolution de certaines énigmes. Il est parfois très amusant d’observer une carte attentivement, de chercher des indices. Mais parfois les chiffres cachés sont trop bien cachés ; j’ai plutôt une bonne vue en général, mais on se force à jouer à Unlock avec une ou plusieurs lampes d’appoint très fortes et nos téléphones pour servir de lampes de poches précises et de loupes, parce que sinon il y a plus d’un chiffre qui nous passe à côté. C’est parfois très frustrant d’avoir passé beaucoup de temps coincé à observer les cartes, à même demander des indices à l’application, et de ne pas avoir vu un chiffre tellement caché que c’est quasi impossible de le voir. A noter que les cartes sont le résultat d’un travail d’illustration minutieux, l’éditeur travaillant avec des illustrateurs de talent.
  • Logique/réflexion. Unlock! regorge d’épreuves. Si dans les premiers scénarios il s’agit surtout d’assembler les bonnes cartes entre elles (on sait que l’on peut assembler une carte bleue et une rouge en additionnant leurs chiffres pour aller chercher celle qui porte le résultat), le jeu utilise de plus en plus les fonctionnalités de l’application par la suite. Il y a parfois des codes à rentrer sur la tablette pour pouvoir avancer. Il y a également des machines, où l’on doit résoudre des énigmes proposées sur l’écran (ces machines sont indiquées par un symbole spécifique sur certaines cartes, et là l’éditeur a merdé car je me souviens d’au moins 2 scénarios où il y a une machine ne comportant pas le symbole, nous ayant fait ramer un moment pour tenter de comprendre comment s’en sortir). Au fur et à mesure des développements, les scénaristes et l’éditeur ont bossé et cherché à utiliser les différentes fonctionnalités des appareils, comme le capteur photo, l’accéléromètre, le son, le micro, etc. Il va falloir faire preuve d’inventivité pour résoudre ces énigmes, et c’est vraiment très sympa. Par contre on notera la présence parfois d’énigmes trop tordues, manquant de logique, où même en ayant lu la solution je ne comprends pas comment on peut y arriver et pour lesquelles le cheminement est vraiment trop bizarre.
  • Coopération/communication. Comme dans tout jeu coopératif et comme dans toute escape room, la communication est la clé pour s’en sortir. Franchement, faire un Unlock! seul, c’est barbant et c’est pas le but (il y a même un scénar qui répartit les joueurs en 2 équipes). Jouez les à plusieurs (mais pas trop non plus sinon ça va partir en sucette). Du coup on se répartit l’observation des cartes, le travail sur les énigmes, etc. Mais surtout il faut toujours dire ce que l’on voit, annoncer les indices potentiels que l’on trouve, préciser de quels objets on dispose. ceci va de pair avec une bonne utilisation de l’espace puisque l’on gagne à bien disposer les cartes sur la table, en les regroupant par type, par domaine, etc.

Le truc que j’aime beaucoup avec ces Unlock! c’est la créativité dont les concepteurs font preuve. Je redoutais franchement que l’on tourne assez vite en rond. Alors oui il y a bien certains trucs qui reviennent, certains types d’énigmes, certaines manières de faire qui apparaissent régulièrement. Mais on n’a jamais (rarement en tout cas) l’impression de rejouer le même truc. Et cela tient beaucoup aux scénarios. On en retrouve certains dans le même monde, qui peuvent se suivre (par exemple avec les histoires de Noside), mais même là elles sont bien différenciées et apportent chacune un peu de fraîcheur. Ceci vient aussi des illustrateurs, tous talentueux mais aux styles variés et très différents, nous permettant de nous plonger dans des univers qui n’ont rien à voir. On passe d’univers très cartoons à des éléments très sombres et durs, on a aussi bien un manoir hanté que la propulsion à l’intérieur d’un jeu vidéo, de Sherlock à Shéhérazade en passant par le Pays des Merveilles ou le western. On a de l’espionnage, de la piraterie, du voyage dans le temps, des dinosaures. Avec aussi à chaque fois un habillage musical et sonore via l’application pour nous plonger davantage dedans.

Unlock! c’est (quasiment) toujours une expérience ludique passionnante et prenante. J’ai passé d’excellents moments autour de ces scénarios (aussi quelques moments de frustration, voire de colère face à des trucs trop tordus ou pas assez clairs), et ça en vaut clairement la peine. Petit rappel : ces scénarios ne sont pas vraiment rejouables (à moins que vous n’ayez une très mauvaise mémoire), du coup préparez-vous à revendre votre boîte après les avoir joués ; pour ma part, je suis bien content que ma ludothèque locale les ait (même s’ils sont tellement souvent empruntés que c’est difficile de les chopper).

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