Gagner la guerre

Je vous avais déjà dit tout le bien que je pensais de la plume de Jean-Philippe Jaworski dans mon billet sur Janua Vera, son recueil de nouvelles relatant diverses histoires dans son univers imaginaire du Vieux Royaume. Et bien ce n’était qu’une mise en bouche puisque la suite est arrivée sous le titre de Gagner la guerre, un imposant (1’000 pages en poche, à une vache près) roman prenant et trépidant qui mêle action, coups fourrés, manipulations politiques, bastons, poursuites et tractations en suivant les pas de don Benvenuto Gesufal, héros de l’une de mes nouvelles préférées de Janua Vera (« Mauvaise donne »). Après cette lecture passionnante, les conclusions sont un peu les mêmes que pour le recueil, mais décuplées. Un récit passionnant, une intrigue très bien conçue, un univers crédible et solide extrêmement bien décrit, une écriture de très haut vol mais qui s’avère parfois difficile d’accès et nécessite une certaine culture pour être appréhendée, et malheureusement quelques clichés de la fantasy traditionnelle dont à mon avis l’univers aurait pu se passer pour garder tout son panache et ses particularismes. Mais ces défauts rapidement évoqués ne sont que peu de choses par rapport aux qualités du livre que je recommande chaudement. C’est un vrai régal, un livre qui se dévore et qui démontre que la fantasy française a droit à ses lettres de noblesse. On sort de la traditionnelle et malheureusement trop célèbre fantasy de bas-étage si chère à l’ami Bob.

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Plumes en Herbe 2011 : à vos claviers!

Et voilà, c’est parti pour quelques semaines de folie et de frénésie d’écriture. En 2008, ForgeSonges lançait son premier concours d’écriture de nouvelles, Plumes en Herbe. Il aura fallu pas mal de temps pour délibérer mais les 10 meilleurs textes sont parus dans un recueil titré selon le thème : « De la chair à l’acier ». Chez les éditions Icare. On avait reçu 70 textes! Gros succès donc pour un premier appel à textes.

Cette année, on remet le couvert. En partenariat avec les éditions Voy’El. Et la SF est à l’honneur ; avec tous ses dérivés, du space-opera au cyberpunk en passant par la hard science, le planet opera et j’en passe. Le thème est « on a marché sur… » et cela devrait laisser se débrider l’imagination de pas mal de monde.

Et puis cette année je ne suis pas tout seul à l’organisation. Kiahetela ,e donne un sacré coup de main. Sans lui, je ne pense pas que le concours serait lancé. Ca fait du bien. Et puis on notera un jury de haute voltige prêt à décortiquer vos créations. Alors visitez le site et le forum de ForgeSonges. VOus y trouverez le règlement et des discussions diverses là autour.

A vos claviers, le rendu des textes est pour le 1er août (normal pour un organisateur suisse).

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Le signe des quatre

Après une lecture fort sympathique d’Une Étude en rouge, j’ai avancé dans les aventures de Sherlock Holmes avec ce Signe des Quatre. Ce fut à nouveau un moment fort agréable. On retrouve les éléments retenus dans le premier bouquin. Avec un peu plus de développement. En particulier, on insiste sur l’addiction de Sherlock et son attirance pour les drogues. On a même droit à l’explication pour laquelle cet esprit si affuté ressent un tel besoin de s’embrumer ainsi.

Sinon et bien ce sont, comme je le disais, les mêmes éléments. Holmes s’avère être le seul capable de décrypter les indices dans une sale affaire mêlant vengeance, soif de l’or, exotisme et sales coups. Il prend son temps pour bien humilier les vrais enquêteurs professionnels et officiels. Il explique ses suppositions qui le laissent découvrir par son seul esprit supérieur les dessous d’une histoire complexe. Limite too much par moments, la manière dont il lève le voile du mystère. Mais l’intrigue est bonne et solide. Un vrai cours de scenario d’intrigue policière. J’aime aussi toujours beaucoup l’aspect science forensique des débuts avec ses recherches et ses tentatives plus ou moins fructueuses.

Bref, on a des personnages hauts en couleur, une intrigue sympathique et bien tordue, et une texte court qui ne se perd pas en éléments inutiles. Bref, c’est toujours très bon.

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Concours de nouvelles recherche membres du jury

Après une édition plutôt réussie en 2008 (malgré quelques balbutiements d’organisation), ForgeSonges remet le couvert avec la deuxième édition des Plumes en Herbe, notre concours d’écriture de nouvelles. On a trouvé un éditeur pour publier l’anthologie des meilleurs textes. On a des dates, un thème, et on recherche des gens motivés pour faire partie du jury qui sera chargé de départager les textes. Alors si vous vous sentez l’âme d’un grand lecteur (ou grande lectrice, ne soyons pas restrictifs), n’hésitez pas à me contacter…

Pour la masse de boulot prévue, difficile à dire. La première fois, nous avions reçu 70 textes. Mais bon, c’est toujours un plaisir et il y avait de vraies belles découvertes là-dedans.

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Little Brother

Comme il faut un début à tout, j’ai lu mon premier bouquin de Cory Doctorow. J’avais beaucoup entendu parler du monsieur, un grand défenseur des libertés sur le web, de la distribution libre de la culture, de tout plein de choses du genre. Pas étonnant donc que ses bouquins se retrouvent sous licence Creative Commons et soient distribués gratuitement en format électronique, ce n’est qu’une juste application de ses idées. Juste ce qu’il faut donc pour me permettre de découvrir son œuvre… et pour me donner envie d’acheter ses bouquins parce que ça me plaît vachement et que Doctorow mérite que je le soutienne. Ben ouais, c’est ça le paradoxe qui défrise complètement les tenants de la distribution classique (aussi bien en livres qu’en musique d’ailleurs) : une culture distribuée gratuitement mais que les gens achètent quand même.

J’ai commencé par Little Brother, dont j’avais entendu parler pour la première fois chez Alias (avec une couche de plus chez les corbeaux). Et ce fut du bonheur. Présenté comme un livre pour ados parce que le héros a 17 ans et que le lecteur peut ainsi s’identifier très facilement, ce bouquin va toucher bien plus de monde. Il traite de toutes ces petites questions de libertés individuelles, droits fondamentaux, surveillance, techniques de contrôle, caméras, hacking, etc. Bref, que du bonheur. Un livre engagé, et dont la lecture pousse à l’engagement, ou tout au moins au questionnement. A une époque où j’ai l’impression que les jeunes sont de moins en moins révoltés et engagés, cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains pour réveiller un peu les consciences. Parce que même si c’est romancé, ça se base sur du plausible, de l’existant, du technologiquement juste et à jour (ou disponible demain). Et ça, ça fait peur.

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Une étude en rouge

Suite à mon récent visionnement du Sherlock Holmes de Guy Ritchie, j’avais décidé de me lancer dans la lecture des aventures du détective, histoire de me faire une réelle idée de ce personnage fort intéressant. Et bien je ne suis pas déçu. J’ai commencé assez logiquement par la première aventure, Une étude en rouge. Le truc est donc raconté à la première personne selon les notes du fameux docteur Watson. On est vite remis dans le contexte, Watson n’est pas ce gros bonhomme débonnaire et âgé que certaines adaptations nous montrent ; c’est un médecin de campagne militaire, revenu du front pour cause de blessure, mais qui sait se battre et est dynamique. Sa rencontre avec Holmes est fortuite puisque ce dernier recherche un colocataire lui permettant de payer le loyer de l’appartement qu’il vise. Et Holmes est aussi différent de bien des adaptations, un type bizarre, bien plus fantasque et atteint dans sa tête que ce que l’on nous présente souvent.

Holmes travaille comme détective conseil, aidant d’autres à résoudre des enquêtes tordues, y compris et surtout Scotland Yard dont les deux membres les plus éminents se font régulièrement humilier par notre héros qui prend un malin plaisir à les enfoncer. Il se montre d’ailleurs doté d’un sens de la vanne et de l’humiliation fort développé. Ici, Holmes propose à Watson de l’accompagner pour élucider une affaire de meurtre dont les indices paraissent bien maigres pour les policiers officiels.

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