Archives de catégorie : Bouquins

Les 81 Frères 

livre-les-81-freresAttention, billet copinage en vue puisque Romain d’Huissier est un collègue auteur de jeux de rôles avec qui j’ai travaillé sur Capharnaüm. Voilà, ça c’est dit.

Les 81 Frères est un roman rapidement lu qui nous entraîne dans un Hong Kong romancé et parallèle où fantômes, esprits, démons, dragons et dieux existent vraiment, vivant en général au milieu des Hommes sous des formes plus ou moins discrètes. Ils ont leurs plans, leurs conflits et tentent en général de garder profil bas. Mais parfois ça dérape et là interviennent les fat si, des sortes d’exorcistes usant de techniques traditionnelles (arts martiaux, décoctions, rituels, etc.) et modernes (armes à feu, GPS, et autres) qui s’occupent de gérer le bordel que certains esprits sèment dans le coin. Notre héros est Johnny Kwan, l’un de ces tout bons exorcistes, et on le suit dès l’ouverture du roman sur la piste d’un esprit pas à sa place. Après cette petite mise en jambes, on va plonger avec lui au sein d’une machination de grande ampleur risquant de détruire une bonne partie du monde tel qu’on le connaît. Le tout partant bien évidemment sur une simple affaire qui ne devait pas poser trop de problèmes (oui oui les fameux plans qui doivent se dérouler sans accroc, un classique).

Continuer la lecture de Les 81 Frères 

Même pas mort

concours-meme-pas-mortJ’avais beaucoup apprécié Janua Vera et Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworsky (même s’il y a un peu de copinage là-dedans puisque le monsieur a beaucoup fréquenté les mêmes forums rôlistes que moi). « Même pas mort » n’est pas du tout lié aux deux précédents ouvrages puisque l’on est là non seulement sur une toute autre saga (il s’agit du 1er tome d’une série intitulée « Les Rois du Monde »), mais carrément dans un autre univers. Je dois dire que je ne suis de loin pas aussi emballé ici. D’entrée de jeu, on est plongé dans un monde qui semble construit, solide, avec ses peuples et ses tribus qui se mêlent en luttes et alliances depuis des siècles, et on y suit les pas de ce Bellovèse, descendant de roi, combattant qui a reçu une blessure mortelle sans être mort, et qui doit trouver une explication à tout cela. Après un premier chapitre très cryptique et un peu étrange, le bouquin revient en plusieurs étapes en arrière, avec des flashbacks engoncés les uns dans les autres, on va remonter le temps avant d’avancer de nouveau, on va passer par différentes étapes de la vie de notre héros pour le comprendre. Parce que oui ce bouquin est une suite de petits événements arrivés à Bellovèse, mais sans grande ampleur pour la plupart, on parcourt sa jeunesse, on le voit se construire, mais c’est un peu tout. Les ficelles de l’ensemble ne semblent pas vraiment se tenir entre elles, on ne voit pas trop l’intérêt de tout cela, le lien avec la situation actuelle, on a sur ces 464 pages une sorte d’introduction pour situer le personnage de Bellovèse. Et 464 pages de mise en bouche, c’est un peu long. Alors oui il y a des épisodes sympas à lire, il y a pas mal de passages prenants, mais qui auraient convenu aussi en nouvelles séparées plutôt que d’en faire une longue histoire où leur poids dans le développement narratif et dramatique est très léger. Et c’est vraiment dommage, parce que je pense que l’auteur a bien de bonnes idées là-derrière, sur ce qu’il compte faire de tout cela, mais là c’est difficile. Franchement, le tout début, le premier acte, m’a quasiment fait tomber le livre des mains tellement on ne voit pas d’où on vient ni où on va. La deuxième partie nous en donne un peu plus, mais ensuite, finalement il y a bien peu de choses qui font avancer le schmilblick. Continuer la lecture de Même pas mort

Thinking Eternity

C1-Thinkin-BD-680x1024Après le très bon Eternity Incorporated, je me suis penché sur sa suite sous forme de prequel (oui je sais c’est compliqué). Toujours du copinage donc, et un avis hautement subjectif. Mais en gros c’est bien, y’a bon.

L’histoire se déroule donc pas mal d’années avant celle du roman précédent ; mais je vous conseille de lire l’autre d’abord, sinon vous allez perdre tout le sel des révélations finales d’Eternity Incorporated. On est ici dans un monde pas si différent du nôtre mais quand même. Réorganisation des superpuissances politiques, redistribution du pouvoir mondial, nouveaux acteurs sous la forme de conglomérats économiques devenus de véritables nations, technologie un chouilla plus développée, en particulier au niveau connexion et accès à l’information. mais sinon c’est un monde reconnaissable, une dystopie pas si lointaine. Dans ce monde, on va suivre quelques personnes qui seront à l’origine des changements abrupts qui amèneront au monde décrit dans le roman précédent. On y découvrira (mais seulement à la fin) l’apparition des bulles et du virus. Seulement il faut un moment pour y parvenir et je dois dire que j’ai passé pas mal de pages à me demander quand et comment le raccord allait se faire. De nombreuses pistes peuvent être envisagées et j’avoue que je n’étais pas complètement à côté de la plaque.

On retrouve ici l’écriture très agréable de Raphaël Granier de Cassagnac qui signe un bouquin plaisant à lire. Bien que de qualité, la langue n’est pas inaccessible. Les concepts spécifiques et nouveaux sont facilement amenés et on peut très vite les embrasser. Le monde se livre à nous de manière fluide et il est dès lors facile de se concentrer sur les personnages et l’intrigue. Ca se laisse du coup lire facilement sans que la qualité n’en soit sacrifiée.

On ressent dans ce roman le background scientifique de l’auteur et son amour de la science ; mais on y retrouve aussi ce désir de porter la connaissance à tout le monde, d’ouvrir la science (alors que notre société actuelle pose de nombreux débats sur les licences ouvertes, le droit d’auteur, les restrictions de distribution etc.) Comme souvent, la SF permet de porter des réflexions sociales très intéressantes et j’aime beaucoup cette thématique dans le bouquin (même si le porteur de ces idées est peut-être un peu trop exagérément présenté comme le personnage gentil pour que l’on s’y identifie un max).

Thinking Eternity est donc un très bon bouquin, à lire après son prédécesseur même si l’histoire se déroule avant. J’ai beaucoup aimé. L’ambiance est très différente de celle du premier livre, mais c’est aussi une jolie réussite.

L’oeuf de dragon

oeuf-de-dragonIl y a peu, j’ai prêté mes 5 tomes de la saga A Song of Fire and Ice (Game of Thrones, ou le Trône de Fer) et la personne vraiment bien trippé dessus. Tellement qu’elle est allée chopper un autre bouquin de la gamme à la bibliothèque, à savoir une nouvelle qui ne s’intègre pas directement à la saga mais qui tourne autour, 90 ans plus tôt ; un peu comme les divers textes de Tolkien qui ne sont pas le Seigneur des Anneaux mais qui font vivre l’univers autour. En soi, pourquoi pas (sauf que je préfèrerais que l’ami Martin mette toute son énergie sur la suite de la saga plutôt que d’écrire ces à-côtés, mais bon on ne force pas l’inspiration). Cette nouvelle est la troisième aventure d’une série de textes suivant Dunk, un chevalier errant bien balaise, et l’Œuf, son écuyer à l’identité secrète qui est bien plus que juste un écuyer. Ici ils se rendent à un tournoi où l’enjeu est un œuf de dragon… rien que ça… Bon au final l’œuf n’est pas si vital que ça et sert surtout de MacGuffin pour couvrir des sales coups, traîtrises, manipulation et trahisons (on est dans le monde de Game of Thrones, ne l’oublions pas).

Franchement je n’ai pas trop croché. C’est assez court, vite lu, donc je suis allé au bout assez vite (aussi parce que la date de retour à la biblio approchait à grands pas). Bon déjà de base j’ai eu beaucoup de mal avec les lieux et les noms, parce qu’on m’a filé le texte en vf et que j’ai lu le reste des bouquins en vo ; pas facile de s’y retrouver tout le temps. Au-delà de ça, l’intrigue s’avère vite assez floue. Le nombre de personnages, nobliaux, chevaliers errants, écuyers et autres est très important. Certes on en a l’habitude chez martin, mais sur de plus longs textes. Ici c’est extrêmement condensé. Trop en fait. On se perd. Surtout que plusieurs d’entre eux jouent double jeu, ont des identités secrètes, etc. Et retenir qui a combattu avec qui avant de changer de camp et de re-trahir. et bien franchement c’est pas évident. J’ai oublié de dire que, même si j’aime un bouquin qui fait un peu travailler les neurones, je lis quand même pour le plaisir, et que je ne souhaite pas me coltiner des fiches récapitulatives pour chaque personnage rencontré. Je n’ai pas non plus croché sur l’intrigue, son développement ; la montée de la tension dramatique est noyée sous tous ces éléments de background et ces kilomètres de noms. Si bien que quand le final arrive, on a un peu de peine à comprendre quand comment et pourquoi on en est arrivés là.

C’est donc à mon avis un texte très dispensable, sauf si vous souffrez de collectionnite aigue quant à Westeros et tout ce qui y touche.