Le Che : l’argentin

Première partie du double film sur le Che

C’est donc Steven Soderbergh qui s’attache à réaliser un bon gros film sur la vie du Che ; tellement gros film qu’il se présente en deux parties. Et c’est la première, sous-titrée « L’argentin », que nous sommes allés voir avec ma femme. C’est une grande grande fan du Che, alors je lui avais demandé de ne pas passer tout le film à commenter et critiquer. Là-dessus, c’est réussi. Par contre, on en a pas mal parlé après la séance.
Le film retrace donc la révolution cubaine en suivant Ernesto Guevara, surnommé le Che. On part quelques années avant, lorsqu’il décide de rejoindre les hommes de Fidel Castro partant prendre le pouvoir sur l’île. Très vite, on colle au personnage, superbement interprété par un Benicio del Toro en très grande forme. Pas évident d’incarner ainsi une telle icône. Le pari est très bien relevé. Soderbergh s’est documenté et a été chercher de l’info. Tout n’est pas exact au millimètre, mais suffisamment pour dire que c’est vachement bien fait quand même. Le réalisateur se voulait neutre, objectif, ne prenant pas parti. Moyennement réussi, car il est difficile de ne pas se sentir du côté du Che et des révolutionnaires. Bien sûr, tout n’est pas rose et il y a des exécutions sommaires dans ses troupes ; mais le film n’en montre que peu et édulcore une réalité plus dure. Alors l’objectivité n’est pas complètement au rendez-vous mais le pan un peu plus sombre des révolutionnaires n’est pas oublié,… pas complètement.
C’est impressionnant, tout au long de ce film, de voir le Che émerger, devenir l’icône qu’il est, un symbole, le voir sortir du rang. On n’a pas d’explication précise, sur le pourquoi plutôt lui qu’un autre. Mais on ne peut que constater son ascendance, involontaire, sur le peuple. Très vite honoré et porté en héros, il éclipse les autres ; y compris Fidel.
Et puis il y a ces flash se passant quelques années plus tard, avec le Che qui va parlementer et s’expliquer à l’ONU. La consistance du personnage est énorme, sa solidité, ses convictions, bref c’est vraiment un monument qui est dépeint dans ce film. Et qui pose de bonnes questions sur les révolutions, l’idéalisme, les idéologies.
Tourné très proche des acteurs, parfois trop, Le Che est une fresque solide et poignante au coeur de la révolution. Cette proximité des personnages, ça revient chez Soderbergh, et les mouvements de camera, parfois très saccadés, contribuent à l’immersion dans l’action. Quitte à perdre parfois le point de vue plus global, la vision d’ensemble.
En tout cas, une chose est sûre, c’est un très bon film, prenant. Solide. Superbement réalisé et tenu par des acteurs de haut vol. Bon, OK, la VOST c’était plutôt ardu. Mais reste que j’ai énormément apprécié. Et que je me réjouis de voir la suite.

Une réflexion sur « Le Che : l’argentin »

  1. Je te confirme, la suite est vraiment bien.

    Soderbergh à même fait mieux pour moi. Tu verras par toi même.

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