Hadopi, le vote, la démocratie

Quelques petits idées lancées au vol suite au vote de l’Assemblée française.

Hier en France a donc eut lieu le vote de la loi « création et internet » qui devrait permettre de lutter efficacement contre le piratage. Ce sur quoi je me gausse. Déjà parce que tout petit bidouilleur informatique qui se respecte et qui veut contourner une telle loi pourra le faire. Et les gros pirates ont tous des bidouilleurs sous le coude. On va donc tomber sur le râble des petits qui en ont marre d’attendre perpét le bon vouloir des chaînes françaises pour suivre des séries mal doublées diffusées dans le désordre. Et puis la loi implique quand même l’installation obligatoire sur l’ordio de tout le monde un petit logiciel étatique chargé de surveiller tout ce qui transite pour voir si y’a du piratage dans l’air. merci la confidentialité et le respect de la vie privée. Dans cette loi, défendue allègrement par des personnes n’y captant que dalle à ce milieu (y’a qu’à voir par exemple une intervention de la ministre Albanel qui montre la portée de la nullité de la chose), on attaque donc l’utilisation globale d’internet de manière privée. L’internaute se retrouve un peu plus sous la loupe de Big Brother, et la dérive globale de l’Etat français me fout franchement les boules là. Bref, c’est une catastrophe. Une loi complètement pas en phase avec son temps, dépassée par la technologie, et pas applicable pour un sou. Une atteinte à des libertés individuelles de base en plus. Et d’une efficacité proche du zéro absolu. Si, proche de quelque chose de fortement négatif, parce que c’est le genre de trucs qui donnent envie de pirater juste pour montrer que c’est de la merde. Si les médias, les majors du disque, les chaînes de TV, les distributeurs de DVD et les développeurs de jeux video se mettaient un peu au goût de la nouvelle économie du net, et si les politiciens pouvaient comprendre le fonctionnement contemporain des réseaux et des modèles de communication, on pourrait voir se mettre en place de vrais systèmes potables sans piratage.

A côté de cela, il y a la manière dont la loi est passée. Après une bonne quarantaine d’heures de délibération, 16 députés ont voté. Seize, 16, oui! Sur 577! Je comprends pas. Une loi peut passer dans ces conditions? Chez nous on a des quorum à atteindre sans quoi une assemblée politique ne peut pas délibérer. Bon, OK, ça ne les empêche pas de faire des pauses au café ou de lire le journal ou de relever leur mail, mais au moins ils ne peuvent pas dire « on n’y était pas, on ne sait pas ». Mais là… 2.7% des députés présents et c’est valable. En plus avec une demande soudaine de passer au vote tard le soir alors que le vote ne devait avoir lieu que la semaine prochaine! Halluçinant! Franchement, superbe détournement de démocratie. Et c’est pas la première fois qu’on voit ça. Déjà que le Sénat peut dire « ah ben non on n’a pas envie d’être audités par la Cour des Comptes cette année ». Y’a des trucs qui me sidèrent. Je dis pas qu’on est tout blancs en Suisse, loin de là, mais quand même…

Enfin, voilà, c’était un coup de gueule en passant…

2 réflexions au sujet de « Hadopi, le vote, la démocratie »

  1. Il y a une faute dans le lien sur l’intervention de la ministre Albanel. Un « é » s’est glissé à la fin de l’URL.

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