Crèches, garderies, coûts, place des enfants et des femmes

Allez hop, coup de gueule du jour, je m’énerve et je m’insurge…Aujourd’hui c’est un article du Matin qui me fait tilter : Crèches: pourquoi sont-elles si chères? | LeMatin.ch. Bon, je sais, le Matin c’est pas vraiment la référence niveau articles de fond et recherche mais là on atteint le sommet… ou plutôt le fond c’est selon. Sans parler des commentaires qui sont quand même quelque peu terrifiants. Alors allons-y, je vais balancer quelques trucs qui vont en surprendre plus d’un, mais on va leur expliquer comment se passe la Vraie Vie (TM).

Alors oui, les crèches, ça coûte. Aux parents mais aussi à la société. Il faut savoir ce que l’on veut aussi. Si on veut une société avec ce qu’il faut d’aide sociale, d’encadrement, d’infrastructure pour aider les gens, et bien oui cela coûte. Dingue, non? Maintenant cela reste un choix politique, Etat interventionniste ou absence d’Etat, le fameux conflit gauche-droite dans lequel ma position est celle d’un Etat fort et présent.

Alors, OK, imaginons que toute femme qui a des enfants doive les élever à la maison. Désolé, mais tous les hommes ne gagnet pas suffisamment pour faire vivre une famille. C’est très souvent une obligation que d’avoir deux emplois pour payer les factures ; même si la crèche grêve une partie du deuxième salaire, ce qui reste peut faire toute la différence entre payer toutes les factures et nourrir la famille ou pas. Et je sais de quoi je parle. Ma femme et moi sommes dans une situation à un salaire depuis pas mal de temps, et on déguste quand même. Donc dans ce cas-là, posons le rôle de mère ou père au foyer comme un véritable emploi à plein temps et rémunérons-le. Mais je peux vous assurer que cela coûtera bien plus cher à l’Etat que les crèches.

Poussons plus loin avec le nombre de femmes qui, non, ne s’extasient pas à l’idée de passer toutes les heures de toutes les journées à s’occuper de leurs enfants. Attention, ceci n’a rien à voir avec l’amour. Ma femme et moi sommes réellement dingues de notre fils et faisons ce que nous estimons le mieux pour lui ; je crois que tout notre entourage pourra le confirmer. Et pourtant il a été en crèche. Parce que peut-être que certaines personnes peuvent avoir envie de ne faire que ça, mais il y a dans le monde pas mal de personnes qui aiment varier leurs activités. Etonnant, non? SI je prends l’exemple de ma femme qui a fait des études universitaires, elle devrait donc, selon les propos de certains, reste au foyer? Bien, on aurait pu nous le dire plus tôt, ça aurait évité certains coûts franchement. Et donc maintenant qu’elle a son papier, elle devrait rester à la maison? Non, je ne vois pas de raison, elle a tout autant que moi le droit d’avoir un emploi. Si c’est ainsi qu’elle s’épanouit, dans un juste milieu entre ses rôles de femme, de mère, d’épouse, de travailleuse, etc. Et je ne crois pas que son cas soit unique au monde… Ne mettez donc pas toutes les femmes dans le même panier en prétendant qu’elles ont toutes comme rôle de rester ad vitam aeternam au foyer pour cuisiner, nettoyer et s’occuper des enfants. Sinon, comment expliquer les listes d’attente interminables dans la plupart des crèches? Et puis franchement, quand je vois certains mères au foyer qui passent leur journée à avoir un enfant dans les pattes quand elles font tout sauf s’en occuper réellement, juste du gardiennage, j’aime autant mettre mon enfant à la crèche la journée et être réellement avec lui et faire des activités pour lui, avec lui, quand je le vois.

Passons aux coûts. Oui une place en crèche coûte cher. Et oui il faut des personnes formées pour le faire. Bien sûr ns grands-mères ont eu des enfants et savent s’en occuper. De là à dire qu’elles sont capables de gérer correctement un grand nombre d’enfants qu’elles ne connaissent pas, qui viennent de milieux divers et variés, et qu’il faut éduquer, et bien je ne suis pas certain que cela soit le cas. Et puis franchement ce n’est pas un travail facile. je vois comment fonctionne une crèche, je connais suffisamment de personnes y travaillant, et bien je peux vous assurer que oui, une formation adéquate est plus que nécessaire. Si l’on veut faire garder son enfant, autant que ce soit par des personnes compétentes qui savent ce qu’elles font. Attention, je ne dis pas que tout est parfait. Une formation ne fait pas tout ; et comme dans tout emploi il peut y avoir des personnes à qu ça ne réussit pas ou qui ne sont pas faites pour. Mais au moins la formation leur permet de en pas faire n’importe quoi. Et d’assurer au mieux la sécurité et le développement de l’enfant.

Et oui, la Suisse a des normes strictes quand à l’encadrement des enfants. N’est-ce pas un bien d’avoir des normes strictes quand à l’encadrement de nos chers enfants? Je préfère avoir plus de monde et mieux formé pour s’occuper d’eux. Et si cela coûte, et bien au moins on sait pourquoi on paye. Du coup les enfants sont encadrés, leur développement est accompagné. Maintenant, si certains préfèrent la stabulation libre, et bien c’est dommage.

Qui plus est, les crèches coûteraient probablement moins cher aux parents si l’on se décidait à avoir une réelle politique de la jeunesse et de l’enfance en Suisse, et de s’en donner les moyens. Bien sûr, les politiques mettent des priorités, et on préfère acheter de nouveaux avions de combat qui auront traversé le pays avant d’avoir fini de décoller plutôt que de développer les réseaux de garde d’enfants. Si l’Etat mettait un peu la priorité sur les enfants avec les moyens qu’il faut, le nombre de places augmenterait et leur coût pour les familles diminuerait. A nouveau, nous sommes face à un choix politique qui ne semble pas prêt d’être réellement fait (malheureusement).

Je vois parler de violence, de délinquance, d’éducation. Et bien je peux vous dire qu’un enfant habitué à être en communauté, cela pose moins de problème qu’un enfant à la maison qui prend l’habitude d’être au centre. Je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde, mais je co0nnais plus d’un enfant qui a appris à respecter les autres en étant en communauté. Et aussi nombre de cas où l’entrée à l’école, la séparation d’avec les parents, a été beaucoup plus dure dans le cas des enfants gardés à la maison. Franchement, que l’on me dise comment un encadrement social peut provoquer davantage de violence plus tard… Mon fils a adoré la crèche, il s’y est fait des amis qu’il garde depuis des années maintenant, il y a appris de nombreuses choses concernant les relations aux autres ; et en plus maintenant qu’il va à l’école il se rend au réfectoire à midi et ne rentre pas manger à la maison… Terrifiant, nous abandonnons notre rôle de parents? Et bien vous ne l’avez jamais entendu dire à quel point il est heureux d’y aller, d’être avec ses amis etc.

Sur ce, je crois avoir réagi à un peu tout ce que dit l’article et aux commentaires parfois proprement scandaleux que j’ai lu là. Je pense que les gens devraient un peu s’informer sur l’année (2009) et l’évolution de la société. Ouvrir les yeux et regarder hors de leurs ornières. Parce que là franchement ça fait peur de lire des aberrations pareilles…

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