Inglourious Basterds

A y est, on est allés voir le dernier Tarantino, et ce fut un très bon moment…

Alors oui, c’est Tarantino, donc il y a débat autour de ce qu’il fait : du vrai cinéma? Une arnaque? Du grand n’importe quoi? Une accumulation de violence gratuite? Un discours qui se tient? Un truc vraiment artistique? Bref, qu’on l’aime ou pas, ce réalisateur a au moins le mérite de provoquer le débat. Personnellement, j’aime très beaucoup ce qu’il fait. Reservoir Dogs et Pulp Fiction sont vraiment de grands moments, Jackie Brown aussi, même si j’aime un peu moins. Kill Bill navigue entre un grand foutoir et un grand défouloir, mais reste très agréable.

Là, Inglorious Basterds, c’est présenté comme un western sur la 2ème Guerre Mondiale. Etonnant, et pourtant ça marche. Alors, tout de suite, faut préciser le truc. Ca ne s’est jamais voulu un film historique et ça ne l’est vraiment pas. Ne pas chercher le réalisme et le plausible. Une fois cela accepté, on est bons pour 2h30 de folie. Et on y retrouve les grans trucs de Tarantino, genre de la violence et des personnages hauts en couleur qui tiennent des dialogues d’enfer. D’ailleurs, au sujet des dialogues, je signale que je l’ai vu en VF (eh oui,. désolé, mais la vo était trop loin, ma femme avait la flemme d’y aller et en plus elle nous faisait louper le dernier metro pour rentrer) ; ben la trad est solide et, il me semble, très bien foutue, reste quand même que j’attends le DVD avec une impatience non dissimulée pour tester la VO. Donc Inglourious Basterds c’est deux histoires en parallèle qui se rejoignent, un truc courant chez Tarantino. D’une part la jeune fille juive dont la famille a été exterminée et qui veut se venger en butant un tas de nazis. D’autre part un commando de juifs de l’armée US parachuté derrière les lignes allemandes dont le but est de dégommer de manière sale et barbare un max de nazis pour les stresser avant le débarquement. Evidemment, ils vont se retrouver mêlés et ça va faire des étincelles.

Au-delà de ce scenario pas particulièrement renversant,le film est prétexte à une série de scènes et de rencontres aux dialogues savoureux emmenées par des personnages particulièrement solides et des acteurs qui touchent bien leur bille. A tout seigneur tout honneur, commençons par le prix d’interprétation masculine à Cannes, à savoir Chritoph Waltz, plutôt inconnu dans nos contrées non-germanophones jusqu’alors, dans la peau d’un colonel nazi ; exceptionnel, et prix mérité, pour ce personnage fabuleux. Une personnalité de malade, des sautes d’humeur grandioses, une attitude et surtout un sourire grandioses. Génial! Il tient une bonne partie des scènes à lui tout seul presque. A commencer par la première scène dans la ferme, que du bonheur. Puis y’a la star du film, Brad Pitt, très bon en lieutenant US psychopathe qui justifie la pire sauvagerie et qui exécute quelques belles atrocités au nom du bien ; y’a pas à dire, Pitt sait jouer avec son statut de star sex-symbol et il a de sacrés bons rôles quand il veut. Et puis bon, lui au moins maîtrise l’italien… Toute la brochette des Basterds tient le haut du pavé, tous plus psychopathes les uns que les autres. Du côté féminin, un gros plus pour Mélanie Laurent et Diane Kruger qui tiennent très solidement des rôles clés (pis c’est toujours agréable pour les yeux aussi). A noter encore Goebbels qui est superbe en artiste novateur. Bref, au final, une excellente série de personnages. Qui, comme je e disais, s’affronte dans des scènes et des dialogues excellemment sentis.

La violence est évidemment là, on est chez Tarantino. Dans un film de guerre. Et avec comme héros des soldats qui veulent faire dans le barbare et le sanglant. Donc ce sera pas un voyage au pays de Candy. Alors on reste loin des excès de Kill Bill. Mais oui y’a du sang, du démembrement, du trash, du violent. Comme souvent, plein de gens crieront au scandale et reprocheront à Tarantino d’aller trop loin. Dans le cas présent, non, pas pour moi. La violence est justifiée par le film et le contexte, par l’histoire, par les personnages. Les spectateurs sont prévenus et ceux qui veulent éviter le violent passeront leur chemin. Ici y’a des scènes de baston sanguinolentes. Mais bien tournées, graphiques, visuelles. Ca reste un film…

On a beaucoup parlé de l’aspect western du film. Alors on a un film de guerre sur la guerre oui. Mais y’a plus d’un code du western oui, c’est certain. Et pas que « l’apache ». Dans les codes utilisés, je pense (au-delà de la police de caractères) à la première scène qui est un hommage quasiment à du Sergio Leone. Plus loin, ça reste parsemé de ci de là, ou alors j’était moins réceptif à cet aspect. Mais bon, il y en a…

Un dernier mot sur la musique, excellemment choisie, du pur bonheur, qui touche toujours suite et accompagne magnifiquement les scènes.

Au final donc. Si vous n’aimez pas le style Tarantino, passez votre chemin. Je ne crois pas que c’est ce film qui vous fera aimer ce réalisateur. On reste dans es grandes habitudes. Pour les autres, y compris les déçus de Kill Bill (dont les délires et les excès sont oubliés ici), courez le voir. C’est un très grand moment d’éclate totale. Jubilation, rire. Miam. 2h30 de bonheur.

la musique

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