Cloverfield

Oh, mais qu’est-ce là à l’horizon? Ah oui, c’est bien un joli petit foutage de gueule…
Cloverfield m’avait fait tilter par son trailer qui mettait bien la pression et montrait une situation sympa. D’ailleurs je vous le remets pour la bonne bouche en bas du billet.

Suite à cela, plein de gros buzz sur le net avec rumeurs etc. Bref, tout ce qu’il faut pour faire monter la mayonnaise. Quand on ajoute JJ Abrams comme producteur et toute l’aura (positive ou négative, c’est selon) qui entoure le monsieur, ben on pouvait s’attendre à du bon. S’ensuivirent de grosses belles critiques officielles, mais surtout une chiée de commentaires nettement moins sympathiques grâce auxquels j’ai évité de débourser le prix d’un billet de cinéma pour aller le voir. Bien m’en a pris. Je peux le dire maintenant que je l’ai vu.

Cloverfield, donc, c’est l’histoire d’un petit groupe de beaux trentenaires dynamiques dans les rues d’un Manhattan paniqué et empreint de folie parce qu’une sorte de grosse bestiole sortie de nulle part attaque la ville. Au programme, scènes de panique, de l’armée s’en prenant désespérément à ladite bestiole, des explosions. Mais surtout, comme le trailer le montre, c’est de la caméra embarquée. Tout est filmé par la caméra en question. Et là le bât blesse! Alors que, par exemple dans [Rec] et [Rec2], la caméra embarquée est maîtrisée et nous place bien dedans, ici elle semble avoir pour principale utilité de vouloir faire vomir le spectateur ; je pense d’ailleurs que telle aurait été ma réaction si j’avais été voir le film sur grand écran, heureusement que c’était sur télé. Pis en plus du coup c’est sombre et on ne voit que ce que la caméra veut bien nous montrer. Du coup, facile de nous laisser juste entrevoir le monstre, le deviner, sauf pour une scène où on le découvre bien de près. Pour un film de monstre, qui d’après son producteur est censé créer un monstre à l’Amérique comme Godzilla chez les copains asiatiques et donner une culture du monstre, ben c’est bien dommage qu’on le voie si peu. On voit plus d’explosions et de gratte-ciels renversés, de ponts anéantis et de militaires en furie que de monstre. Ah oui, y’a bien ses petits rejetons arachno-style que l’on voit un peu plus à fond, mais rien de transcendant.

Et puis bon, on notera que le film nous laisse dans le noir et le néant absolus. Pourquoi? Quand? Comment? Rien, absolument rien n’est dit sur le monstre. Alors certes j’aime bien les films qui me font réfléchir et ne me donnent pas la solution toute cuite, mais là y’a pas l’ombre du du vague début d’une maigre piste. En gros, l’histoire tourne sur notre groupe de trentenaires et leurs relations familiales et amoureuses (y’a les frangins, leurs copines, l’ex dont on est encore amoureux, le meilleur ami trop timide pour draguer, etc.). Mais merde, on veut un film de monstre, pas une comédie romantique sur fond de destruction de New-York. Un bon gros néant donc. On reste sur sa faim avec un final plat.

Alors oui y’a quelques jolies scènes et visuels. Une mention pour la poursuite dans le métro et sa vague montée d’adrénaline. Pour le visuel et la montée dans l’immeuble à moitié écroulé sur son voisin.

On notera quand même que le réalisateur n’est pas reconnu d’une grande efficacité dans le domaine. Matt Reeves a réalisé des épisodes de séries TV à gauche à droite et a bossé comme scénariste pour Piège à grande vitesse (gage de qualité). On notera la tripotée d’inconnus au bataillon dans le casting, avec sa brochette de jolies filles pour vendre le film ; inconnu ne veut pas dire mauvais. Disons juste qu’ici ils n’ont rien de transcendant et passent bien mais sans plus.

Bon, on ne va pas achever complètement le film. Il reste divertissant. Mais c’est tout. Et il est très très loin de valoir tout le buzz qu’il y a eu autour. Les critiques élogieuses et les trucs du genre « le renouveau du film de monstre », ben c’est un peu de la poudre aux yeux. Ce film est une arnaque qui ne vaut vraiment pas tout ce que l’on a dit de lui.

Une réflexion sur « Cloverfield »

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