Durban… tout ça pour ça!?!?

Et voilà, le grand show de Durban s’est éteint et chacun est reparti chez soi (avec de gros n’avions qui polluent). Des jours et des nuits de tractations, de l’attente, du suspens, le sort de nations entières risquant d’être englouties, le sort de l’Humanité même (je ne parle pas de la planète parce qu’elle survivra à notre extinction), et paf la montagne accouche d’une souris. Comme dans toutes les dernières conférences sur le climat. En fait je dirais presque que l’on n’y a jamais vraiment cru depuis la conférence de Rio en 1992. Même à Kyoto quand des pays ont signé un accord, il était évident au vu de ceux qui s’y refusaient que cela n’allait pas changer radicalement la donne. Quelque part, je ne suis même pas déçu parce que depuis le début de cette conférence de Durban je n’en attendais rien ; il me semblait évident que cela allait capoter. Alors quand j’en entends certains crier à la victoire parce qu’ils ont obtenu de l’Inde et de la Chine de signer un truc qui n’engage à rien, ça me fait sourire. Quelle victoire? Qui y gagne?

Au final, on a quoi? On a un protocole de Kyoto que l’on sait ne pas pouvoir respecter mais maintenu pour quelques années avec un acharnement thérapeutique qui a fait s’envoler certains des plus gros intéressés ; eh oui, quelques pays ont profité de l’occasion pour s’en retirer, alors que de gros morceaux ne s’y étaient jamais mis. Et puis le vœu pieux de mettre en place dans 3 ans un vague document que l’on espère voir signer par tout le monde et disant que oui on veut sauver notre avenir et donc réduire nos émissions et tout ce qui va avec. Que c’est beau, j’en aurais presque la larme à l’œil. Certains vont même jusqu’à dire qu’il pourrait s’agir d’un accord contraignant. Contraignant? Du genre « fais gaffe sinon..: » Sinon quoi? Comment peut-on contraindre ainsi des pays à ne pas polluer. On veut les faire payer? Super. Ils payeront, et ensuite? Le mal sera fait malgré tout. On les envahira pour leur imposer la durabilité? Hahaha.

Alors certes on a beau jeu de se poser en donneurs de leçons dans nos pays industrialisés, on a déjà pollué plus qu’à notre compte par le passé. Et on aimerait empêcher les autres de faire pareil mais sans avoir de réelle solution à leur proposer. Démerdez-vous, industrialisez-vous, mais faites-le proprement. Quelle attitude de faux-cul! Alors oui on a bien une vague volonté d’un fonds international vert permettant de financer l’industrialisation de ces pays de manière plus raisonnable, mais on ne sait toujours pas comment l’alimenter. Que du bonheur! Bel exemple de bonne volonté.

Beaucoup de bruit pour rien dans cette affaire de Durban. Et en plus le prochain sommet sera au Qatar, le pays avec le plus grand taux de CO2 par habitant, avec donc une présidence aux débats qui me semble parfaitement au courant et responsable. Ah ben oui!

Au final, ceux qui en sortent vainqueur sont les investisseurs des compagnies des énergies vertes. Tout le monde veut leur courir après et ils peuvent ainsi allègrement faire leur petit marché. Doit-on voir la responsabilisation sur l’avenir de notre planète comme un truc purement économique?

Quelques liens à l’arrache sur le sujet :

Après Durban, la Suisse doit prendre ses responsabilités

A Durban, le monde refuse de payer la dette climatique de l’Occident

Durban: un échec déguisé

De retour de Durban, des leçons à tirer derrière un accord de façade

 

Crédit photo : Oxfam hungry for climate action at Durban Climate Conference, par Oxfam International, sur Flicker, CC.

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