Penny Dreadful – saison 01

penny-dreadful-eva-green-posterSelon Wikipedia :

« Un penny dreadful était un genre littéraire surtout populaire au Royaume-Uni pendant le XIXe siècle. Il s’agissait d’histoires macabres fictives publiées sur plusieurs semaines, elles étaient vendues en petits livres de 1 penny chacun. Le terme en est venu à englober différents genres littéraires fictifs à sensation. Les petits livres étaient publiés sur du papier de qualité médiocre (semblable au pulp magazine) et visaient les adolescents de la classe ouvrière. »

La série du même nom prend ses racines dans ces récits et en exploite de nombreux filons. Elle réunit dans cette saison plusieurs des grands noms du fantastique plus ou moins horrifique du XIXème siècle puisque l’on va rencontrer Dracula et Mina, Van Helsing, Dorian Grey, le Dr Frankenstein et sa créature, le loup-garou, ainsi que pas mal de référence et de sous-entendus. On y suit dans le Londres gothique et romantique de cette époque un petit groupe de personnes dédiées à une lutte dangereuse contre l’occulte qui menace notre monde, et en particulier contre le vampire qui a enlevé Mina. Le père de Mina, Sir Malcolm Murray, ancien aventurier au long cours, est le riche mécène qui dirige l’équipe. Il travaille main dans la main avec Vanessa Ives, amie d’enfance de Mina, une jeune femme dotée d’un dangereux pouvoir lui permettant de communiquer de manière parfois très (trop) directe avec le monde de l’occulte. Ils bénéficient du soutien sans faille de Sembene, taciturne africain que Murray a ramené d’une expédition. En début de saison, le groupe s’adjoint les services d’un tireur d’exception venu d’Amérique, Ethan Chandler. Et enfin c’est l’esprit scientifique du Dr Frankenstein qui rejoindra également la petite troupe. Différents personnages vont graviter autour de ces héros pendant leur tentative de retrouver Mina et de ses débarrasser du monstre qui l’a enlevée.

La série avance lentement (mais pas trop) et, bien que dotée de scènes d’action fort réussies, ce n’est pas là l’idée de base. On est dans un fantastique larvé, malsain, pesant, terré partout sans se révéler tout le temps. On n’est pas dans l’emphase et la baston de bas étage à tout bout de champ. Et dès lors, au fur et à mesure des découvertes et révélations, chaque confrontation avec le mal prend une ampleur et une importance capitales. C’est un véritable plaisir que de voir se déployer des personnages connus mais réinventés, ré-écrits, remaniés pour former un tout cohérent, une toile solide aux nombreuses connexions. Ainsi, pour apprécier au mieux la série, il faut avoir une certaine connaissance de toute cette littérature Stoker-Poe-Shelley & co. Elle sera très plaisante sans cela, mais cette culture apporte un plus non négligeable.

La série est visuellement superbe. La réalisation de grande qualité enchaîne les plans magnifiques, les cadrages réussis, avec une photographie très bien faite dans des teintes qui plongent vraiment dans l’ambiance. Avec des maquillages et des effets spéciaux qui ne font pas cheap (c’est souvent le cas des séries par rapport aux longs métrages). Franchement on en prend plein la figure. Et la bande-son est elle aussi de qualité. Mais ce qui est également très fort, c’est le jeu des acteurs. A commencer par la très belle Eva Green en Vanessa Ives, absolument géniale, elle nous sert un véritable monument d’actrice, de la femme enfant fragile à la possédée torturée flippante, tout y passe avec une justesse absolument incroyable ; une prestation qui va vous coller à votre siège. A ses côtés, les autres sont certes globalement très bons, mais font quand même un peu pâle figure tellement elle est incroyable. Timothy Dalton vieilli change de son image de James Bond mais sa prestance en lord est imposante. Josh Hartnett, Harry Treadaway, Rory Kinnear, Reeve Carney, tous posent des personnages fort réussis. Et nous attirent dans les filets d’une histoire intrigante à souhait.

Penny Dreaful s’avère être une grande réussite. Une série solide et bien foutue, remplie de bonnes idées, et au traitement de qualité. Que demander de plus? Elle reste réservée à un public averti, car elle ne se gêne pas pour montrer de la cruauté ou des scènes très dures quand c’est nécessaire au développement de l’intrigue. Alors, si ce n’est toujours pas fait, je vous invite à vous laisser glisser dans le monde de l’occulte…

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