Mon festival de Cannes 2016

Alors que la Suisse vivait un week-end de votations/élections chargé, moi je me baladais sur la Croisette, eh oui. Comme l’année passée, et d’autres avant, j’ai effectué mon pèlerinage au Festival International des Jeux de Cannes (FIJ pour les intimes). Cette fois, c’était à nouveau dans le style « avec une bande de potes gamers », une option fort sympathique pour visiter ce bon gros morceau de luditude. Et c’était bien. Vraiment.

Bon, on notera que cette fois, la météo n’a pas permis de se la péter en prenant le petit dej’ en tshirt sur une terrasse à fin février. La pluie était au rendez-vous pour l’essentiel du week-end, que l’on passait de toute manière confinés dans les sous-sols du Palais des Festivals. C’est toujours grand, blindé de monde, bruyant, et sympathique. J’ai passé pas mal de temps à déambuler entre les divers stands, ceux des éditeurs, les tables d’auteurs, les boutiques, etc. Pas mal de temps à jouer aussi, de succès faisant le buzz à des protos plus obscurs. A discuter aussi, avec diverses rencontres, dont le traditionnel tour des stands jeux de rôles pour retrouver les potes de ForgeSonges. A boire des bières encore. Bref, le pied. Ah oui, il y avait aussi les achats. Voilà de quoi remplir ces trois longues journées bien chargées. J’ai eu l’occasion donc de faire pas mal de découvertes ludiques intéressantes…

A commencer par Dr Eureka, un sympathique petit jeu familial demandant observation, rapidité, dextérité et logique. Chaque joueur y possède 3 fioles contenant chacune des petites boules de couleur. une carte retournée au centre indique la combinaison à obtenir en faisant passer les boules de l’une des éprouvettes à l’autre. Et comme c’est le premier qui l’emporte, le stress vous fera merdouiller à un moment ou à un autre. J’ai vraiment bien aimé. Toujours dans les jeux plutôt familiaux, j’ai joué au Joueur de Flûte, dernier né de la collection « Contes et jeux » de chez Purple Brain. Ici le but est de diriger les rats de la ville dans les maisons de vos adversaires pour bien leur pourrir la vie, en dirigeant ces petites bêtes grâce à de judicieux choix de cartes ; encore une belle réussite dans cette collection, avec le jeu sans doute le plus vache de la gamme. Les Manchots Barjots, avec leur visuel plus que sympathique, me tentait bien ; c’est au final un petit jeu de cartes malin mais sans plus, j’ai apprécié mais sans être fondamentalement convaincu. Florent de Opla m’a poussé sur sa nouvelle production Couad’sous et franchement j’ai kiffé ; sur une base toute simple de memory, il y a là une vraie mécanique prenante à s’en faire fumer les neurones.

J’ai eu l’occasion de me frotter à For Sale, un jeu où, par enchères cachées, les joueurs vont tout d’abord acquérir des demeures, avant de les revendre dans la deuxième phase, en tentant de se faire un maximum de brouzoufs au passage bien entendu. C’est sympa, rapide, accessible, pas mal du tout. J’ai pu tâter d’Intrigues, la ré-édition de ce qui est reconnu comme l’un des plus gros « jeux d’enfoirés » ; je ne connaissais pas mais j’ai trouvé ça génial, c’est vraiment un petit jeu ultra vache plein de sales coups, d’alliances et de trahisons diverses avec négociations et promesses qui tiennent pas longtemps. Sea of Clouds, dispo sur le salon mais à sortir en avril, est une nouveauté Iello où l’on dirige des équipages pirates de bateaux volants, et déjà là ça me parle (en plus le visuel du jeu est splendide) ; pillage, rhum, choix difficiles, prise de risque, combats, c’est vraiment bien sympathique. Fourberies a fait le gros buzz chez Bombyx, un jeu où l’on va visiter des cités pour recruter des acteurs et effectuer diverses actions permettant de gagner des sous et de modifier l’humeur du roi qui en fin de saison attendra une représentation de tragédie ou de comédie ; à chaque joueur de lui présenter la pièce la plus adaptée à ses attentes pour gagner un max de fric, tout en pourrissant allègrement les possibilités des autres.

Cannes c’est aussi des jeux en cours de développement, des prototypes plus ou moins avancés. J’ai eu l’occasion de me frotter ainsi à une  course de chariots de mine pleine de sales coups chez les Ludonautes. Encore du boulot, mais je vais suivre le truc car il y a là quelque chose de fort sympathique. Il y a aussi eu Serena, le prochain jeu de Helvetia Games qui nous invite cette fois dans un truc à identités secrètes, mélangeant bluff et déduction de manière très habile ; c’est sous la direction du sympathique et dynamique auteur que nous avons pu découvrir ce jeu qui me semble très prometteur (seulement c’était le soir au off après une nuit super courte et une journée très chargée, cela faisait sans doute un peu trop pour nos cerveaux zombifiés sur le moment). Dans la catégorie protos, il y a aussi eu Tiki, le prochain de chez If Association, un jeu abstrait malin comme tout mêlant placement, empilement et égrainage, qui en plus sera doté d’un très bel habillage visuel. Chez Ludically, on a aussi testé le prototype de Four Gods, de Boelinger, un truc un peu bizarre mêlant un système pose de tuiles à la Carcassone et pose de personnages pour obtenir les meilleurs territoires, ainsi que choix tactiques (poser ou pas une cité qui risque d’être rasée, choisir un dieu au bon moment), le tout alors que l’on joue tous en même temps, en temps réel, dans un joyeux bordel organisé ; pas mal du tout. Vikings Gone Wild est aussi un proto, super avancé, basé sur un jeu vidéo multi-joueurs tactile du même nom, qui mêle deckbuilding, gestion de ressources, développement et un peu de baston, où l’on prend en main le destin d’un clan viking dont les principales ressources sont l’or et la bière ; c’est pas mal du tout, plein de petites choses qui le rendent très sympathiques, entre autres un côté tactique non négligeable et une couche d’humour assez agréable. Dice Stars est à venir chez Matagot, un jeu de dés où la sélection de combinaisons nous permet de remplir une grille et de tenter d’y marquer un maximum de points ; si le début semblait un peu mou, le jeu est vite devenu tendu avec des choix assez intéressants.

Dans les trucs un peu plus spéciaux, j’ai enfin pu tâter de Capitaine Sonar (anciennement Polaris), le fameux jeu de Roberto Fraga qui tourne comme proto depuis quelques années, une sorte de bataille navale par équipes. De chaque côté d’un paravent opaque, un équipage de 4 joueurs, chacun avec son rôle bien spécifique. Le but est de couler l’autre sous-marin bien entendu. Ici il s’agit de se déplacer pour perturber l’autre, d’écouter les déplacements des adversaires pour tenter de les situer, d’utiliser au mieux la technologie à disposition (armes, détection, etc.), et l’énergie du sous-marin, le tout en temps réel et dans une ambiance tendue où l’on écoute tout le monde en même temps. Stressant, prenant, rapide, nerveux. Peut-être pas toujours très clair à jouer (il faut dire que l’on manquait un peu d’heures de sommeil quand on y a joué, ceci explique peut-être un peu de cela). J’ai beaucoup aimé et je retenterai avec plaisir l’expérience. Toujours dans les trucs plus bizarres, j’ai pu découvrir Fearz,  à venir chez Volumique, qui peut se jouer en version « tout cartes », « tout sur tablette » (celle que j’ai joué) ou un peu hybride ; chacun y reçoit secrètement un monstre et une réaction, puis les monstres tournent par groupes à l’écran, et quand le nôtre apparaît il faut effectuer la réaction indiquée (hurler, rire, etc.) tout en devinant quel monstre est attribué aux autres ; c’est fun, délirant, on se marre bien, j’aime.

Ma grosse déception du weekend a été Realm of Wonder. Bien que présenté par une démonstratrice oh combien charmante, le jeu n’a convaincu personne de notre petit groupe. Aucun liant à des mécaniques pas folichonnes, un flou général et une ergonomie/iconographie assez catastrophique. Dommage, il y avait de bonnes idées (le plateau rotatif par exemple).

achatsCannesBon, je ne peux pas finir ce billet sans parler de l’organisation. OK, les attentats c’est pas bien, OK il faut assurer la sécurité. Mais alors on organise une sécurité au format adapté, parce que là avec les fouilles et tout, il y en avait pour jusqu’à plus de 2 heures d’attente pour rentrer (et quand on sait qu’il pleuvait). Et puis quand on organise un événement familial comme celui-ci, interdire les poussettes et sacs à langer, boarf. Je ne parle même pas de l’interdiction de nourriture et boissons. En plus, la seule cafét des lieux est clairement très nettement et de loin sous-dimensionnée ; très longue attente, des serveurs tournant un peu au ralenti et pas assez nombreux, des stocks trop légers (le samedi à 13h il n’y avait plus de sandwichs) ; le tout sans possibilité de faire rentrer à boire ou à manger je le rappelle. Et donc pour ceux qui voulaient sortir manger, il fallait se retaper 2h d’attente sous la pluie. Alors certes le off a été revu en bien par rapport à l’année passée, avec des tables attribuées aux auteurs à protos avant l’ouverture au public et un espace entièrement dédié à cela ; toujours beaucoup de monde mais au moins mieux cadré. Par contre le reste de l’orga est encore à revoir, les organisateurs vont devoir se mettre à la taille de l’événement parce que là ça la fout mal. Je bénis le fait d’avoir pu disposer d’un badge presse qui a fait mon bonheur pour passer par l’entrée des artistes, mais je plains ceux qui n’ont pas eu cette chance.

Et là à gauche, la photo ce sont mes achats du week-end.

 

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