Harry Potter et l’enfant maudit

Après toute une série de bouquins et de films à très grand succès, l’auteur J.K. Rowling n’a pas laissé tomber sa poule aux œufs d’or. Différents petits textes en ligne, les récents Animaux Fantastiques au cinéma, et puis cet Enfant Maudit. Il s’agit d’une pièce de théâtre dont l’histoire vient de l’auteur d’origine mais qui a été écrite par un dramaturge. Découpée en deux parties, car assez longue, la pièce a été jouée avant de voir son texte publié sous forme de bouquin. Je n’ai pas vu la pièce, et c’est donc du livre que je vais vous parler.

L’histoire débute pile poil après la dernière scène de la saga Harry Potter quand les héros devenus adultes envoient leurs enfants à Poudlard. On y voit Albus, fils de Harry et Ginny, Scorpius, fils de Drago, et Rose, fille d’Hermione et Ron, qui vont donc découvrir l’école des sorciers. Si les premières années sont racontées en quelques scènes, c’est qu’elles permettent juste de poser le cadre de l’action principale. On y voit les conflits entre Albus et Harry, la difficile position de Scorpius, l’amitié forte entre les deux garçons. Puis viennent les ennuis lorsque Albus décide de corriger l’une des plus graves erreurs de son père, ce qui va impliquer un voyage dans le temps. Et bien entendu qui dit voyage dans le temps dit merdouillage du flux temporel, influence sur les événements présents, et gros soucis. Problèmes qu’il faudra corriger à nouveau, histoire tout simplement de sauver le monde des forces du mal qui n’ont jamais totalement disparu.

Bon, je ne sais pas si c’est l’écriture version « pièce de théâtre » ou la qualité de l’histoire, mais on n’est clairement pas au niveau du reste de la saga littéraire. On perçoit clairement la volonté de placer dans ce texte les grands éléments qui font du Harry Potter, à savoir des personnages adolescents dont les réactions parfois débiles sont symptomatiques de leur âge, des grands enjeux face aux forces du mal, des méchants qui ont l’air gentils ; mais sans la même qualité ni la même réussite au final. Il faut dire que le choix de mettre des voyages dans le temps (et pas qu’un) ne pouvait que compliquer la tâche ; c’est en effet un grand principe des œuvres intégrant ce thème, quasiment à chaque fois c’est bordélique et mal réussi (à part quelques exceptions comme Retour vers le futur, Looper…) Et cette pièce de théâtre n’y échappe pas, avec des situations particulièrement tarabiscotées et des explications parfois un peu trop capillotractées.

Par contre je me pose la question du budget et de l’infrastructure pour la mise en scène. Parce que à la lecture du texte et de ses didascalies, on imagine quelque chose de vraiment grandiose. Rendre sorts, apparitions, effets magiques et autres sur scène, ça doit demander un bon paquet de brouzoufs. Alors oui ils savaient en montant le spectacle que les gens allaient se battre pour y aller et qu’ils allaient rentrer dans leurs frais. Mais ce n’est pas une pièce que n’importe quelle troupe pourra s’approprier comme ça, il faudra une sacrée grosse machine pour monter à nouveau le spectacle.

Au final, même si j’ai retrouvé divers éléments de la saga d’origine, je suis déçu par ce texte qui a un gros côté fanfiction. On fait d’ailleurs dans le gros fan service (parfois un peu lourd, un peu too much) en faisant intervenir tous les personnages importants de la saga d’origine, y compris les morts (facile dans un monde magique, surtout avec des voyages dans le temps). Les références à de grands événements de la saga sont aussi présentes. Et malgré la volonté de rendre les héros différents de leurs aînés, de vouloir les faire s’en détacher, j’ai eu de la peine à vraiment me les imaginer, et encore plus de peine à m’y attacher.

Une lecture qui est sympa pour les vrais gros fans donc. Pas super facile car une pièce de théâtre est quand même faite pour être jouée et non lue, mais surtout parce que l’intrigue est brouillonne avec ses allers-retours dans le temps et sa volonté de complexifier inutilement un truc tout simple en y rajoutant des couches qui ne prennent pas. Et puis surtout on ne dévoile finalement pas tellement un nouveau pan de l’univers, ce qui aurait été vraiment sympa ; on est plutôt juste dans le fan service de la saga de base, et c’est dommage car ce riche univers de J.K. Rowling aurait sans doute pas mal d’autres choses à nous faire découvrir. Je trouve dommage d’avoir relancé sur Harry alors que le monde étendu des sorciers aurait tant à nous amener (et que la saga des 7 bouquins avait formé une jolie boucle se concluant très bien pour Harry et ses comparses).

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